Les urgences

Parmi toutes les choses que j’avais prévu de faire cette semaine, passer 6 heures aux urgences n’était sûrement pas sur ma liste. Pourtant, avec un médecin censé remplacer mon médecin traitant incapable de débloquer un créneau de 15 minutes et après avoir craché du sang pour la cinquième fois en 12 jours, je n’ai pas trouvé d’autres solutions. Il faut dire que j’avais déjà appelé le cabinet médical jeudi dernier pour prendre un rendez-vous et on m’avait rétorqué de rappeler lundi. Lundi, 8h15, on m’annonce qu’il fallait que j’appelle 15 minutes plus tôt car il n’y a plus de créneaux d’urgence ni même de rendez-vous tout court disponibles cette semaine. Ne me demandez pas comment c’est possible. Ni une ni deux, après avoir pleuré un bon coup pour relâcher la pression et parce que forcément j’avais été voir entre temps sur internet (vraiment ne le faites pas) ce que ça voulait dire de cracher du sang (et ce n’était pas jojo), j’ai pris la voiture et bonjour les urgences.

Précision : je déteste les urgences (comme 67 millions de français d’ailleurs). Rien que le fait de me dire que je dois y aller, ça m’angoisse car cela signifie que je suis arrivée à mon dernier recours pour aller mieux. Ensuite, l’ambiance y est froide au point que dans la salle d’attente de la radiologie, ils ont créé un faux plafond de ciel bleu et mis des tableaux de plantes vertes. Je ne vais pas vous cacher que quand la douleur est insoutenable et que le cathéter que vous avez dans le bras vous empêche de bouger, la décoration est bien la dernière de vos préoccupations. Puis surtout, l’agitation qui y règne est pire qu’une fourmilière. Il y a du monde partout, au point que les salles d’attente sont trop petites et les gens debout bloquent les entrées. Vous avez mal à la tête en 30 minutes tellement le bruit est incessant et les plaintes de vos voisins insistantes parce qu’ils attendent depuis plus d’une heure (comme tout le monde en fait). Les enfants s’impatientent, les parents aussi, les personnes âgées essayent de prendre leur mal en patience… Non vraiment, les urgences c’est loin d’être une partie de plaisir. Cela en devient même épuisant émotionnellement. Vous avez l’impression que vous ne sortirez jamais de là tellement il y a de monde.

La première heure vous prenez sur vous, la deuxième passe plus rapidement car on commence à s’occuper de vous. Arrivent la troisième et quatrième heure où après 1h30 dans un box à attendre seule qu’un médecin passe me voir, j’avais juste envie de signer une décharge de sortie, qu’on ait trouvé ce que j’ai ou pas. Cinquième heure, nouveaux examens et attente à nouveau. Sixième heure, vous n’avez jamais autant fait preuve de patience de toute votre vie.

Il faut dire que ce sentiment d’être seul, d’être un client parmi tant d’autres quand tu prends ton petit papier comme chez le poissonnier pour t’enregistrer à l’accueil car les urgences ne sont plus en mesure d’apporter le service qu’elles devraient fournir, ça a de quoi vous déprimer. D’un autre côté, ça vous fait un stage accéléré pour acquérir de la patience car on sait tous que vous aurez bien voulu dire plus d’une fois à votre voisin bruyant de « la fermer, merde! ».

L’une des raisons pour lesquelles j’aurai bien évité de m’y rendre c’est aussi parce que ça fait des semaines que les urgences sont en grève car elles demandent – justement – plus de moyen pour bien travailler. 6h dans le service et j’ai bien compris que les journées du personnel étaient loin d’être simples. Déjà, il faut dire qu’avec le manque de médecins traitants, on vient pour toutes les raisons aux urgences. Une douleur à l’oreille, une grippe qui n’est pas passée au bout de deux jours, un mal de dos pour lequel on refuse de prendre des antidouleurs… La définition du mot « urgence » est à réinventer. Avec les reportages à la télévision, j’imaginais bien que les urgences en voyaient de toutes les couleurs mais à ce point, j’étais loin du compte. Si elles sont tant encombrées c’est bien parce que la moitié des maux pourraient être réglées avec une consultation chez un généraliste et c’est effarant de se dire que ça ne va pas s’améliorer. En me faisant ma prise de sang, l’interne qui s’occupait de moi me confiait que les trois minutes qu’elle passait assise à me piquer étaient une pause pour elle. Moi une pause au travail c’est un café, trois copains autour d’une table et parler de tout sauf du boulot.

Après 6 heures, deux radios, une prise de sang et un ECG, je suis ressortie des urgences sans diagnostic. En même temps, si le docteur m’avait dit qu’on repartait pour des examens et deux heures d’attente, je pense que je l’aurai remercié poliment. D’un côté j’étais rassurée de me dire que si on n’avait rien trouvé c’est qu’a priori ce n’était pas grave et mon corps a juste envie de m’embêter, de l’autre j’étais loin de m’imaginer ce que donnerait ma consultation en urgence chez l’ORL le mercredi suivant. Mais ce sujet, ce sera pour une prochaine fois. Rien de grave promis, juste une petite opération et tout rentrera dans l’ordre (enfin on espère).

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