Le sport que j’aime

D’habitude, quand ça va mal, le remède miracle c’est le sport.

Faire du sport, regarder du sport, aller assister à une rencontre de sport. Quand le moral est à 0 ou qu’une épreuve vient de frapper, le sport a toujours été là pour nous réconforter et nous faire oublier. Cela a été le cas dans la maladie, pendant les guerres ou quand on a été frappé par le terrorisme. Avec le sport, on a toujours été plus fort. Il fut notre échappatoire et c’est avec lui qu’on a combattu nos peurs, nos angoisses et nos tristesses.

Le sport c’est ce meilleur ami qui à chaque instant de la journée peut t’apporter une médaille d’or ou de la frustration, l’envie de danser la Macarena dans l’openspace ou de l’énervement parce ce que ce n’est pas sorcier quand même de cadrer son ballon, bordel! C’est deux sets pour Monfils à 14h, une médaille de Fourcade à 16h, une victoire du PSG à 23h, tout ça pour finir sur une défaite des Knicks à 3h du matin. C’est des hauts et des bas, de l’espoir, de la tension, de l’émotion.

Aujourd’hui, un virus a décidé de contrarier tous nos plans et par la même occasion toutes nos émotions. Celui de faire du sport, donc de ne plus assister et de regarder du sport. Celui de crier à en perdre ses cordes vocales au stade et de se réveiller avec hâte pour découvrir les scores des rencontres NBA de la nuit. Des ligues suspendent leur championnat, des événements se déroulent à huis-clos, d’autres sont reportés. Le sport est en pause forcé par souci de prévention et de plus en plus, de réaction à l’actualité.

Néanmoins puisque le sport est si important, certains ont décidé de défier ces mesures. Pendant que les journaux télévisés passent 25 minutes à nous parler du covid19, il nous reste encore une fois que le sport pour nous changer les idées et nous faire espérer un monde meilleur. Le monde de demain où l’Euro 2020 est une grande fête et où l’équipe de France Olympique bat son record de médailles. Bah quoi, c’est bien les seuls deux événements pour lesquels il nous reste un mince espoir cette année.

On parle de 3000-4000 supporters réunis hier devant le Parc des Princes pour soutenir le PSG par la voix et les feux d’artifices lors de leur rencontre à huis-clos face à Dortmund. On peut se dire qu’ils sont fous, qu’ils prennent un risque et c’est bien vrai mais on peut aussi comprendre que dans cette période où petit à petit nos libertés sont mises en quarantaines, ils avaient besoin de ces 90 minutes d’échappatoire qu’ils anticipaient depuis des semaines. Tout comme les supporters de Valence qui s’étaient massés devant Mestalla mardi soir.

Amoureux du sport, on a compris qu’il fallait vivre au jour le jour. Voir presque heure par heure. Tous les événements sont sous la menace d’une suspension et on ne sait plus quand nous pourrons aller encourager notre équipe, quand nous pourrons vibrer derrière notre télévision, quand nous devrons à nouveau user de cafés pour suivre en live des rencontres sujettes au décalage horaire.

Aucune mesure est prise à la légère car aucun événement sportif est plus important que la santé des athlètes, de l’encadrement, des familles et des fans.

Parfois, quand on s’enflamme un peu trop et qu’on menace de ne plus jamais mettre le pied au Portugal après la finale de l’Euro 2016, on aime nous rappeler que le sport est qu’un jeu. Un jeu qui ne vaut pas la peine de se rendre malade. Je sais, c’est compliqué à admettre pour les fervents supporters et passionnés.

Le sport est qu’un jeu et pourtant, je n’ai pas trouvé un autre loisir qui me fait vivre l’extraordinaire, qui me permet de me retrouver au milieu de 2 millions de personnes sur les Champs-Elysées, d’être mêlée à des personnes d’âges et classes sociales différentes, de voyager dans le monde entier, de me sentir moins seule quand je suis à l’étranger et qu’on attaque ma ville, de me changer les idées après un enterrement, qui me fait m’engueuler avec mes meilleurs potes parce qu’ils sont ignorants et ont choisi de supporter les mauvaises équipes, qui me fait prendre position sur la mixité, la diversité, le handicap mais aussi le racisme.

Vous pouvez chercher, il n’y en a pas deux comme le sport.

Même si ça me fend le coeur et que je me demande bien comment je vais pouvoir occuper mes week-ends, quand j’entendrais à nouveau l’hymne de la Champions League dans un stade et s’il y a une chance que j’enchaîne un nouveau Tour de France cet été, je suis pour qu’on suspende tout, qu’on arrête d’être ridicule en se disant que c’est normal que le championnat de Formule 1 commence ce week-end alors que c’est un événement mondialement itinérant qui fait se déplacer des milliers de personnes, qu’on s’assoie sur des finales s’il faut et qu’on prenne soin de nous plutôt que des comptes en banque des grandes institutions sportives.

Cette fois-ci, et c’est une première, le sport n’est pas le remède à nos maux. Acceptons-le et soyons patient.

Enfin, en attendant ça ne nous empêche pas de faire des soirées pizza-bières autour d’un jeu de société. Il paraît qu’il existe même un Monopoly spécial Coupe du Monde 98…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s