Idées reçues sur le développement durable

Vous n’avez pas pu y échapper, le troisième mot le plus prononcé derrière « confinement » et « covid » ces quatre derniers mois c’est « sustainability » ou ce qu’on traduirait en français par « développement durable ». C’est LE nouveau mot à la mode comme l’a été « storytelling » en 2018 ou bien « purpose » en 2019. Tellement à la mode que personne ne sait ce que ça sous-entend réellement.

Est-ce qu’on parle uniquement d’environnement ? Est-ce que c’est la même chose que la RSE ? Mais est-ce que ce n’est pas encore une technique des américains pour nous vendre quelque chose qui existe déjà sous un nouveau nom ?

Afin de repartir sur des bases solides mais surtout de se mettre d’accord sur ce que signifie ou ce que ne signifie pas ce terme, voici quelques réponses pour vous éclairer.


Le développement durable n’a pas qu’un aspect environnemental

Et pour le comprendre il faut d’abord revenir sur la définition de ce terme.


D’après le Larousse, le mot « développement » signifie « le fait pour quelque chose de s’accroître, de prendre de l’importance, de prendre son essor ». Le mot « durable » lui se définit par « de nature à durer dans le temps, qui présente une stabilité ». On pourrait alors définir le « développement durable » par le fait que quelque chose prend son importance dans la société dans le temps, le développement sous-entendant souvent la performance ce serait celle-ci qui devrait trouver la formule magique pour durer.

En 1987, la Commission mondiale sur l’environnement et le développement des Nations Unies a publié le rapport Brundtland. D’après celui-ci le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. ».

Si on entre davantage en détail, le développement durable s’appuie sur trois piliers essentiels : sa dimension environnementale, sociale et économique. Le développement durable doit être à la fois économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement tolérable. Le social doit être un objectif, l’économie un moyen et l’environnement une condition.

Ainsi, si on cherche des exemples concrets, on peut se référer aux 17 objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies en 2015 dans son Agenda 2030 :

1.       Pas de pauvreté

2.       Faim « zéro »

3.       Bonne santé et bien-être

4.       Education de qualité

5.       Egalité entre les sexes

6.       Eau propre et assainissement

7.       Energie propre et d’un coût abordable

8.       Travail décent et croissance économique

9.       Industrie, innovation et infrastructure

10.   Inégalités réduites

11.   Villes et communautés durables

12.   Consommation et production responsables

13.   Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques

14.   Vie aquatique

15.   Vie terrestre

16.   Paix, justice et institutions efficaces

17.   Partenariats pour la réalisation des objectifs

Le développement durable c’est donc parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous, comprenant des défis mondiaux relatifs au climat, à la protection de l’environnement, à la réduction du gaspillage et au recyclage mais également à la défense des droits de l’homme, à la lutte contre la pauvreté, à la réduction des inégalités ou encore à l’éducation.


Très bien, c’est un peu comme la RSE en fait.

Oui et non…


Continuons notre exploration avec de nouvelles définitions.

D’après la commission européenne en 2011, la RSE, responsabilité sociétale des entreprises parfois également appelée responsabilité sociale des entreprises, est « l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes » ajoutant également « Être socialement responsable signifie non seulement satisfaire pleinement aux obligations juridiques applicables, mais aussi aller au-delà et investir « davantage» dans le capital humain, l’environnement et les relations avec les parties prenantes ».

Du côté de l’ISO, International Organisation for Standardisation, qui est chargée de définir les standards internationaux et qui a défini les critères de la norme ISO 26000 sur la RSE, c’est « la responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement éthique et transparent qui : – contribue au développement durable, y compris à la santé et au bien-être de la société ; – prend en compte les attentes des parties prenantes ; – respecte les lois en vigueur et qui est en accord avec les normes internationales de comportement ; et qui est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations ».

La norme ISO 26000 définit d’ailleurs le périmètre de la RSE autour de 7 questions centrales :

  1.     La gouvernance de l’organisation

2.       Les droits de l’homme

3.       Les relations et conditions de travail

4.       L’environnement

5.       La loyauté des pratiques

6.       Les questions relatives aux consommateurs

7.       Les communautés et le développement local

Ce qu’on comprend avec ces définitions c’est que la RSE est finalement la mise en pratique d’actions de développement durable à l’échelle des entreprises et surtout que celle-ci implique directement ses parties prenantes à savoir ses collaborateurs, ses clients, ses fournisseurs ou encore ses actionnaires.

La RSE se concentre encore trop sur la compensation de ses actions liées à la création de valeur, ce qui correspond bien au terme de « responsabilité », alors que le développement durable c’est agir pour ne pas compromettre le futur donc prendre en compte l’intérêt de la société avant de créer.

Entrer dans une démarche RSE ajoute un nouvel objectif aux entreprises qui, au-delà de faire du profit, vont chercher à avoir un impact positif sur la société et respecter l’environnement tout en restant économiquement viable. Ce point économique est d’ailleurs ce qui décourage beaucoup d’entreprises à entrer dans ce type de démarche car il est encore très difficile aujourd’hui de quantifier le retour sur investissement d’une politique RSE sur son profit.

Néanmoins, il y a un réel enjeu d’image et de différenciation par rapport à la concurrence qui poussent les entreprises à considérer la RSE même si du coup cela se fait au détriment de la motivation éthique que devrait susciter ce projet.

–          D’après l’étude Earned Brand d’Elan Ederlman réalisée en 2018 en France, près de deux tiers des consommateurs choisissent d’acheter une marque en fonction de ses prises de position. 58% des consommateurs considèrent que communiquer sur leurs engagements RSE serait plus efficace que des campagnes de communication, publicité et marketing classiques. 

–          Selon une étude Cone Communication réalisée aux Etats-Unis, 51% des travailleurs déclarent ne pas vouloir travailler pour une entreprise qui n’a pas d’engagement social ou environnemental fort. C’est encore plus probant chez la génération « Millenials » qui à 76% placent la RSE au-dessus du salaire dans les critères de leurs recherches d’emploi.

–          D’après une étude réalisée par Denjean & Associés et paru en février 2018, 90% des français déclarent qu’ils apprécient plus les groupes qui ont une bonne politique RSE que ceux qui se désintéressent de cette question ; pour 88% d’entre eux une bonne politique RSE renforce l’image positive que les gens ont d’une entreprise. D’un point de vue environnemental, si le consommateur apprenait que l’entreprise prend des mesures pour améliorer le bien-être animal, cela l’enthousiasmerait à 57% et le contenterait à 37%. D’un point de vue sociale, 87% des français interrogés sont prêts à boycotter une entreprise qui nuit à la santé de certains êtres humains.

Légalement parlant, il n’y a pas de loi ou décret qui vient contraindre une entreprise à mettre en place une démarche RSE toutefois, certaines entreprises sont contraintes par des lois et décrets liés à leur statut ou administration à produire des rapports sur les impacts environnements et sociaux qu’elles ont sur la planète. C’est notamment encadré par les lois Grenelle et très récemment la loi Pacte.

Si on s’appuie sur le rapport « RSE et objectifs de développement durable » de la Plateforme RSE publié en octobre 2018, la subtilité entre développement durable et RSE est bien souligné « Alors que les ODD relèvent d’une vision prospective et de l’initiative volontaire pour développer de nouvelles stratégies et politiques en faveur du développement durable, la RSE renvoie à la notion de responsabilité vis-à-vis des impacts de l’activité des entreprises, et mobilise conjointement droit dur et droit souple. Ainsi, les ODD ne peuvent pas remplacer l’ensemble du spectre de la RSE car ils ne traitent pas explicitement de la démarche reliant entreprise et société qui repose sur le dialogue entre parties prenantes. Le risque de substitution est donc à relativiser, la RSE s’appuyant en outre sur d’autres textes, nationaux et internationaux (UE, OCDE, ONU, OIT, etc.). » 


Ce n’est pas un sujet d’aujourd’hui et pourtant…

Il est vrai que le développement durable et la prise de conscience autour des objectifs de l’ONU ne datent pas d’hier et pourtant c’est un sujet qui fait beaucoup de bruit actuellement.

Economiquement, la crise sanitaire que nous traversons redistribue les cartes et va rendre compliquée les mois et années à venir. D’après un sondage Ipsos, 63% des français se disent prêts à consommer le plus de produits locaux possibles afin de relancer l’économie. Ce sont des industries entières qui vont devoir se réorganiser pour relancer l’économie. 84% des français souhaitent la relocalisation en Europe d’un maximum de filières de production.

Socialement, les mouvements pour lutter contre les violences policières envers les personnes noires mais aussi l’inclusion des personnes racisées dans la société sont au cœur des objectifs d’égalité des races et de diversité que prônent les objectifs de développement durable. La prise de conscience est réelle et on a pu voir aux Etats-Unis le nombre de personnes, qu’on nommera privilégiée, quitter leurs postes à responsabilité soit pour dénoncer le manque de personnes à ces hauts postes soit en raison de propos ou de management conduits à l’égard de population minoritaire.

Enfin environnementalement, les sujets de ne manquent pas. Le réchauffement climatique, le recyclage, l’épuisement de nos ressources, la pollution… Cette crise met en évidence nos problèmes de consommation mais aussi les conséquences de nos abus pendant des siècles. Ce repli sur nous-même nous a montré qu’on pouvait faire autrement et il y a plus d’une habitude à préserver dans la transition écologique qui va accompagner les prochaines années. 


Maintenant qu’on a défini ce qu’est le développement durable et pourquoi il est au coeur de notre société aujourd’hui plus que jamais, je vous propose qu’on discute la semaine prochaine du développement durable dans le sport.

Depuis janvier 2017, le ministère des Sport, en partenariat avec WWF France, ont lancé la charte des 15 engagements coresponsables des organisateurs d’événements sportifs. Charte qui a été décliné aux grands gestionnaires d’équipements sportifs en 2018. De plus en plus de clubs, d’équipementiers, de fédérations s’investissent pour développer des initiatives environnementales au sein de leur structure. Socialement, c’est au travers de leurs fondations que les grandes institutions agissent pour plus d’égalité. Economiquement, quand on pense sport et argent, ce sont les salaires exorbitants des footballeurs qui nous viennent en tête alors qu’on oublie que le football représente plus de 10% du chiffre d’affaire des entreprises du sport estimé globalement à 77,7 Mds d’euros par BPCE et 10% de ses emplois.

Le développement durable est aussi au coeur de la stratégie de Paris 2024 qui repose sur diverses ambitions comme la neutralité carbone mais surtout avec des vrais enjeux de durabilité au travers de la transition écologique, pour le développement des territoires ou encore avec la valorisation de l’économie circulaire.

Enfin, il est intéressant de se demander quelle place a le développement durable dans les partenariats et les stratégies de sponsoring. Après tout si deux tiers des français choisissent de consommer une marque en fonction de ses prises de position, ne devons-nous penser le sponsoring au-delà de questions financières ou de réputation mais aussi soulever la responsabilité des marques avec lesquelles on s’engage ? Prenons Uber Eats et la précarité assumée de ses employés qui dépensent des millions en se lançant dans le sponsoring sportif mais qui refuse de revaloriser le salaire horaire de ses employés. Alors que la crise sanitaire suggère qu’on passe du sponsoring de notoriété au sponsoring de responsabilité, on définiera ce que signifie être un sponsor responsable.


Traitement en cours…
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Euro 2016, 100 000 places sur les bras de la ligue 1

Pour commencer cet article, j’en appelle à votre mémoire. Est-ce que vous vous souvenez d’où vous étiez il y a 4 ans ? Avec qui vous aviez regardé ce match d’ouverture de l’Euro 2016 et surtout dans les bras de qui vous aviez sauté quand Dimitri Payet mit cette frappe enroulée du gauche en pleine lucarne, faisant trembler les filets roumains à la 89ème pour nous offrir la victoire ? De mon côté la réponse est simple : au stade de France, sautant dans les bras d’une collègue que je ne connaissais pas six mois auparavant et qui m’avait eu un billet pour le match trois jours le mardi.

Ça fait donc déjà quatre ans que la France a accueilli cette compétition qui, sur le moment, avait été un succès populaire. Les stades étaient pleins, les fanzones également. Le parcours de l’équipe de France se hissant jusqu’en finale avait mobilisé les Français qui se sont rassemblés sur tout le territoire pour encourager et communier entre supporters. Les touristes étaient aussi rendez-vous. Malgré les attentats survenus en novembre 2015 et la sécurité renforcée pour accéder aux rassemblements, patienter des heures pour accéder à la fanzone du Champ de Mars a dissuadé personne. Bref, du 10 juin au 10 juillet, tout s’est déroulé comme sur des roulettes même si on aurait préféré un autre gagnant.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles un pays souhaite organiser un événement sportif : accélérer son développement, lancer des chantiers prioritaires, rayonner sur la scène internationale, montrer sa puissance et son savoir-faire, convertir de nouveaux licenciés mais aussi se doter de nouvelles infrastructures. Dans le cadre de l’Euro 2016, les stades étaient un chantier prioritaire du projet avec la construction et la modernisation d’enceintes qui étaient au cœur de la candidature. 

L’objectif de ces nouvelles infrastructures : permettre d’accroître la compétitivité́ économique et donc sportive des clubs de football français. En effet, il était considéré que l’un des handicaps des clubs professionnels français était lié à ses stades vétustes, inaptes à proposer une expérience globale et ainsi favoriser une fréquentation familiale. En augmentant la fréquentation des stades avec des enceintes multifonctionnelles et de meilleures qualités, c’est directement les recettes billetteries et match day qui devraient croître. Résultat des courses : entre les stades rénovés auxquels on a ajouté quelques sièges et les stades neufs sortis de terre, la Ligue 1 a hérité de près de 100 000 places supplémentaires à commercialiser à l’issue de l’Euro 2016. 

4 ans après la compétition, qu’en est-il de ces places ? Sont-elles régulièrement occupées ? Les clubs ont-ils mis en place des opérations pour attirer un public plus familial ? Les recettes ont-elles augmenté comme espéré ? Pour répondre à ces questions, nous allons nous intéresser aux 4 nouveaux stades qui ont été utilisés lors de l’Euro 2016 :

  • Le stade Pierre Mauroy à Lille, inauguré en août 2012 et comptant près de 32 000 places supplémentaires que le précédent Stadium auquel évoluait le LOSC
  • Le Groupama Stadium à Lyon, inauguré en janvier 2016, propriété de la société OL Groupe dont fait partie le club du même nom et comptant 24 000 places supplémentaires que Gerland
  • L’Allianz Riviera à Nice, inauguré en septembre 2013 et comptant plus de 18 000 places supplémentaires que le Stade du Ray où évoluait précédemment l’OGC Nice
  • Le Matmut Atlantique à Bordeaux, inauguré en mai 2015 et qui compte presque 8 000 places supplémentaires que le stade Chaban-Delmas où jouait les Girondins auparavant

A eux 4, ces stades représentent presque 81 000 places des 100 000 supplémentaires qui ont été généré par l’organisation de l’Euro 2016. 

Pour commencer, il est important de rappeler que les 4 clubs qui jouent dans ces stades sont bien installés en Ligue 1. Nice est remonté en première division en 2002, les Girondins ne sont pas descendus en Ligue 2 depuis 1992, le LOSC depuis 2000 et l’OL est un club qui a gagné 7 fois le titre de champions de France entre 2002 et 2008.

Des nouveaux stades de plus en plus éloignés des centres-villes

Ensuite, prenons en compte l’accès à ces stades. 

Le Stade Pierre Mauroy se situe à Villeneuve-d’Ascq, à moins de 3 kilomètres du précédent stade. Situé à proximité d’une zone commerciale, il est facilement accessible par tous les moyens de transport : en métro, en voiture, en vélo avec de nouvelles pistes cyclables et un parc à vélo sur le parvis, en bus et même en moto avec un parking gratuit sous le stade.

Le Groupama Stadium se situe à Décines-Charpieu soit à 20 minutes en tramway de Part Dieu alors que Gerland était à 6 arrêts de métro de cette même gare. L’accès en voiture est vivement déconseillé car entre la sortie de l’autoroute qui bouche et les accès barrés les jours de match, c’est plus un casse-tête qu’autre chose ou bien pensez à réserver votre place au parking et anticipez. Comme à Lille, les parkings vélo et motos sont gratuits. Le métro ne poussant pas encore jusqu’à Décines, il reste donc le tramway et alors qu’on peut anticiper sa venue pour éviter la foule à l’aller, il faut accepter de laisser plusieurs tramways au retour avant de réussir à monter dedans. Aujourd’hui, la zone autour du Groupama Stadium est encore à développer avec des commerces et des hôtels. Ça reste un endroit où on va uniquement pour un match et où on ne mutualise pas les activités.

L’Allianz Riviera se situe dans le quartier Saint-Isidore à Nice, plutôt excentré du centre-ville. Il est accessible par l’autoroute mais suscite des bouchons et des problèmes de circulation après les rencontres. Pour soutenir la démarché éco-responsable du stade, les spectateurs sont vivement invités à utiliser les transports en commun pour se rendre à celui-ci avec notamment une ligne de tramway aménagée pour se rendre au stade et sautant des arrêts pour un trajet plus rapide. Le bus et même les trains sont également recommandés. Comme les précédents stades, en étant situé en périphérie, l’Allianz Riviera peut décourager ceux qui détestent la circulation dense. 

Le Matmut Atlantique se situe au niveau de Bordeaux-Lac, au nord de la ville et proche de la zone commerciale de Bordeaux-Lac. Lui aussi est à l’opposé du stade Chaban Delmas qui se trouvait à 3 km de la Place de la Bourse versus 7 km de ce nouveau stade. Localisé dans une zone en développement, tenter d’y accéder en voiture n’est pas pratique et la circulation est dense, la faute à un équipement routier aux abords du stade fait de peu de rues pour désengorger les routes principales. Là encore les transports en commun sont conseillés avec la ligne C qui vous emmène au plus près du stade mais qui est très souvent bien engorgée. Il est aussi possible de venir en vélo avec une piste cyclable adaptée pour se rendre au stade. 

Pourquoi ce point sur la localisation des stades ? Pour construire un nouveau stade il faut de la place. Cela a demandé pour ces quatre chantiers de pousser un peu en dehors des centres-villes actifs et de construire en périphérie dans des endroits qui impliqueraient un trajet plus long aux supporters. Le temps de trajet est un élément décisionnaire sur notre venue au stade et son accessibilité également. Le souhait de moderniser ses stades était notamment pour attirer un public plus familial or est-ce qu’une famille avec deux enfants à envie d’attendre minimum 20 minutes pour monter dans un tramway où les gens seront les uns sur les autres après une rencontre ? Probablement que non. 

Continuons en regardant l’affluence moyenne de ces quatre stades lors de rencontres de Ligue 1 sur les 7 dernières saisons.

Une affluence moyenne qui progresse doucement mais sûrement

Affluence moyenne sur les 7 dernières saisons

SaisonBordeauxLilleLyonNiceLigue 1
2011-1220 71216 97133 9679 20718 878
2012-1319 40340 59332 08610 24619 240
2013-1418 83338 66234 41424 18621 092
2014-1523 46336 54734 94919 30922 329
2015-1625 08830 26840 25019 17220 894
2016-1723 27029 48739 17122 94921 078
2017-1826 04833 20046 00522 87622 617
2018-1921 18334 07949 07919 12322 822

Plusieurs constatations sont flagrantes :

  • L’affluence moyenne est multipliée par 2,4 entre la saison 2011-2012 et 2012-2013 à Lille, saison qui est liée à l’inauguration du nouveau stade. Cela illustre qu’il y avait une véritable demande de la part du public de se doter d’un stade pouvant accueillir plus de spectateurs notamment car le Stadium avait une capacité de 18 185 places et que le stade Pierre Mauroy propose, lui, 50 157 places.
  • Même constatation du côté de Nice où lors de la saison 2013-2014 liée à l’inauguration du nouveau stade, l’affluence moyenne est multipliée à 2,36. C’est en effet une capacité presque double qui est proposé au public avec ce nouveau stade puis que l’Allianz Riviera s’est doté de 35 642 places alors que le stade du Ray ne comptait que 17 415 places.
  • A Bordeaux où la capacité a le moins augmenté, les chiffres sont moins flagrants alors qu’à Lyon, on a stabilisé une affluence autour des 40 000 personnes ces 4 dernières saisons soit entre 5 000 et 15 000 spectateurs supplémentaires par rapport aux deux dernières saisons jouées complètement à Gerland. 

On peut noter que pour les villes où la capacité des stades était inférieure à 20 000 places, il y avait un réel besoin et une demande de capacité supplémentaire pour accueillir un plus large public. Pour des stades où la capacité était à 35 000 places, l’augmentation de l’affluence est moins flagrante car la marge de progression ne pouvait pas se multiplier par deux comme pour Lille et Nice néanmoins à Lyon, il est important de souligner qu’entre la saison 2013-14 et 2018-19, l’affluence moyenne à augmenter de 1,43% pour atteindre les 49 000 spectateurs de moyenne. 

Il est également important d’avoir en tête que de plus en plus d’arrêtés interdisant les déplacements des supporters de l’équipe adverse sont pris depuis 2011. On en comptait 3 en 2011-2012, 39 en 2014-2015, 125 en 2018-19 avec presque un match sur huit faisant l’objet d’une interdiction ou limitation de déplacement de supporters. Ces restrictions impactent directement les affluences des stades français qui se retrouvent avec des virages visiteurs vides si non re-commercialisés.

Maintenance qu’on a observé l’affluence moyenne de ces stades, il est intéressant de regarder ce que représente celle-ci dans la capacité globale de ces stades ave le taux de remplissage moyen sur ces mêmes saisons. 

Certains stades se remplissent, d’autres se stabilisent

Taux de remplissage des stades sur les 7 dernières saisons

SaisonBordeauxLilleLyonNiceLigue 1
2011-1260%94%81%49%73%
2012-1356%81%78%55%69%
2013-1454%78%84%70%71%
2014-1567%73%85%54%71%
2015-1660%62%81%65%70%
2016-1755%60%68%64%68%
2017-1863%69%81%64%72%
2018-1951%69%86%54%74%

Parmi les premières remarques qu’on peut se faire, on constate un boom lors de la saison de l’inauguration du stade pour les clubs qui ont doublé la capacité de leur infrastructure : 81% du côté de Lille avant de baisser jusqu’à 60% en 2016-17, 70% à Nice avant de descendre à 54% la saison 2014-15 suivante. Cela peut s’expliquer par l’attrait pour la nouveauté, l’envie de découvrir le stade, de donner une chance à un sport qu’on n’a pas l’habitude d’aller voir mais aussi un manque de fidélisation du public qui ne revient pas et qui laisse ainsi plus de sièges vides dans le stade. 

A Bordeaux, il est intéressant de constater que le taux de remplissage s’est stabilisé autour des mêmes moyennes que quand l’équipe jouait à Chaban Delmas. Cela illustre donc une augmentation du nombre de supporters et une certaine fidélisation de ces nouveaux venus. On parle de 2000 à 5000 supporters supplémentaires en moyenne par saison. Même constat du côté de Lyon où le taux de remplissage moyen est identique lors des saisons 2011-12 et 2017-18 alors que la capacité du stade a augmenté de plus de 14 000 places.

Mais alors, on peut aussi se demander combien de ces 82 000 places supplémentaires liées à l’organisation de l’Euro 2016 sont réellement utilisés et s’il n’y a pas eu la folie des grandeurs dans certains cas ?

Moyenne des places non-utilisées dans les nouveaux stades et sur une saison d’utilisation complète

SaisonBordeauxLilleLyonNiceCumulé
2011-12     
2012-13 9 564   
2013-14 11 524 11 438 
2014-15 13 639 16 315 
2015-1617 02719 918 16 452 
2016-1718 84520 69919 01512 67571 234
2017-1816 06716 98612 181 12 74857 982
2018-1920 93216 1079 10716 50162 647

Si on prend en compte les éléments suivants : 

  • la capacité cumulé des précédents stades étaient de 106 341 places
  • la capacité cumulé des nouveaux stades est de 187 111 places
  • la construction de ces nouveaux stades a rendu disponible 80 770 places supplémentaires

Et qu’on compare ce nouveau nombre de places disponibles par rapport aux nombres de places non-utilisées lors des trois dernières saisons, on constate que dans la saison qui a suivi l’Euro, seul 11% de ces nouvelles places disponibles étaient utilisés, presque 30% lors de la saison 2017-18 et 23% la saison dernière. Logiquement, nous pouvons donc penser qu’il y a un problème de commercialisation de ces places, d’attraction du public et peut-être de l’intérêt sportif des 4 équipes résidentes dans ces clubs. 

Pour comprendre s’il y a une corrélation entre résultat sportif et l’affluence moyenne, prenons en compte le classement final de ces 4 équipes lors des 7 dernières saisons. 

Le lien entre intérêt sportif et affluence 

Classement final sur les 7 dernières saisons

SaisonBordeauxLilleLyonNice
2011-1253413
2012-137634
2013-1473517
2014-1568211
2015-1611524
2016-1761143
2017-1861738
2018-1914237

Lors de la saison 2013-14, Nice finit à la 17ème place soit son plus mauvais classement sur ces 7 dernières saisons. Pourtant c’est aussi la saison où son taux de remplissage sera le plus important alors que c’est la première saison au cours de laquelle l’équipe joue dans son nouveau stade. Malgré le fait que l’équipe ait occupé la deuxième partie de tableau dès la 12ème journée, les supporters ont continué à venir au stade avec plus de 28 000 spectateurs face à Monaco le 3 décembre, et c’était un mardi d’hiver. L’affluence a commencé à stagner autour des 20 000 spectateurs par match lors de la suite de la saison mais les bons chiffres de début de saison ont permis de compenser. 

A Lyon, on sent que le public est fidèle avec un taux de remplissage qui varie très peu en fonction des résultats sportifs. Il faut dire aussi qu’on parle d’un club qui joue le podium chaque saison, avec la présence de joueurs français et internationaux majeurs qui sont des stars et qui apportent une qualité de jeu. Même s’il y a des hauts et des bas à l’OL, le club n’a pas quitté le top 5 de la Ligue 1 depuis 1998. On peut parler ici de stabilité, d’efficacité mais surtout de performance. 

Du côté de Lille, on enregistre un taux de remplissage plus important la saison 2017-18 où l’équipe finit 17èmeque lors de la saison 2015-2016 où l’équipe termine 5ème. Lors de cette saison 2017-2018, le LOSC occupe à 13 reprises la 19ème place du championnat et pourtant l’affluence ne descendra pas à moins de 26 000 spectateurs avec des pics à 43 948 personnes face à l’OM lors de la 11ème journée, 49 082 personnes face au PSG lors de la 24ème journée, 46 342 personnes lors de la 37ème journée face à Dijon. Il faut croire que même dans la difficulté, les supporters lillois ont apporté leur soutien sans faille pour pousser leur équipe. En 2015-2016, alors qu’on est dans la 4ème année d’exploitation de ce stade Pierre Mauroy, l’affluence ne passera pas la barre des 40 000 spectateurs. Il faudra se contenter de match entre 27 000 et 32 000 spectateurs alors que le club accroche une qualification pour le troisième tour de l’Europa League. 

Du côté de Bordeaux, le taux de remplissage le plus mauvais du stade est bien lié à la saison avec le plus mauvais classement : 51% pour une 14ème place en 2018-2019. On retrouve une meilleure cohérence entre affluence et classement général et on peut expliquer le taux de remplissage de 60% la saison où l’équipe termine à la 11ème place par cet effet de curiosité et de nouveauté généré par la première saison dans un nouveau stade. On remarque que du côté de Chaban Delmas, 5ème ou 7ème, le taux de remplissage est proche (4% d’écart) alors qu’au Matmut Atlantique, alors que l’équipe finit 6ème deux saisons de suite, on compte en moyenne 3 000 spectateurs supplémentaires lors de la saison 2017-2018. Le scénario de la saison était plus serré avec davantage de clubs à la lutte en haut du classement pour avoir la place qualificative pour un tour de qualification en Europa League. On remarque aussi une capacité à attirer davantage de public face à des clubs qui ne sont pas le PSG ou l’OM avec par exemple 32 626 spectateurs face à Rennes (c’est plus que face à l’OL), 31 048 face à Nantes ou encore 34 997 spectateurs face à Lille. Cela pourrait s’expliquer par la mise en vente de pack de plusieurs matchs qui permettent de s’assurer la venue de spectateurs sur des rencontres moins attractives.

Si on regarde un périmètre plus large et qu’on prend en compte la gouvernance et la vie des clubs d’un point de vue extra-sportif, il est bon de noter que les Girondins de Bordeaux ont été racheté par un fond d’investissement américain mi-2018 et que celui-ci a engrangé petit à petit de plus en plus de part au sein du club ; que le club de Lille a changé de propriétaire début 2017 ; que le club de Nice a été racheté par Ineos lors de l’été 2019 et que seul l’OL profite d’une stabilité dans sa gouvernance avec à sa tête Jean-Michel Aulas. Pour aller encore plus loin, nous pourrions nous intéresser dans un second temps à ces changements de propriétaire, leurs impacts sur la stratégie sportive et quelle relation ces directions ont décidé d’établir et entretenir avec les supporters des clubs, les mêmes qui remplissent les stades chaque week-end.

Enfin, l’un des autres objectifs liés à la construction de ces stades était de générer davantage de recettes « match day » à travers leur billetterie, les hospitalités et les dépenses sur site les jours de matchs. 

Mais au moins les recettes augmentent

Recettes match day (en millions d’euros)

SaisonBordeauxLilleLyonNiceLigue 1
2011-125 9836 400 1 862124 366
2012-137 31415 270 2 384139 533
2013-145 99411 215 5 808143 628
2014-157 21712 20812 3753 910165 114
2015-169 8409 18429 1924 920164 077
2016-178 3127 07436 7435 800181 654
2017-1814 4038 80637 2406 085190 621
2018-1913 7129 97341 8083 678201 123

Du côté de Lyon, le nouveau stade a permis d’augmenter la capacité mais surtout d’agrandir les espaces de réception et de compter notamment sur 105 loges (vs 28 à Gerland) pour augmenter ses recettes d’hospitalités. Entre la saison 2014-15 et 2018-19, les recettes « match day » ont été multiplié par 3,8 du côté de l’OL. Pour Lille et Nice dont l’augmentation de la capacité avait généré un boom dans l’affluence la première saison, on constate aussi des revenus en forte hausse lors de la première année au sein de leur nouveau stade avant d’enregistrer une petite baisse pour mieux stabiliser leurs produits. Même constat à Bordeaux où les recettes ont augmenté grâce aux hospitalités et l’exploitation des salons et loges qui représentaient 42% en 2017-18 et 43% en 2018-19 des recettes globales.

La modernisation des enceintes permettant de mieux accueillir le grand public mais aussi les personnes profitant des espaces hospitalités avec davantage d’espaces réceptifs paouvant être utilisés pour une exploitation hors jour de match a permis à ces clubs de diversifier leurs revenus. En effet, l’accroissement de recettes match day permet d’être moins dépendant de d’autres revenus comme les droits tv ou les recettes de sponsoring.


Les éléments listés ci-dessus ont vocation à nous faire réfléchir sur comment faire en sorte que ces nouvelles places, qu’a généré l’organisation de l’Euro, trouvent preneurs et ainsi combler les sièges vides des stades de Ligue 1 mais aussi mieux comprendre les faits sociaux et contraintes géographiques qui influencent l’affluence dans les stades.

Pour compléter cette étude, il pourrait également être judicieux de s’intéresser à la politique tarifaire de la billetterie mise en place par chaque club afin de déterminer s’il est vraiment possible d’augmenter la fréquentation familiale des tribunes avec des offres attractives et à prix raisonnable tout en amortissant le coût de ces stades neufs.

Dans une logique d’attraction mais aussi de fidélisation du public en lui faisant vivre la meilleure expérience possible, de plus en plus d’animations sont proposées en avant-match au travers de fanzone mais aussi en après-match pour augmenter le temps que le spectateur passe au stade et par la même occasion, l’argent qu’il y dépense. Ces animations sont nécessaires pour plaire et convaincre ce public avide d’expérience qui n’hésitera pas à revenir s’il a été convaincu ou au contraire, à dyscrétiter celle-ci si ça ne lui a pas plus.

Attirer du public dans les stades à l’heure où le catalogue des produits de divertissement ne cesse de grossir n’est pas une tâche facile et pourtant un enjeu majeur pour générer plus de revenus.


Vie de déconfinée

Voilà pratiquement une semaine que nous sommes déconfinés et de vous à moi, mes vies de confinée et de déconfinée ont plus de points communs que deux vrais jumeaux qui partagent le même ADN. 

Contrairement à ceux qui ont déjà organisé les apéros, replanifié les rendez-vous loupés ces deux derniers mois ou encore prévu d’être à 9h devant chez Zara lundi matin, je n’avais rien prévu de plus que ce que j’avais l’habitude de faire ces huit dernières semaines. A l’agenda on comptait une sortie pour faire les courses et une autre pour passer à La Poste. Le seul changement a donc été de ne pas à avoir à faire d’attestation de sortie et de porter un masque qui est obligatoire pour entrer dans la plupart des espaces confinés.

On ne va pas tourner autour du pot très longtemps, le masque ça nous protège et il faut le porter (surtout si vous ne voulez pas être regardé de travers par tous les autres individus de notre société) mais ce n’est pas l’objet le plus pratique conçu sur cette Terre. 

Pour commencer, si vous portez des lunettes comme moi, vous avez fait l’expérience de la buée permanente sur vos verres et excepté compatir, je ne peux pas faire grand chose pour vous. Ensuite, vous n’avez pas pu passer à côté de cette impression de suffoquer derrière votre petit bout de tissu à force d’expirer de l’air chaud qui reste dans votre masque et que vous réinspirez continuellement. D’ailleurs si j’ai un peu suivi en SVT, ça veut dire qu’on réinspire le CO2 dont nos cellules essaient de se débarrasser non ? Je vous laisse méditer là-dessus… Enfin, problème de riche je sais bien mais, le Face ID de l’iPhone a perdu toute son utilité. Il faut à présent taper son code or avec de la buée plein les lunettes, pour une fois ça aurait été bien utile de déverrouiller son portable d’un sourire.

Ne me méprenez pas, lister ces défauts n’est pas une raison pour ne pas porter votre masque. C’est un outil indispensable, obligatoire, fondamental, primordial et j’en passe pour protéger les autres et vous ne devriez pas le négliger (en le portant sous votre nez par exemple).

Autre nouveauté de cette semaine que j’avais arrêté d’expérimenter depuis le 11 mars : regarder un match de football. 

Dans un monde sans pandémie il était prévu que je me rende au Parc des Princes hier soir, à l’occasion du dernier match du PSG à domicile cette saison et de la remise du trophée de champions. Mais nous sommes dans un monde avec pandémie alors je me suis rabattue sur la reprise de la Bundesliga et plus spécifiquement, le derby de la Ruhr.

Je ne suis pas là pour donner mon avis sur si c’est prudent ou non de reprendre une compétition sportive néanmoins, croyez-moi, regarder un match de football dans les conditions de notre monde actuel est une expérience surprenante. Au début je pensais ressentir un sentiment de bonheur et de complétude, le même que vous ressentez quand vous retrouvez un être cher mais avant de ressentir cela, il a fallu que je me fasse à l’idée que je regardais un football aseptisé et différent de celui que j’ai l’habitude de mater le dimanche soir.

Les 20 premières minutes, il faut vous familiariser avec l’environnement. Pas de supporters dans les tribunes, les plans sur les remplaçants les montrent éloignés et masqués, pas de poignées de main, un arbitre qui fait à pile ou face en prenant ses précautions… Et puis très vite arrive le premier corner et quand vous voyez tous ces joueurs relativement serrés dans la surface près à sauter pour positionner leur tête, vous vous dites que ça y est, votre football est de retour. En voyant cette scène, vous saute aux yeux le contraste entre l’environnement hors pelouse, surprotégé et veillant au protocole, et l’environnement sur la pelouse, sous protégé avec un football qui reprend tout simplement ses droits. Cela vous fait vous demander si c’est bien utile finalement de faire porter un masque à un joueur remplaçant qui rentrera à la 68ème et qui se retrouvera lui aussi collé aux autres dans cette surface de réparation lors d’un prochain corner. 

Ce qui est rassurant, c’est que votre language des soirs de match retrouve lui aussi sa place comme s’il ne vous avait jamais quitté. Vous voilà à nouveau à râler sur les corners joués à deux, à encourager celui qui ose partir en contre à base de « cours Forrest, cours !», à souffler quand l’arbitre fait le signe de la VAR, à élever la voix pour dire à un joueur d’arrêter de parler à l’arbitre, à presser un joueur de tirer son coup franc… C’est comme le vélo, commenter un match en vous prenant pour Grégoire Margotton ça ne s’oublie pas (même si Grégoire Margotton ne râle pas beaucoup lui).

Il reste quand même une chose qui ne change pas au fil des minutes, qui ne devient pas meilleure avec le temps, c’est le silence. Ces tribunes vides font résonner les consignes des entraîneurs malgré leur masque sur le visage et sont là pour nous rappeler que même si les tacles ont repris, il y a quelque chose qui cloche. Sans chant, sans tifo, sans animation, la dimension spectacle et divertissement propre à ces sports déchaînant les foules s’efface pour laisser place à la triste impression de regarder un match de tennis où la seule réaction tolérée est lorsqu’un point est marqué. Loin de moi l’idée de dire que le tennis est triste à regarder, j’aurai aussi pu prendre l’exemple du billard, juste que si je regarde du football, c’est aussi pour son ambiance et que si je regarde du tennis, c’est surtout pour le coup droit de Nadal parce qu’excepté si je suis au Mutua Open à Madrid, il y a vraiment peu de chance pour que se lance une ola et des acclamations « Rafa, Rafa, Rafa » dans les tribunes du court. Dans le football, l’ambiance et l’animation des tribunes contribuent à 50% de la rencontre à laquelle vous assistez.

C’est bien de voir un peu de football comme c’est bien de pouvoir sortir sans attestation mais ce sera quand même sacrément génial quand on retrouvera des stades de football remplis et qu’on pourra faire ses courses sans masque sur le nez.

D’ici là, prenez soin de vous et sortez couvert.

Ligues féminines de football et impacts du covid-19

*Article available in English*

Le 17 avril, la FIFPRO alertait en publiant un rapport mettant en évidence que le football féminin pourrait faire face à une « une menace existentielle » au lendemain de la pandémie. Il est vrai qu’alors qu’on s’inquiète du sort de championnats majeurs comme la Premier League ou La Liga, peu de voix s’élèvent pour défendre le football féminin qui a pourtant, lui aussi, besoin de ses revenus marketing et de billetterie pour survivre dans ce contexte.

Ce rapport soulignait qu’à défaut de prioriser la reprise des ligues comme dans le football masculin, ce sont davantage les rencontres internationales qui étaient à favoriser pour le football féminin. En effet, la majorité des joueuses sont dépendantes des compensations financières et des paiements de services fournis pas leur fédération. De plus, le report des Jeux Olympiques en 2021 et de l’Euro féminin en 2022 ne permettra pas à la discipline de rebondir sur le succès qu’a été la dernière Coupe du Monde en termes de visibilité. Aujourd’hui, le football féminin a besoin de ces fenêtres internationales pour maximiser son exposition et convertir le public en consommateur régulier. Malgré une fréquentation des stades en hausse lors des grands événements avec une moyenne de 21 756 spectateurs par match lors de la Coupe du Monde 2019, moins de 1000 spectateurs en moyenne assistent à une rencontre de championnat dans la plupart des ligues sauf aux Etats-Unis. Lors de la saison 2018-2019, on comptait en moyenne 920 spectateurs par match en D1 en France (vs 608 en 2017-2018), 833 en Frauen-Bundesliga, 1010 en FA Women’s Super League et 7 337 en NWSL, le championnat américain.

L’autre particularité soulignée par ce rapport est que de nombreuses joueuses n’ont pas de statut professionnel, seulement 18% selon les critères FIFA en 2017, et elles ne peuvent, par exemple, pas adhérer à un syndicat. Ainsi, ces joueuses ne sont pas protégées contre la perte de salaire ni soutenues dans les conflits du travail avec les clubs. Le risque à long terme est que des clubs cassent des contrats existants, 47% des joueuses n’avaient pas de contrat en 2017, et que des joueuses se retrouvent complètement au chômage. Cette crise met en évidence le manque de professionnalisation et de cadre légal que subit la discipline et c’est ainsi que Jonas Baer-Hoffman, secrétaire général de la FIFPRO espère « construire une base plus solide pour l’avenir ».

En attendant d’avoir davantage de visibilité sur les potentielles futures rencontres internationales si importantes pour la santé de la discipline, tour d’horizon de la situation dans plusieurs ligues féminines européennes.

D1 Arkema : arrêt le 28 avril

En France, le championnat de France féminin est régi par la Fédération Française de Football. Quand cette dernière a annoncé l’arrêt de ses compétitions allant du district au national 2 le 16 avril dernier, elle laissait encore en suspens sa décision pour la première division féminine. Quelques jours plus tard, le 28 avril, le comité exécutif de la fédération prenait acte de « l’impossibilité d’organiser des matches et de reprendre les championnats de la saison 2019-2020 en cours » suite à l’annonce du premier ministre et annonçait « Concernant les compétitions de la D1 Arkema féminine et du National qu’elle gère directement, la FFF constate l’impossibilité de poursuivre la saison dans le cadre de ces nouvelles mesures sanitaires. Une prochaine réunion du Comex de la FFF précisera les règles de gestion sportive de la saison 2019-2020 et statuera sur les conditions de redémarrage de la saison 2020-21. ». En parallèle, l’UNFP avait consulté les joueuses et un tiers à peine d’entre elles étaient favorables à la poursuite de la saison.

Alors que les deux promus en D1, Issy les Moulineaux et Le Havre, ont été acté rapidement par la FFF, il a fallu attendre ce jour pour connaître les championnes de la saison 2019-2020 de D1 Arkema. La FFF a attribué son 14ème titre consécutif au leader du championnat, l’Olympique Lyonnais, et a acté la seconde place du Paris Saint-Germain qui se qualifie pour la Women’s Champions League.

Liga Iberdrola : arrêt le 6 mai

En Espagne également, le championnat féminin de football est sous l’égide de la Fédération Espagnole de Football, la RFEF. Celle-ci a annoncé mercredi dernier l’arrêt des compétitions non professionnelles dont elle a la responsabilité avec différentes particularités en fonction des spécificités des compétitions comme celles qui demandent une phase finale. La suite de la Copa de la Reina se jouera ainsi ultérieurement lors de la saison 2020-2021. Le FC Barcelone a été déclaré champion et les montées de Santa Teresa et Eibar ont été officialisé alors que la RFEF a décidé de faire l’impasse sur la relégation de deux équipes pour créer une ligue à 18 équipes. Une décision qui ne plaît pas à tout le monde et qui illustre à nouveau le fossé entre le football féminin et masculin puisque La Liga, elle, devrait reprendre. Plusieurs joueuses déplorent qu’on ne les considère toujours pas comme des professionnelles malgré la rigueur imposée et qu’on les rabaisse à des décisions qu’on applique pour des compétitions de troisième rang. Les joueuses ont été d’autant plus blessée que le rugby féminin pourra reprendre en Espagne et demandent une homogénéisation des décisions.

Quelques jours auparavant, Pedro Malabia, directeur du football féminin à La Liga, avait alerté sur le fait que la décision d’arrêter la compétition ne serait pas prise à la légère. En effet, pour la première fois, la compétition générait des droits tv et en arrêtant le championnat à ce stade, cela représentait 600 000 euros de pertes de recettes pour les clubs. Ajoutez à cela les publicités et le marketing soit près de 1M d’euros en moins qui auront forcément un impact dans un futur proche sur les contrats des joueuses et la stabilité financière de clubs qui ne peuvent pas compter sur leurs homologues masculins pour avoir des liquidités.

Serie A : décision le 25 mai

Pour la petite histoire, la Serie A et la Serie B féminines sont organisées par la Fédération Italienne de Football, la FIGC, seulement depuis la saison 2018-2019. Auparavant les équipes se répartissaient entre plusieurs fédérations indépendantes qui avaient du mal à se mettre d’accord pour en former une unique néanmoins le championnat italien existe dans sa configuration actuelle depuis 1974.

Depuis le 10 mars dernier, les compétitions féminines sont suspendues. Alors que côté football masculin, les entraînements individuels de joueurs ont pu reprendre depuis le 4 mai en attendant les entraînements collectifs prévus à partir du 18 mai, les équipes féminines elles sont à l’arrêt jusqu’au 25 mai en attendant de savoir si le championnat reprendra. Même si les entités gouvernantes sont différentes, il y a espoir que si la Serie A masculine reprenne avec un protocole médical validé par le gouvernement, alors si soumis aux mêmes directives, le championnat féminin pourrait également reprendre. Il reste 6 journées à jouer et la Fiorentina (35 points) rêve de rattraper la Juventus (44 points) afin d’accrocher sa place pour la Women’s Champions League sans risquer de passer par un tour de qualification avec le nouveau format de la compétition en 2020-2021.

FLYERALARM Frauen-Bundesliga : décision le 25 mai

Comme pour les précédentes compétitions, le championnat féminin allemand est sous la tutelle de la Fédération Allemande de Football, la DFB. De 1990 à 1997, le championnat était organisé en deux ligues géographiques : le nord et le sud, et à la fin de la saison, le premier du nord rencontrait le premier du sud pour élire l’équipe championne. Comme tous les autres championnats, sauf la Liga Iberdrola, le championnat est composé de 12 équipes.

Le 16 mars dernier, le championnat a été suspendu néanmoins l’Allemagne ne s’est jamais avouée vaincue et défend depuis le début pour une reprise des compétitions. Le 30 avril, onze des douze clubs du championnat ont voté pour la poursuite de la saison dans le respect des exigences de santé. Par ailleurs, des clubs comme le Bayern Munich avait déjà repris l’entraînement fin avril en petit comité, avec l’interdiction de tacler ou encore de rentrer en contact. Même si l’entraînement sans masque est autorisé, les joueuses ne peuvent ni manger, ni se changer, ni se doucher au centre d’entraînement. Il reste actuellement 6 journées de championnat et entre 6 et 8 matchs aux équipes pour clore la saison. Le VfL Wolfsburg est en tête avec 46 points tandis que le Bayern (38 points) et 1899 Hoffenheim (37 points) se disputent la seconde place qualificative pour la Women’s Champions League.

Le 6 mai, la chancelière allemande Angela Merkel a annoncé que « La Bundesliga peut reprendre à partir de la deuxième moitié de mai en respectant les règles qui ont été convenues. » permettant ainsi aux championnats masculins allemands de première et seconde division de se remettre en ordre de marche pour reprendre la saison à partir du 16 mai. Cette annonce fait suite à la formulation de procédures médicaux et le test systématique pour tous. Suite à cette avancée, il a été demandé à la fédération allemande de développer une procédure équivalente pour la troisième division et le championnat féminin et un fond de solidarité a été créé par celle-ci pour payer les tests nécessaires aux clubs qui ne pourraient pas s’en procurer. Une décision définitive devrait être prise le 25 mai avec l’espoir que le championnat reprenne le 29 mai.

Barclays FA Women’s Super League : suspendue depuis le 13 mars

La Barclays FA Women’s Super League est comme son nom l’indique organisé par la Fédération Anglaise de Football, la FA. Depuis cette saison, elle possède un naming avec la présence de Barclays qui a signé un contrat de 3 ans pour un peu plus de 10 millions de livres. Depuis la saison 2017-2018, la ligue est professionnelle, la première en Europe. Cette professionnalisation a été vu comme une opportunité pour améliorer l’attractivité de la discipline avec de meilleures joueuses qui permettraient de créer un meilleur produit mais aussi une contrainte pour certains clubs ne pouvant pas se plier aux critères nécessaires pour acquérir une nouvelle licence pour jouer dans la ligue. Parmi ces critères, les clubs devaient offrir à leurs joueuses un contrat minimum de 16h par semaine en plus des matchs (ou 8h pour les clubs semi-professionels), mettre en place une académie de jeunes ou encore limiter les dépenses hors-terrain à 120 000£. Suite à cela, Sunderland avait été rétrogradé en troisième division tandis que Brighton & Hove Albion et West Ham United avaient été promus.

Le gouvernement britannique a annoncé ce jour que des événements sportifs pourront se tenir à partir du 1er juin à huis clos, une décision qui va dans le sens de la Premier League qui souhaite reprendre. Le gouvernement a précisé que cela serait possible si et seulement si la propagation du virus était de plus en plus limitée et s’il était possible de respecter la distanciation sociale lors de ces événements. Un protocole médical devra également être validé et des tests effectués systématiquement pour toutes les joueuses. Au sujet des tests, des points de divergences ont été déjà été soulevés entre les clubs de WSL et Championship avec la FA, notamment sur le fait que tous les clubs ne pouvaient pas se permettre de payer des tests pour tout le monde. En effet, la situation financière de clubs modestes, non-affilié à des clubs masculins, est inquiétante. Le 28 avril dernier, le club féminin de l’AFC Flyde jouant en National League (troisième division anglaise) et pourtant affilié au club masculin du même nom, annonçait sa dissolution par manque de ressources. Certains propriétaires de clubs n’hésiteront pas à dissoudre leur effectif féminin, qui repose souvent sur les contrats et la stabilité de son équipe masculine, pour faire des économies.

Malgré la pandémie, la bonne nouvelle pour la ligue anglaise est que la fédération est entrée en contact avec la nouvelle agence Women’s Sports Group afin de vendre les droits tv de la Barclays FA Women’s Super League actuellement disponible gratuitement via la BBC (pic d’audience en moyenne à 285 000) et BT Sport (pic d’audience en moyenne à 85 000), ainsi qu’internationalement (sauf en Australie) via son FA player en ligne. Ces droits tv pourraient être une source de revenu supplémentaire, actuellement non prévue dans les montages financiers des clubs, leur permettant de combler le manque dû à la suspension actuelle du championnat.

En attendant davantage de précision sur la reprise du championnat, fin mars, la fédération se donnait jusqu’à début août pour terminer la saison dont il reste encore 6 journées mais avec 9 matchs à jouer pour Birmingham, 11ème, et seulement 6 pour le leader Manchester City. Chelsea, 2ème, se bat pour garder sa place qualificative pour la Women’s Champions League tandis qu’Arsenal, à 3 points derrière, fera tout pour prendre leur place. Pourtant à la dernière place du championnat, Liverpool est l’un des clubs de WSL qui souhaitent la fin du championnat par peur de précipiter une reprise où la sécurité des joueuses ne serait pas assurée.


Leçons de confinement

Après 57 jours de confinement avec ma mère et mon frère, on a décidé de planifier ce soir un débrief de ces 2 mois h24 ensemble. Je l’admets, vivre ensemble n’est pas une nouveauté puisqu’on revit tous les trois depuis septembre mais nos emplois du temps respectifs étant habituellement assez chargés, si on dîne ensemble plus de 3 fois par semaine c’est un exploit. Avant de se mettre tous les trois autour de la table, je me suis dit que j’allais me poser pour faire le point de ces 8 semaines mais surtout de ce début d’année 2020.

Pour la petite histoire, j’ai déménagé de mon 28m2 parisien en septembre dernier pour retrouver les 9m2 de ma chambre chez ma mère. Le plan A c’était de pouvoir rapidement partir à l’étranger après mon précédent contrat de travail mais bien évidemment dans mon plan A il n’y avait pas de petite tumeur au palais pour contrecarrer mes plans. 

Ça me fait penser que, suite à mon post sur les urgences, je ne vous ai jamais présenté Josette (c’est le nom que j’ai donné à ma petite tumeur parce que « tumeur » n’est pas le mot le plus jovial à répéter trois fois par jour alors que Josette…). Peut-être que je vous en parlerai un jour mais bon en gros me débarrasser de Josette m’a occupé pendant 2 mois, m’a fait dépenser 1500 euros (heureusement que l’assurance maladie et la mutuelle existent), m’a donné 2 gros bleus parce que les anesthésistes piquent à côté, m’a fait passer plus de 8h en salle d’attente en cumulé et perdre 3 kilos (que j’ai repris). 

Dans mon plan A, il n’y avait pas non plus de pandémie mondiale et donc partir à l’étranger pour trouver du boulot devait être très simple. Que nenni. Avant même la propagation du Covid-19 dans le monde, Josette avait refroidi mes plans puisque suite à mon opération, j’avais acté qu’il serait plus raisonnable que je reste encore une petite année en France. Juste au cas où je me réveille un matin et que je crache à nouveau du sang. Cet éclair de lucidité m’avait donc remis dans la phase de recherche d’un emploi, ce qui m’a permis de commencer un nouveau travail le 16 mars dernier. 

Quand je dis à mes nouveaux collègues que j’ai commencé le 16 mars, tous me disent à quel point c’est une date originale. C’est sûr qu’au bout de 8 semaines en télétravail je ne sais toujours pas à quoi ressemble mon bureau, si la cantine est bonne et comment est l’ambiance dans l’équipe car si ce n’est les deux cafés digitaux par semaine où on parle principalement des enfants, de la hâte de retourner chez le coiffeur et du fait que personne ne trouve de farine au supermarché, je ne sais pas grand-chose sur eux. Ça va venir, je ne m’inquiète pas… Quand on pourra se retrouver au bureau et se tenir chacun à un coin de la salle de réunion pour respecter les mesures de distanciation sociale.

Je le reconnais, j’ai beaucoup de chance d’avoir pu commencer à travailler dans le contexte actuel. Certains employeurs auraient remis à plus tard l’intégration, d’autres auraient même pu dire que le poste était en danger à cause de la situation financière de l’entreprise. Je suis forcément reconnaissante d’avoir du travail, d’autant plus parce qu’après ces 2 mois où j’ai passé mon temps chez les médecins, j’avais besoin de faire quelque chose qui m’occupe l’esprit. 

Mon confinement n’a donc pas manqué d’activités. Il a fallu que je me concentre sur ce nouvel emploi, que je comprenne comment fonctionne l’équipe, comment fonctionne le service par rapport à l’organisation en France et dans le monde mais surtout que je comprenne de quoi on me parlait car pour ceux qui ont l’habitude de me voir travailler auprès d’événements sportifs, j’ai pris un virage à 180 degrés pour découvrir un nouveau domaine d’activité qui ne m’est a priori pas du tout familier. 

Pourquoi j’ai quitté le sport ? Plusieurs raisons mais la principale était de vouloir ajouter une nouvelle corde à mon arc en sortant de ma zone de confort et en réalisant que je pouvais transposer mes compétences à un autre domaine. C’est un peu pour la même raison que je voulais partir à l’étranger, afin d’avoir une nouvelle expérience qui me permettrait de voir mon travail sous un nouvel angle, influencé par la culture du pays dans lequel j’aurai été et qui m’aurait demandé de m’adapter à ses codes. 

Quitter le sport est un challenge et tous les jours depuis 8 semaines, je me demande si j’ai fait le bon choix. Le premier mois, je me demandais tous les vendredis si j’allais finir par enregistrer la signification des nombreuses abréviations dont on m’assaille. En parallèle, il fallait aussi que je comprenne les contraintes de communication qui sont propres à l’entreprise parce que même si faire de la communication ce n’est pas sorcier, chaque entreprise a sa propre stratégie et il n’est pas possible de transposer à 100% d’une boîte à l’autre ce que tu sais faire comme tu as l’habitude de le faire. 

Mon nouveau travail a occupé mes semaines du lundi au vendredi tandis que mes week-ends, eux, ont été une répétition successive du grand ménage de printemps. Mon frère a décidé qu’il était temps de ranger, de bouger les meubles, de réparer, de remplacer, de fouiller dans les cartons de mon déménagement qui traînaient, de faire de la place, de renforcer son équipement ménager avec un nouvel aspirateur, de jeter… sauf que moi, je n’aime pas ranger. Vraiment, je suis de ceux qui auront toujours mieux à faire que de ranger. Tant qu’il y a une petite place sur mon bureau pour poser mon ordinateur, tout va bien. En plus j’ai un don, celui de toujours trouver ce que je cherche là où les autres considèrent que c’est le bazar. C’est un don rare mais très utile pour contredire les gens alors je l’entretiens.

Dans la liste des choses qui ont également occupé mon confinement il y a faire des gâteaux, gaufres et autres gourmandises que vous compensez en faisant deux fois plus de sport qu’à l’habitude. J’ai remplacé mon trajet en transport où j’écoutais de la musique par du temps calme en lisant, avec mon café le matin, un des nombreux livres qui attendent sur mon bureau. On a décidé de faire le minimum de courses et nous nous sommes lancés dans une mission « vider les placards ». Mes colocataires sont ravis de voir le stock de flocons d’avoine et de lentilles corail diminuer (je ne comprends pas pourquoi). J’ai écumé pas mal des séries Netflix que j’avais mise en favoris et ai maté tous les épisodes d’Hannah Montana sur Disney +. Je n’ai ni regardé de live Twitch, ni fait de cure de sébum. J’ai réappris à partager un repas avec ma mère et mon frère et ce n’était pas gagné.

Oui, venons-en à la vie en communauté. Depuis le début, on s’interroge sur les couples confinés ensemble. En sortiront-ils indemnes ? Vont-ils rester ensemble ou réaliser qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre ? Va-t-il la demander en mariage après l’avoir supporté deux mois ? On pourrait faire la même chose avec les personnes confinées en famille en se demandant si l’une d’elle ne sera pas reniée d’ici la fin du confinement, si ses frères et sœurs lui adresseront toujours la parole, si ses parents n’auront pas changé la serrure durant l’heure où elle sera partie faire les courses. Confiné ou pas, la vie en communauté ce n’est pas tous les jours simples et dans le cas présent, ça nous a mis face à des situations où il a fallu qu’on prenne sur nous sans aller faire un tour et où le plus loin où on pouvait s’isoler était au fond du garage. 

Par chance, je m’entends assez bien avec ma mère et mon frère et même s’il est arrivé que le ton monte, qu’on se chamaille avec mon frère ou qu’une conversation se termine un peu tendue, après 8 semaines de confinement on se parle encore et personne n’a de membre cassé. Je pense que cela est dû au fait qu’on pouvaitchacun s’isoler pour travailler sans sentir qu’on était les uns sur les autres parce que sinon je ne donne pas cher de ma peau, mon frère m’aurait poussé à bout (ou je l’aurai poussé à bout…). On a 3 étages à la maison donc chacun a pris ses quartiers à un étage et on se retrouvait surtout pour manger et faire le ménage. Au cas-où, je précise que je ne vis pas dans un château mais juste dans une maison qui a été pensé en hauteur et pas en largeur. 

La chose sur laquelle on a vraiment dû travailler par contre c’est la planification des repas. Vu qu’habituellement on dîne ensemble trois fois par semaine, chacun mange ce qu’il veut car on n’a pas du tout le même régime alimentaire mais là, quand vous avez une heure pour déjeuner entre deux réunions, pas possible de faire trois repas différents en même temps dans la même cuisine. On a donc adopté la stratégie du « on mange la même chose le midi, on fait chacun son assiette le soir » car sinon, à force de manger des gnocchi un soir sur deux comme mon frangin depuis 8 semaines, ce n’est pas 2,5 kilos que j’aurai pris comme la moyenne des français mais 6.

Enfin, pour finir, je ne vais pas vous cacher qu’il y a eu plus d’un mental breakdown. Étrangement je n’ai pas pleuré mais mi-avril, il y a eu ce moment où j’ai réalisé qu’on n’était pas près de se débarrasser de ce virus et que la vie que j’ai l’habitude de mener allait devoir faire plus d’une concession à l’avenir. Je suis ce genre de personnes qui planifie des mois à l’avance ce qu’elle va faire, qui prend des places de concert pour dans un an et qui sait en janvier les week-ends de juillet et août où elle sera absente. Mes amis se plaignent que je suis toujours occupée mais c’est comme ça que je régis ma vie, en planifiant, or là, impossible de planifier quoi que ce soit. Est arrivée cette impression de ne pas en voir la fin, de stagner dans ma vie alors que je l’avais déjà mis entre parenthèses pendant deux mois avant que ce virus nous bloque tous chez nous. Réaliser également que je venais peut-être de louper les dernières vacances où on aurait pu partir avec ma grand-mère m’a mis un coup un moral car comme bon nombre d’entre nous, notre voyage prévu à Pâques est passé à la trappe. 

Depuis 2 mois, ma vie qui a l’habitude d’être une succession permanente d’expériences se trouve enfermée dans une routine qu’elle s’efforçait de fuir. D’un côté mon porte-monnaie a apprécié ce calme, de l’autre rayer jour après jour les concerts, matchs, avions, brunchs et autres verres prévus n’ont fait qu’accentuer le fait que ce qu’on vivait n’était pas commun. Par le passé et très récemment même, quand notre vie a été frappé par le terrorisme, c’est justement ces expériences, ces restos, ces rencontres qui nous ont permis de faire face à l’adversité, la peur, la douleur. 

Avant, on luttait ensemble. Aujourd’hui, pour lutter ensemble, on nous demande d’abord de lutter seul. Et c’est en luttant seul qu’on a par la même occasion réappris à faire davantage attention aux autres en étant moins rivé sur son téléphone quand on est dehors pour vérifier qu’on respecte la distance avec les personnes qu’on croise, en appelant plus régulièrement des personnes à qui on donne des nouvelles tous les trimestres, en se rappelant que de derrière son bureau on n’est pas plus utile qu’une aide-soignante, en redécouvrant la signification du mot solidarité. Est-ce que ces bons comportements dureront dans la vie de demain déconfinée ? J’en doute et pourtant de ces huit semaines, de ces prises de conscience, de cette adaptation, il y a plus d’une leçon à retenir pour nous aider à construire un monde meilleur. La première d’ailleurs c’est que même si se laver les mains 15 fois par jour assèche terriblement la peau, si ça peut nous éviter de tomber de malade, on continuera. 

Les limites du télétravail

Après un mois de télétravail contraint par la force des choses, il est temps qu’on mette les pieds dans le plat. Avant de vous poster cet article, je me suis demandée si j’allais y venir, si j’avais le droit de me plaindre (parce que bien sûr c’est de ça dont il est question) alors que j’ai la chance de pouvoir faire du télétravail quand d’autres sont en caisse, dans des camions ou en première ligne à l’hôpital. Je me suis demandée aussi si ce n’était pas mal venu par rapport aux personnes qui sont au chômage partiel. J’ai donc réfléchi et puis j’ai fini par me dire que si, j’allais bien écrire cet article sur le télétravail qui au bout de 4 semaines commence à montrer ses limites et défoncer la barrière vie pro / vie perso qui en temps normal nous permet de rester sain d’esprit et d’avoir un équilibre.

En temps normal je suis plutôt pro-télétravail. Je fais partie de ceux qui apprécient une journée par semaine de pouvoir gagner une heure de sommeil en évitant le temps de transports et de ne pas être dérangé par les questions de mes collègues qui m’interrompent tous les quarts d’heure au point où je dois fuir dans une bulle (vous savez ces mini salles de réunion dans les open space) en prétextant un call pour finir la mise à jour du médiaplanning. Non vraiment, avec le télétravail je n’ai pas l’impression de me couper du monde mais bien d’avoir du temps au calme, celui qui est devenu difficile à trouver à l’heure où on travaille dans le brouhaha incessant des plateaux où on est 60 pour 45 places assises. 

Autre avantage du télétravail : la productivité. On ne va pas se mentir, en général on fait moins d’heures quand on travaille à la maison mais on est tout autant productif, voir plus, que si on était au bureau. Avec un 9h30-12h30 puis 14h-17h, on a fait tout ce qu’on avait sur sa to do list et avancé sur des projets qu’on ne soupçonnait pas. C’est aussi un bon moyen d’organiser son temps en fonction de ses heures de productivité. Il y a des gens qui ne sont pas du matin mais qui peuvent faire un 13h-19h tout aussi réussi. L’avantage du télétravail c’est bien de pouvoir s’organiser comme on veut et sortir des doctrines qui disent qu’il faut travailler 7h par jour, à un bureau et que les horaires normaux c’est 9h-17h avec une heure de pause déjeuner. 

Alors quand le confinement est arrivé et qu’on nous a dit qu’on passait au télétravail, je ne me suis pas méfiée. Je me suis dit que j’avais l’habitude et que je gérais plutôt bien. Après tout, je viens de passer neuf mois à faire un diplôme par correspondance à passer 5 heures de mes samedis à écrire des dissertations donc éviter les distractions et rester concentrée, je sais faire. Ça a été le cas la première semaine. On était sur des horaires classiques et une quantité de travail qui elle dépendait des mesures de crise qu’il fallait prendre mais rien d’envahissant. Il y a eu un café webcam et est arrivé le week-end.

Fin de deuxième semaine, le virage à 90 degrés est arrivé. Vous vous rendez compte qu’il n’y a plus de frontière entre la vie pro et la vie perso car votre bureau a migré dans la salle à manger et vous n’avez pas d’échappatoire quand vous avez un problème avec un collègue. Vous ne pouvez pas prendre l’air et surtout, vous allez constamment y penser car dès que vous allez être dans votre salle à manger vous allez vous rappeler de cette engueulade. Votre bureau est à présent littéralement chez vous et vous passez vos nerfs sur votre ami comme s’il était responsable de vos problèmes pro alors qu’il ne comprend pas la moitié de ce que vous faites dans votre travail. La frontière est tombée, vous n’avez plus de chez vous. Votre maison est devenue la bulle de votre open space où vous vous échappiez pour être au calme, votre maison est devenue une salle de plus dans votre vie pro.

Alors ça aurait pu s’arrêter là mais non. La troisième semaine a accentué les choses avec ces collègues qui vous demandent systématiquement de mettre la webcam. Ce n’est pas que je n’ai pas envie de mettre tous les jours ma webcam parce que je suis à peine coiffée et surtout pas maquillée, c’est juste que c’est mon chez moi et je n’ai pas tout le temps envie de faire entrer les gens chez moi, spécialement ceux avec qui je n’ai pas d’affinités particulières. Arrêtez-moi si je me trompe mais nos chez nous, c’est un endroit à nous, personnel, où on peut justement inviter qui on veut si on le veut. C’est un peu la seule chose qui nous appartient où on peut faire ce qu’on veut. Là je me retrouve à devoir inviter des gens que je ne veux pas quand je ne veux pas sous prétexte qu’eux s’en moquent et que ça fait très rabat-joie de ne pas mettre sa webcam. Non parce qu’on est d’accord, si vous mettez la webcam vous n’allez pas louper la remarque sur la déco. Perso, au bout de trois semaines je connais les moindres recoins (sauf les toilettes et la chambre) des apparts de mes collègues. Ce n’est pas que je n’en ai rien à faire (enfin un peu), juste que ça ne me serait pas venu à l’esprit de leur demander si leur cuisine était exposée est ou ouest ou bien s’ils avaient un balcon.

Rassurez-vous, je n’étais pas arrivée au bout de mes peines après cette histoire de webcam. Quatrième semaine, ce fut la débandade. Il est devenu commun voir normal de mettre des réunions à 18h qui durent minimum une heure parce que dans l’esprit de certaines personnes on n’a pas mieux à faire que de bosser puisqu’on ne peut pas sortir de chez soi. Alors détrompez-vous, j’essaye de garder un semblant de vie sociale en téléphonant à mes proches, je continue de préparer à manger, je fais une séance de sport (la même que quand je pars à 18h du bureau pour être au sport à 19h), je lis, je déconnecte. C’est comme cette amie qui me racontait qu’un de ses collègues l’avait appelé à 19h30 (elle a bien évidemment pas décroché) et que le lendemain, il lui avait reproché de ne pas l’avoir rappelé. Alors oui désolée à 19h30 ma journée de travail est terminée et je fais autre chose parce que j’ai une vie et que ce n’est pas parce que je bosse depuis la maison que je suis h24 derrière mes mails.

Quatrième semaine, on a atteint la limite de l’acceptable dans ce télétravail confiné. Les gens ont oublié qu’il y a un temps pour le travail et un temps pour le reste et s’ils pouvaient même vous déranger le week-end, ils le feraient. Alors désolée mais moi je n’ai pas signé pour ça. Comme tout le monde, je subis ce confinement mais ce n’est pas pour autant que j’ai décidé d’oublier qui j’étais pour devenir un robot. Je ne peux pas faire que travailler. Je ne peux pas faire 5h de conf call par jour parce que sinon j’attrape des migraines. Je ne peux pas répondre à mes mails jusqu’à 20h. Je ne peux pas faire des apéros avec mes collègues tous les vendredis. Et vous savez quoi, je ne le veux pas non plus. 

Je ne le veux pas car je refuse que ce confinement tourne uniquement autour du travail. Scoop : ce confinement doit surtout tourner autour du bien être parce que ce qu’on vit est inédit et pas facile et se noyer dans le travail n’est pas la solution pour renier la réalité ou la solitude. Ceux qui adoptent cette technique vont sortir lessiver et épuiser de cette période or on ne sait pas combien de temps ça va durer. C’est une course dont on ne connaît pas encore l’arrivée et au lieu de s’élancer à toute vitesse il faudrait peut-être maîtriser notre essence, juste pour être sûr de pouvoir franchir la ligne d’arrivée sans avoir les pneus raplapla. 

En temps normal le télétravail a pas mal d’avantages mais ces dernières semaines nous ont montré ses limites : une vie pro et une vie perso qui se mélangent, une sur sollicitation par ses collègues, des journées qui s’éternisent, une fatigue mentale et morale… Avant que nos nerfs craquent, je crois qu’il serait temps de prendre un peu de recul et de ne pas appliquer à ce télétravail les règles habituelles mais bien celles de notre vie de bureau, des 7 à 8 heures quotidiennes et des after work si et seulement si on en a envie.

Prenez soin de vous, ménagez-vous, la course n’est pas finie et vous allez avoir besoin d’énergie.

Amitiés confinées

On parle beaucoup de l’amour en confinement. De comment bien vivre le confinement enfermé avec son mec de 3 ans (ou deux semaines) dans un appartement de 28m2. De comment entretenir la flamme dans une relation à distance. De comment nourrir des discussions alors que tout ce qu’on fait dans sa journée c’est bosser, faire à manger et mater Netflix. De comment continuer à être en couple quand on a surtout l’impression d’être des colocataires avec l’extension et plus si affinité des Sims. Plot twist : il n’y a pas que les relations amoureuses à entretenir, il y a aussi les relations amicales.

Même si vous êtes confinés avec des personnes que vous adorez, à un moment ce n’est pas contre elles mais vous avez besoin de voir autre chose. Dans ce cas-là précisément de voir la tête de quelqu’un d’autre. Dans un monde sans pandémie, dans la vie de tous les jours, notre vie sociale n’est pas monotone. On voit des gens dans les transports, on voit ses collègues, on discute cinq minutes avec la boulangère, on dîne avec ses amis. Et le lendemain on voit d’autres amis, d’autres collègues et à la place de la boulangère, c’est avec le primeur qu’on discute. Dans un monde sans pandémie, on ne manque pas de visages croisés et de discussions parcourues.

A l’heure actuelle, si on a la chance de ne pas être confiné tout seul, on voit chaque jour les mêmes visages (exception faite quand on s’improvise coiffeur ou qu’on a décidé de se maquiller). C’est un peu monotone et c’est là que les amis sont appelés à la rescousse. On pourrait penser qu’il suffit d’échanger des textos, de s’envoyer quelques vocaux ici et là ou bien de s’appeler toutes les trois semaines pour entretenir des amitiés qui datent du lycée mais que nenni. Il faut bien plus.

C’est comme avec votre mec, ce n’est pas parce que ça fait 4 ans que vous êtes ensembles et que les bases sont solides, qu’un texto le matin et le soir vont suffire à faire tenir votre couple. Mettez-y du vôtre mais attention parce que ça demande plus d’énergies qu’on y pense… Genre vraiment, c’est du sport.

Pendant la première semaine du confinement, si vous vouliez instaurer un apéro virtuel avec vos copains c’était plutôt simple. Pour le lieu de rendez-vous, on était en plein boom de « Houseparty » ou bien pour les plus puristes, on restait sur une valeur sûre avec Skype. Les agendas étaient assez flexibles, pas de cours de yoga via Zoom ni d’ateliers cuisine en Instagram Live. On avait pléthore de créneaux à notre disposition.

Arrive la deuxième semaine du confinement et ça commence à se compliquer. Déjà il faut s’organiser pour faire quelque chose pour l’anniversaire de votre copine Léa qui va passer son confinement seule chez elle. Vous créez donc une nouvelle conversation Whatsapp qui vient s’ajouter aux dix autres dans lesquelles vous avez été ajouté depuis le début du confinement et alors que la création de ce groupe était de base pour trouver une idée de cadeau/vidéo/attention pour l’anniversaire de Léa, il se retrouve très vite devenir être une succession d’envoi de memes spécial confinement qu’on se transfère de groupe en groupe. 

L’anniversaire de Léa n’avance pas et les apéros que vous souhaitez organiser non plus. La raison cette semaine : agenda trop chargé. On a beau tous être chez nous avec beaucoup moins d’activités planifiées et de transports qu’à l’habitude, on n’a pas pour autant une soirée pour nous. Il faut dire que ça y est, les cours de sport sur Zoom sont devenus indispensables pour survivre au confinement alors que d’habitude on fuit toute activité qui pourrait nous faire suer. A défaut de faire des apéros, certains préfèrent faire la cuisine en visio (au secours) et je ne vous parle pas de ceux qui préfèrent mater Paire et Wawrinka prendre l’apéro ensemble que de faire un apéro avec leurs propres potes (même si Paire et Wawrinka sont très drôles). Il y a aussi ceux qui ont déjà planifié les apéros avec les collègues, les cousins et les copains de vacances et qui vous disent de prendre rendez-vous pour la semaine prochaine car cette semaine « c’est compliqué de me libérer ». Bref, cette semaine devient un véritable casse-tête pour trouver un créneau où vous pourrez être tous mutuellement disponible plus de 30 minutes et l’apéro hebdomadaire est annulé.

Troisième semaine, c’est l’apothéose. La bonne nouvelle c’est qu’à 21h dimanche, vous vous êtes mis d’accord pour faire une vidéo où vous combinez tous vos messages d’anniversaire pour Léa en plus du fameux apéro surprise que vous planifiez pour vendredi soir. Bémol : entre le mardi de la première semaine et la troisième semaine, tout le monde a décidé qu’il avait « sa » plateforme favorite d’apéro. 

Un peu comme quand vous demandez à un parisien qu’habite dans le 18ème de venir dîner dans le 13ème et qu’il vous répond que c’est trop loin pour lui, là vos potes vous disent que si ce n’est pas un apéro sur Google Hangouts, ce n’est pas pratique pour lui de se joindre à vous. Pardon ? Comment ça ce n’est pas pratique de télécharger une application de plus sur ton téléphone qui a déjà 5 écrans d’applis ? Comment ça ça te soule de te créer un compte de plus alors que tu ne sais même pas ce que régule le RGPD ? Comment ça tu vas nous casser les pieds avec ton Google Hangouts ? Non mais ça y est, trois semaines de confinement et chacun a ses petites habitudes qu’il ne faut pas bousculer. A croire que le confinement ça vous a rendu fragile et inerte aux changements. On se remue, on s’adapte, c’est ça le 21ème siècle !

L’amitié en confinement c’est un peu comme l’amour à distance, pas tous les jours facile à vivre mais ça mérite qu’on se tire les cheveux de temps en temps pour savoir sur quelle plateforme et à quelle heure on se capte cette semaine. Disons qu’on se passerait des épreuves mais qu’on est tellement content au moment des retrouvailles qu’on passe l’éponge. C’est vrai quoi, ça m’a gonflé de devoir comprendre comment marchait Google Hangouts alors que je m’étais déjà adapté à Zoom, Skype, Teams et compagnie mais j’étais tellement contente de voir de nouvelles têtes et de discuter d’autre chose que de ce qu’on va faire à manger ce midi que si c’était à refaire, je le referais.

Monde du sport à l’arrêt : 20 idées de contenus pour engager sa communauté

Nous sommes dans une société de l’instant. Celle où on commente en live une rencontre de basket, celle où on crée un album photo sur Facebook pour partager son voyage, celle où on poste en story Instagram les extraits de notre concert du jeudi soir, celle où on laisse un mauvais avis sur Yelp dès qu’on n’est pas satisfait d’un restaurant… Notre société partage chaque instant, chaque expérience de sa vie sur les médias sociaux. Certains diront que c’est génial, d’autres que c’est dangereux, là n’est pas le débat aujourd’hui.

Prenons donc cette société de l’instant et les événements sportifs. Chaque jour, les comptes de nos équipes et événements sportifs favoris animent leurs communautés à travers des contenus instantanés, inédits, qui plongent le fan au coeur de l’équipe, dans les coulisses, qui lui relatent ce qu’il se passe en temps réel à l’entraînement, dans l’arena, lors de la rencontre ou bien même lors des journées promos… Ou du moins, ils racontaient.

Depuis une quinzaine de jours avec l’arrêt des compétitions et les reports d’événements sportifs un à un, les calendriers éditoriaux sont bousculés. Il n’y a plus d’actions en temps réel à raconter, il n’y a plus de rencontres à couvrir, il n’y a plus de contenus instantanés. Il a fallu tout repenser sans savoir sur combien de semaines ce nouveau calendrier éditorial devait se projeter. Il a fallu réfléchir à quelles histoires raconter, comment faire de la prévention et rappeler les bonnes pratiques sans pour autant oublier d’animer, de divertir, d’engager et d’entretenir le lien avec les fans en cette période inédite.

On l’a vu, les lives Instagram se sont multipliés – d’ailleurs on adore la nouvelle bromance entre Benoît Paire et Stan Wawrinka. Les cours de sport et les tutos « comment s’entretenir à la maison » font fureurs bien que finalement il finit par trop y en avoir et on ne sait plus où donner de la tête. Twitch est plus que jamais au coeur des discussions avec les artistes qui y font des concerts et les sportifs qui ont enfin un peu le temps pour jouer à des jeux vidéos. Bref, ce n’est pas parce qu’on ne peut plus sortir qu’on ne peut plus s’amuser.

A suivre donc, 20 exemples de contenus digitaux bien pensés pour vous inspirer.

1. Fouiller dans les archives pour des posts « On this day… »

Le contenu « On this day » a toujours été très populaire car il plaît aux nostalgiques, permet aux jeunes passionnés de se replonger dans l’histoire de leur club et met en avant des anciennes gloires. Alors que les plannings édito s’allègent, c’est le moment idéal pour éplucher les archives et produire davantage de mise en avant de ce qu’il a pu se passer il y a 5, 10, 15 ans ou plus. Fouiller dans les archives permettra même de constituer des threads, de faire des séries thématiques sur une certaine action ou face à un certain adversaire. C’est grâce à ces archives qu’ils nous restent du contenu sportif à partager alors trouvons l’angle et partageons-le.

2. Organiser des jeux, concours, challenge…

Place au divertissement avec des jeux pour distraire sa communauté. Cela passe par des quizz comme : Connaissez-vous l’histoire de Chelsea ? Avez-vous bien suivi le début de saison de Strasbourg ? ; des jeux concours pour gagner du merchandising, des jeux de société façon Trivial Pursuit au Séville FC ou encore le lancement de challenges pour concurrencer celui des jongles avec un rouleau de papier toilette. Les New York Red Bulls ont lancé le leur et par la même occasion, en ont profité pour promouvoir leur compte TikTok.

3. Miser sur le UGC : User Generated Content

A défaut de pouvoir créer des contenus comme on a l’habitude d’en faire, avec ses athlètes, sur ses événements, il y a aussi la solution d’utiliser le contenu des autres à savoir celui créé par ses fans. C’est facile et c’est une bonne manière de les mettre en avant. Par exemple, manquant de goals à mettre en avant ce mois-ci parce que la saison est suspendue, Manchester City invite ses fans à envoyer des vidéos de leur but dans leur jardin pour tout de même créer une vidéo highlight des buts du mois.

4. Continuer sa saison en ligne

Ce n’est pas parce que les championnats sont suspendus que toutes les équipes ont décidé de mettre en suspens leur calendrier. Du côté des Suns, on honore celui-ci en jouant les matchs prévus sur NBA 2K. Une manière de continuer à donner rendez-vous à ses fans, de les distraire, de créer du contenus, de mettre en avant ses sponsors et d’engager une nouvelle communauté sur Twitch. Leur première rencontre avait d’ailleurs attiré 126K viewers unique. Pareil côté F1, Veloce Esports donne rendez-vous sur Twitch et Youtube chaque dimanche de GP pour suivre la course disputée par des personnes du monde du sport auto mais pas que puisque Thibaut Courtois a aussi pris le départ du GP d’Australie et de Bahreïn. Deux courses qui ont cumulé 4,5M d’impressions sur les médias sociaux à elles deux.

5. Remettre au goût du jour une ancienne campagne

En 2019, les Houston Rockets avaient lancé une opération #FanArtChallenge lors de laquelle les meilleures soumissions avaient été recréées aux abords du Toyota Center donnant vie à une série « From IG to IRL ». Cette fois-ci a priori il n’y aura pas de d’activation terrain associé à cette opération mais la possibilité d’être mis en avant sur le compte Instagram de la franchise.

6. Créer du contenus pour les enfants

Pendant cette période de confinement, il faut certes continuer l’école à la maison mais aussi trouver de nouvelles distractions pour les enfants. On a pu voir pas mal de coloriages fleurir et l’OL a carrément lancé une nouvelle rubrique pour divertir ses jeunes fans. Aux Etats-Unis, l’équipe de baseball des Redsox a même créé un petit livret d’exercices à imprimer pour apprendre de manière toujours ludique.

7. Faire revivre des rencontres avec les fonctionnalités d’aujourd’hui

Quand on y pense les réseaux sociaux c’est plutôt récent dans l’histoire du sport et combien d’événements et de rencontres n’ont pas été partagé sur internet ? Aujourd’hui on peut partager des gifs, inclure des vidéos dans des tweets, commenter des rencontres via Twitch, inclure des sondages pendant une diffusion… Un tas de fonctionnalités qui nous offrent l’opportunité de vivre les matchs d’hier dans les conditions d’aujourd’hui.

8. Faire de la prévention de façon ludique

Dans une situation aussi exceptionnelle, les clubs qui comptabilisent des millions de fans ont bien sûr une responsabilité à engager dans la prévention et la communication des bonnes pratiques à adopter. Beaucoup ont lancé des tutos lavage de mains mais à l’image de ce qu’a proposé Stephen Curry hier sur son compte Instagram, il y a aussi d’autres manières de faire de la prévention. Il a convié le Dr Fauci à répondre en live à ses questions et celles de sa communauté sur le virus et la situation sanitaire actuelle. Une bonne manière de toucher une large audience, d’informer et de rendre accessible des renseignements importants à tous. Même si on partage les bons gestes, rien ne vaut une conversation avec un professionnel de santé pour nous éduquer.

9. Développer une grille de programmes digitaux

Manque de chance pour la MLB, le lancement du championnat n’a pas pu avoir lieu comme prévu et c’est toute la programmation qui se bouscule. Pas grave, celle-ci peut changer et tout de même satisfaire tous les fans en proposant sur ses différents canaux des rencontres et moments forts des précédentes saisons. La majorité des entités sportives ont déjà adopté l’idée et donnent rendez-vous à leurs fans sur Facebook, YouTube, Twitch et autres en fonction de ce qu’ils ont envie de regarder.

10. Prendre des nouvelles de ses athlètes

Puisqu’on nous invite à appeler nos grand-parents, prendre des nouvelles de nos amis et particulièrement ceux qui sont seuls, pourquoi pas aussi appeler les athlètes et prendre de leurs nouvelles. Une conversation intimiste qui nous plonge dans les mêmes conditions que quand on appelle nos amis et qui crée du lien. Au PSG, on appelle les joueuses pour savoir comment vont-elles.

11. Développer une série de contenus homemade

En terme de création de contenus, tous les clubs sont dans la même situation. Alors à moins d’avoir demandé à chacun de ses joueurs d’être confiné avec une équipe de production, fini les caméras et les micros sons, bonjour les vidéos à l’iPhone. Est-ce que c’est grave ? Non. Qui dit période exceptionnelle, dit moyen exceptionnel et s’il faut accepter de baisser un peu ses standards en terme de qualité pour avoir du contenu divertissant, faisons-le. Les Raptors le font très bien et ça donne d’ailleurs un style bien propre à leur série.

12. Prendre l’avis de sa communauté

En manque d’idées ? Demandez à votre communauté ce qu’elle veut voir, vous vous assurerez de ne pas faire de déçus. Demandez-leur quel but ils souhaitent revoir, quel match ils veulent que vous rediffusiez, quel joueur ils aimeraient voir en live, quel inside ils aimeraient découvrir… Bref, donnez-leur la parole et si vous ne pouvez pas accéder à toutes les requêtes, notez-les pour quand vous pourrez créer du contenus dans de meilleures conditions.

13. Proposer des contenus qui ne sont pas « que » sport

Si vous souhaitez comprendre comment vous pouvez faire profiter de votre exposition à des sujets sociaux et sociétaux, le compte twitter de l’AS Roma est une véritable masterclass. Après avoir associé ses annonces mercato à des annonces d’enfants disparus l’été dernier, l’AS Roma a décidé de profiter de sa large communauté pour mettre en lumière le personnel hospitalier italien. Ici et là, il partage des photos de ces soignants. Ils font aussi la promotion de leur programme « Roma Cares » en notifiant leurs initiatives sociales comme d’adresser à leurs abonnés de plus de 75 ans des paquets contenants nourritures, médicaments et masques ou encore de la mise à disposition de produits de santé au corps médical.

14. Promouvoir ses autres plateformes

Si vous avez quelque chose à offrir, un truc en plus, c’est le moment. Les fans sont à la recherche d’exclusivités et d’offres spéciales qui les combleront. C’est ainsi que des compétitions comme la NFL et la NBA ont offert leur Game Pass, que Manchester City a rendu gratuit l’accès à sa chaîne télé et à ses contenus exclusifs en ligne. Cette période est un moment où vous pouvez faire la promotion de toutes vis plateformes en proposant aux fans de découvrir les avantages de celles-ci pour ensuite espérer les convertir lead une fois la période gratuite terminée.

15. Interagir avec les fans mais aussi avec les autres entités sportives

Interagir, répondre aux fans, c’est très important en cette période. Les surprendre même en répondant à des mentions indirectes leur fera toujours plaisir. C’est une très bonne manière de leur montrer que malgré la cessation d’activité, le club continue à les écouter et prendre soin d’eux. C’est aussi une opportunité d’interagir avec d’autres comptes en se lançant dans des parties de puissance 4 ou bataille navale virtuelles ou en les taguant sur des challenges.

16. Communiquer sur l’évolution de la situation pour l’entité

Dans le contexte actuel, la transparence est la clé puisque tout le monde vit la même chose. Du côté du FC Barcelone, l’entité a créé une page pour informer de la situation de toutes ses équipes, expliquer ce qui est mis en place, comment le report de d’autres compétitions les affectent, comment l’entraînement continue à distance… Une transparence qui permet de bien comprendre comment le club vit la situation et tente d’installer de la continuité dans ses activités.

17. Mettre à l’honneur un match ou une sportif

Toujours dans cette logique de se servir de contenus passés à l’heure d’aujourd’hui, on peut créer des temps forts, des journées autour d’un match ou d’un athlète. Du côté des Lakers, ils ont choisi pour chaque match qui était encore au calendrier de la saison de partager les meilleurs moments des précédentes confrontations. Un moyen astucieux d’animer un temps où il y aurait dû avoir un match grâce à ses archives et d’engager sa communauté autour de ses souvenirs. La même chose peut être mis en place si l’anniversaire d’un joueur tombe pendant cette période en partageant ses meilleures actions et ses meilleurs moments sur les réseaux.

18. Mobiliser ses athlètes pour créer du contenu lifestyle

Créer des vidéos de routine sportive ? OK. Créer des vidéos de challenge ? OK. Créer des vidéos pour montrer comment on doit se lever les mains ? OK. Une fois qu’on a fait le tour de ces contenus que tout le monde produit, comment aller plus loin pour créer du lien avec sa communauté tout en engageant les sportifs ? Il faut aller dans le lifestyle et le quotidien de ceux-ci. Quels sont leurs passions en dehors du sport ? Les loisirs créatifs, la cuisine, la mode, l’art, le jardinage… De quoi pourraient-ils parler qui ne parle pas de sport ? Chelsea a décidé de partager les recommandations Netflix de ses joueurs mais on pourrait aussi les lancer sur une recette de cuisine, le partage d’un objet qui leur porte bonheur, leur demander de nous raconter des anecdotes…

19. Animer des Q&A en live

Alors que les athlètes multiplient les live en tant qu’initiative personnelle, cela peut aussi être l’occasion de créer une session Q&A avec un athlète sur le compte de son équipe. Renault F1 Team a l’habitude de proposer des Facebook Live tout au long de la saison avec les pilotes mais aussi les mécaniciens, les pilotes de l’Academy, l’encadrement… C’est donc un concept habituel qu’ils ont adapté à la situation pour prendre la parole en tant que structure.

20. Donner le contrôle de ses comptes à un athlète

Et si on relançait la mode des takeover ? Que ce soit sur Twitter, sur Instagram, sur TikTok ou autre, c’est peut-être le bon moment pour redonner la parole aux athlètes, sans filtre. C’est leur carte blanche, ils peuvent parler, montrer, partager ce qu’ils souhaitent et comme ils le souhaitent. C’est là aussi l’occasion de reprendre la parole sur des comptes équipes pour y partager du contenus que les athlètes peuvent proposer sur leurs réseaux personnels. Encore une fois la logique de proximité et de garder du lien est présente et cela permet de réunir deux communautés sur un compte.


Monde du sport à l’arrêt : 20 idées de contenus pour engager sa communauté

Je crois que ce que je vois

Nous somme le 18 mars. J’entame ma cinquième journée de confinement. Il en reste minimum encore 13.

Bon, ce n’est pas non plus comme si on n’avait pas eu le temps de s’y préparer psychologiquement et que cela ne faisait pas trois semaines qu’il n’y a pas un matin où on se lève sans un nouveau message d’Olivier Véran, d’Edouard Philippe ou d’Emmanuel Macron pour nous rappeler d’être prudent. A partir du moment où les Italiens ont instauré le confinement, il fallait se douter qu’on finirait par faire la même chose et il n’y avait pas besoin d’avoir un oncle ou une cousine qui connaît quelqu’un au Ministère de l’Intérieur pour le deviner.

De mon côté, même si j’ai attendu samedi pour me plonger dans le confinement total (ou presque parce que j’ai un peu triché), j’ai anticipé au maximum. J’ai arrêté de voir ma grand-mère depuis le 7 mars et même si ça me brise le coeur de la savoir seule chez elle, il y a trop de risque que je sois porteuse pour la voir même cinq minutes. Afin d’éviter la ruée dans les magasins comme on le voit ces derniers jours, j’ai fait les courses importantes le 10 (pour le fameux pack de papier toilette) et les dernières courses alimentaires le 12. Puis arrive le drame, le moment où j’ai triché : je suis sortie lundi. Montre en main, ma sortie a duré moins de 30 minutes et j’ai fréquenté 4 personnes mais j’avais une bonne raison : les pollens.

Qui s’est réveillée les yeux rouges, le nez qui coule, avec des éternuments incessants et des difficultés à respirer lundi matin ? C’est bibi. Ces derniers jours ont nous a tellement parlé de ce virus qu’on en oublierait presque que le printemps n’est plus très loin et que les pollens ne vont pas nous laisser tranquille sous prétexte qu’ils ont de la concurrence sur le marché des symptômes emmerdants. Il a donc fallu prendre le taureau par les cornes et refaire le stock de médicaments que je n’avais pas anticipé (j’avais un peu aussi autre chose à faire avec Josette ces deux derniers mois…). Si je glisse aussi que le pollen est revenu c’est pour vous dire de ne pas vous inquiéter si vous présentez ce genre de symptômes, c’est juste que c’est la saison qui veut ça. Comme tous les ans.

On ne va pas se mentir, rester chez soi ce n’est pas très compliqué. Quand il fait un temps apocalyptique parce que les tempêtes Ines, Leon et Dennis font des siennes, personne ne se fait prier pour rester chiller sur son canapé. Le problème c’est que habituellement, c’est nous qui nous restreignons de ne pas sortir. Aujourd’hui, c’est l’Etat qui nous l’interdit et vous savez quoi, je crois que nous, les français, on a beaucoup de mal à accepter qu’on nous donne des ordres. En particulier quand c’est pour nous priver de liberté.

Pourtant ce n’est pas sorcier : on est en guerre. Ce n’est pas moi qui le dit mais Macron. Il l’a même dit 6 fois lundi soir.

G. U. E. R. R. E.

Un mot qui ne donne pas beaucoup de points au Scrabble mais dont les six lettres réunies donnent une définition à la consonance plutôt alarmante et sérieuse. Je ne parle pas d’une partie de Risk mais bien d’une vraie guerre. Une guerre sans armes ni bombes jetées du ciel mais une guerre quand même. D’ailleurs, je pense que c’est le fait qu’il n’y ait aucune manifestation physique de l’idée qu’on se fait d’une guerre comme ont pu nous le raconter nos grand-parents qui rend difficile à faire comprendre aux abrutis qui sortaient dans les parcs dimanche après-midi avec leur nouveau-né que c’est sérieux ce qu’il se passe. Les mêmes qui vous disent « Je crois que ce que je vois » et qui tant qu’ils ne sont pas touchés de près ou de loin par le virus considèrent que « ce n’est rien ». C’est sûr que 167 000 cas dans le monde, c’est rien. Enfin par contre si on transformait ce nombre en euros, alors là on se rendrait compte que c’est beaucoup parce que vous savez bien, tout est une question d’unité… ou de taille. Bref.

De mon côté, ça a été très difficile de faire comprendre à mon frère que le plus gros danger de ce virus c’est qu’il peut être asymptomatique. Là encore, on a du mal à imaginer qu’on peut être malade et en bonne santé. Qu’il peut être bénin pour une personne et grave pour une autre. Que deux personnes de la même famille peuvent réagir au virus de manière différente. Que même si mon frère se sent en pleine forme, il est peut-être infecté et peut transmettre ce virus aux personnes qu’il voit s’il sort et donc aussi aux personnes avec lesquelles il vit (aka moi). Croyez-moi, ce n’est pas simple à lui faire entendre surtout quand Macron fait tout pour éviter de dire le mot « confinement ». J’ai aussi oublié de vous dire que mon frère est hyperactif. Déjà qu’il déborde d’énergie habituellement mais là, c’est encore pire. Il a tellement d’énergie qu’il me fatigue moralement. Je vous assure que c’est possible. Vous voyez les lapins Duracell ? Mon frangin c’est pire, une Une pile électrique à durée de vie illimitée. C’est le genre de personnes qui passe son temps dehors, à faire du sport, qui a besoin de prendre l’air, qui doit être occupé d’une manière ou d’une autre et même si la Playstation ça distrait une heure, ça ne va pas faire le boulot encore 13 jours.

Je disais donc que je comprends que pour certains il est difficile d’enregistrer qu’on est en guerre. On pensait tous que la troisième guerre mondiale serait une résultante d’une action stupide de Donald Trump mais on hésitait encore sur le pays qu’il attaquerait en premier. La Corée du Nord, la Russie, l’Iran… Il y avait de quoi lancer des paris. Que nenni, notre ennemi est un virus et nous sommes dans une configuration de guerre nouvelle où le monde entier s’allie pour se liguer contre le Covid-19. Une guerre bactériologique, manquait plus que ça. Non mais sérieusement, qui va signer le traité d’une armistice dans ce contexte là alors qu’on ne sait même pas exactement contre qui on se bat ? Parce que je vous préviens, le personnel de santé en aura tellement bavé qu’on va ajouter un nouveau jour férié au calendrier pour les célébrer.

Il reste donc minimum 13 jours (car on n’est pas dupe…) et j’ai décidé que si la seule solution pour que je sorte de chez moi afin de ne pas devenir dingue est de me mettre à la course, alors c’est officiel, je sors les baskets ce soir. En plus, ce serait pas mal pour éliminer les deux-trois kilos qui sont en route pour venir se loger dans les fesses parce que qui dit home office dit je manque tout le temps. Grrrr… déjà que je travaille à côté de la cuisine donc je grignote mais le pompon, c’est que je me suis mise à faire des gâteaux. C’est le genre de chose qui ne m’arrive jamais sauf éventuellement quand on fait un anniversaire surprise et que personne ne se propose pour faire un fondant au chocolat ou que les bananes sont en train de pourrir et qu’il ne reste plus qu’à faire un banana bread pour les sauver.

Revenons en à ce confinement, la situation idéale pour que les esprits s’échauffent. Habituellement, c’est quand on parle de religion que les désaccords naissent. Quand quelqu’un qui est athée dit à quelqu’un qui croit en Dieu « bah quoi, tu l’as déjà rencontré Jésus pour croire en son père ? ». J’ose espérer que dans le contexte actuel il ne faut pas en arriver à croiser la route du Covid-19 pour croire qu’il existe car cela pourrait dire qu’il est déjà trop tard pour certains. La situation est sérieuse, on n’est pas dans un épisode de 24h chrono. On ne va pas se réveiller demain avec un nouveau script et Jake Bauer ne va pas nous sauver à 23h59 et 52 secondes.

Oui ça va être long, oui vous pouvez râler mais on est au 21ème siècle et par chance, il existe des centaines de façons de vous distraire ces 13 prochains jours. D’ailleurs, je vous partagerai mes distractions favorites (autre que de faire des gâteaux) demain. Pour vous donner des idées ou alors que vous me donniez les vôtres.

A demain, prenez soin de vous ♥

Le sport que j’aime

D’habitude, quand ça va mal, le remède miracle c’est le sport.

Faire du sport, regarder du sport, aller assister à une rencontre de sport. Quand le moral est à 0 ou qu’une épreuve vient de frapper, le sport a toujours été là pour nous réconforter et nous faire oublier. Cela a été le cas dans la maladie, pendant les guerres ou quand on a été frappé par le terrorisme. Avec le sport, on a toujours été plus fort. Il fut notre échappatoire et c’est avec lui qu’on a combattu nos peurs, nos angoisses et nos tristesses.

Le sport c’est ce meilleur ami qui à chaque instant de la journée peut t’apporter une médaille d’or ou de la frustration, l’envie de danser la Macarena dans l’openspace ou de l’énervement parce ce que ce n’est pas sorcier quand même de cadrer son ballon, bordel! C’est deux sets pour Monfils à 14h, une médaille de Fourcade à 16h, une victoire du PSG à 23h, tout ça pour finir sur une défaite des Knicks à 3h du matin. C’est des hauts et des bas, de l’espoir, de la tension, de l’émotion.

Aujourd’hui, un virus a décidé de contrarier tous nos plans et par la même occasion toutes nos émotions. Celui de faire du sport, donc de ne plus assister et de regarder du sport. Celui de crier à en perdre ses cordes vocales au stade et de se réveiller avec hâte pour découvrir les scores des rencontres NBA de la nuit. Des ligues suspendent leur championnat, des événements se déroulent à huis-clos, d’autres sont reportés. Le sport est en pause forcé par souci de prévention et de plus en plus, de réaction à l’actualité.

Néanmoins puisque le sport est si important, certains ont décidé de défier ces mesures. Pendant que les journaux télévisés passent 25 minutes à nous parler du covid19, il nous reste encore une fois que le sport pour nous changer les idées et nous faire espérer un monde meilleur. Le monde de demain où l’Euro 2020 est une grande fête et où l’équipe de France Olympique bat son record de médailles. Bah quoi, c’est bien les seuls deux événements pour lesquels il nous reste un mince espoir cette année.

On parle de 3000-4000 supporters réunis hier devant le Parc des Princes pour soutenir le PSG par la voix et les feux d’artifices lors de leur rencontre à huis-clos face à Dortmund. On peut se dire qu’ils sont fous, qu’ils prennent un risque et c’est bien vrai mais on peut aussi comprendre que dans cette période où petit à petit nos libertés sont mises en quarantaines, ils avaient besoin de ces 90 minutes d’échappatoire qu’ils anticipaient depuis des semaines. Tout comme les supporters de Valence qui s’étaient massés devant Mestalla mardi soir.

Amoureux du sport, on a compris qu’il fallait vivre au jour le jour. Voir presque heure par heure. Tous les événements sont sous la menace d’une suspension et on ne sait plus quand nous pourrons aller encourager notre équipe, quand nous pourrons vibrer derrière notre télévision, quand nous devrons à nouveau user de cafés pour suivre en live des rencontres sujettes au décalage horaire.

Aucune mesure est prise à la légère car aucun événement sportif est plus important que la santé des athlètes, de l’encadrement, des familles et des fans.

Parfois, quand on s’enflamme un peu trop et qu’on menace de ne plus jamais mettre le pied au Portugal après la finale de l’Euro 2016, on aime nous rappeler que le sport est qu’un jeu. Un jeu qui ne vaut pas la peine de se rendre malade. Je sais, c’est compliqué à admettre pour les fervents supporters et passionnés.

Le sport est qu’un jeu et pourtant, je n’ai pas trouvé un autre loisir qui me fait vivre l’extraordinaire, qui me permet de me retrouver au milieu de 2 millions de personnes sur les Champs-Elysées, d’être mêlée à des personnes d’âges et classes sociales différentes, de voyager dans le monde entier, de me sentir moins seule quand je suis à l’étranger et qu’on attaque ma ville, de me changer les idées après un enterrement, qui me fait m’engueuler avec mes meilleurs potes parce qu’ils sont ignorants et ont choisi de supporter les mauvaises équipes, qui me fait prendre position sur la mixité, la diversité, le handicap mais aussi le racisme.

Vous pouvez chercher, il n’y en a pas deux comme le sport.

Même si ça me fend le coeur et que je me demande bien comment je vais pouvoir occuper mes week-ends, quand j’entendrais à nouveau l’hymne de la Champions League dans un stade et s’il y a une chance que j’enchaîne un nouveau Tour de France cet été, je suis pour qu’on suspende tout, qu’on arrête d’être ridicule en se disant que c’est normal que le championnat de Formule 1 commence ce week-end alors que c’est un événement mondialement itinérant qui fait se déplacer des milliers de personnes, qu’on s’assoie sur des finales s’il faut et qu’on prenne soin de nous plutôt que des comptes en banque des grandes institutions sportives.

Cette fois-ci, et c’est une première, le sport n’est pas le remède à nos maux. Acceptons-le et soyons patient.

Enfin, en attendant ça ne nous empêche pas de faire des soirées pizza-bières autour d’un jeu de société. Il paraît qu’il existe même un Monopoly spécial Coupe du Monde 98…

Guide pratique pour trouver un cadeau pour vos grand-parents

Qui n’a jamais vécu ce moment de panique quand trois jours avant noël ou l’anniversaire de l’un de vos grand-parents vous vous retrouvez les bras ballants, sans cadeau et surtout sans idée ? Il y a comme un air de déjà-vu hein. Ne vous inquiétez pas, c’est à peu près la même chose pour tout le monde.

Etant donné que les dessins et les coeurs en pâte à sel faits à la maternelle ne sont plus des cadeaux adéquats à faire quand vous avez 25 ans, il a fallu que je repense et adopte une nouvelle stratégie quand il s’agit de trouver un cadeau qui fait plaisir. Parce que bien sûr ne comptez pas sur vos grand-parents pour vous aider. Ils vous diront toujours qu’ils ont déjà tout, qu’il faut garder son argent pour faire des économies et que passer du temps ensemble c’est suffisant. Certes mais si quelqu’un se pointait à votre anniversaire sans cadeau, vous serez hyper vexé alors jouons-là safe et trouvons un cadeau.

Deux solutions : soit vous prenez le premier livre en tête de gondole à Carrefour sans avoir lu le dos et ça revient à jeter son argent par la fenêtre, soit vous investissez un peu de temps et vous faites le tour de mes quatre questions.

La première question à se poser qui vous évitera peut-être de chercher quelque chose pendant des heures : m’ont-ils dit qu’ils voulaient quelque chose en particulier ? Franchement, s’ils ont été assez malins pour vous glisser une idée, vous avez plutôt intérêt à la retenir.

Si par malheur, papy et mamie n’ont laissé aucun indice, voici la suite des questions :

– Qu’est-ce que papy et mamie aiment faire ? Lire, jardiner, cuisiner, visiter, jouer au jeu de société… Cela peut vous aider à trouver quelque chose d’utile ou quelque chose qu’ils utiliseront. Si vous avez une mamie un peu coquette, faites lui découvrir des marques que vous aimez bien. Si vous avez un papy bricoleur, demandez lui quel est son prochain projet et de quel outil il aurait besoin.

– De quoi papy et mamie pourraient avoir besoin ? Cela peut être un outil qui leur simplifierait la vie comme par exemple un aspirateur intelligent plutôt que d’utiliser un aspirateur où il faut se baisser pour passer le balai sous les meubles. Ou bien remplacer quelque chose d’un petit peu défectueux. Par contre, n’achetez pas quelque chose dont ils ne comprendront pas l’utilisation, il y a 99% de chance que ça reste dans son carton.

– Qu’est-ce que papy et mamie n’ont pas l’habitude de faire mais qui pourrait leur plaire ? Sur ce coup-là, vous pouvez opter pour la surprise en leur offrant quelque chose qu’ils n’ont pas l’habitude d’utiliser/ne connaissent pas mais qu’ils pourraient apprécier. C’est parfois tout con mais si ils n’ont pas l’habitude de sortir ou sont en maison de retraite, un restaurant fait très bien l’affaire. Bon par contre, allez vous balader aussi, ne faites pas juste un restaurant.

Enfin, ma technique infaillible qui ressort de cette dernière question c’est de faire vivre une expérience. Attention, je n’ai pas dit que j’allais envoyer ma grand-mère sur la lune non plus.

Ma grand-mère va avoir 91 ans et même si il a bien fallu lui offrir un nouveau grille pain un jour et investir dans une tablette tactile, elle ne manque de rien au quotidien. Alors voilà, quand vous cherchez un cadeau pour votre grand-mère, que celle-ci vous demande de ne surtout pas lui offrir quelque chose qui rajouterait du bazar dans sa maison, vous n’avez pas 36 options. J’ai donc décidé d’offrir des cadeaux à ma grand-mère dans un esprit très « millenials » à savoir la recherche d’une expérience qui lui fait vivre un bon moment plutôt que la possession d’objets qui s’entassent déjà dans la cave (pitié, dites moi que vous aussi vos grand-parents ont une cave où on ne pose plus le pied!).

Cela fait trois ans que je fais ça et je ne crois pas l’avoir déçu pour le moment. Bien sûr, cela nécessite que vous connaissiez un minimum vos grand-parents pour leur offrir une expérience qui leur plaira (ce n’est pas un cadeau pour vous hein) et que vous soyez disponible pour vivre ça avec eux (parce que c’est plus sympa et souvent plus pratique d’un point de vue logistique).

Quand je parle d’expériences, je ne vous dis pas d’emmener vos grand-parents en festival, enfin sauf si ils ont la forme d’un jeune adulte mais je ne suis pas certaine que ce soit très approprié. Par exemple, j’emmène ma grand-mère à des spectacles du genre Casse-Noisette ou Le Lac des Cygnes. Dans quelques semaines, on ira voir du patinage artistique car elle adore ça mais ça pourrait aussi faire un cours de cuisine, aller voir une pièce de théâtre, visiter un monument historique ou encore partir en week-end.

Ouch, qu’est-ce que je n’ai pas dit ! Partir en week-end avec ses grand-parents, on a vu plus glamour et festif je sais mais je vous expliquerai un jour pourquoi c’est important de partir en week-end/vacances avec ses grand-parents et surtout comment s’organiser.

Faut dire que si ma grand-mère n’avait pas accepté de m’accompagner à Londres en 2012, je n’aurai jamais pu vivre les Jeux Olympiques alors c’est donnant-donnant. D’ailleurs, je ne veux pas vous spoiler mais si vous me suivez sur Instagram, il est possible que dans les semaines à venir, un nouveau petit voyage des 3 générations soit d’actualité (enfin si le covid-19 se calme)(d’ailleurs j’espère qu’il va se calmer car cette année on ne pourra pas décaler d’un mois comme l’an dernier).

Revenons à nos cadeaux. Si vous avez la chance d’avoir encore vos grand-parents et qu’ils ont assez la forme pour sortir de chez eux, utilisez la technique millenials. Ce qui compte à cet âge-là c’est d’apprécier tous les moments qu’on a, tout ce qu’on peut partager avec les gens qu’on aime alors au lieu d’offrir un livre qui reste sympa mais qui ne créé pas vraiment de souvenirs, vivez quelque chose ensemble.

Soyez curieux de découvrir, partager, expérimenter. Essayez de combiner quelque chose qui vous intéresse tous les deux. Prenez le temps. Bloquez vous une après-midi pour vos grand-parents, vous n’imaginez pas à quel point cela leur fera plaisir parce qu’au final, il n’y a rien de plus important et de plus cher que les rapports humains.

Le meilleur des cadeaux, ce sera toujours le temps que vous passez ensemble.

Dater un « insta famous »

Alors non, même si ce titre le laisse penser, je ne compte pas vous raconter ma vie privée dans laquelle je ne date absolument pas un insta-famous. Par contre, je vais vous raconter ce que ça fait quand d’autres datent des insta-famous (et oui j’utilise le verbe dater parce que j’aime faire des anglicismes).

Si vous avez plus de 25 ans, vous êtes sûrement passé à côté de ce scandale YouTube et vous ne connaissez peut-être même pas l’existence de Gossip YouTube. Comme son nom l’indique, le concept c’est d’être le Gossip Girl du YouTube France et de lâcher des infos bien croustillantes. Parmi celles-ci, les histoires d’amour sont bien évidemment celles que le public attend avec impatience et une certaine youtubeuse en a récemment fait les frais.

Là encore, si vous avez plus de 25 ans, vous ne connaissez peut-être pas Léna Situations et ses fameux « vlog d’août » qui font grimper son nombre d’abonnés tous les étés depuis 3 ans. En résumé, il y a trois ans Léna était étudiante, aujourd’hui toutes les marques se l’arrachent et elle prépare sa troisième collection avec Jennyfer. Alors forcément, la notoriété n’a pas que des avantages et ces derniers mois, elle a malheureusement été cité dans les tweets de Gossip YouTube. D’abord pour une rupture puis, il y a quelques jours, pour balancer le nom de son nouveau copain.

Oubliez tout ce que vous disent les consultants en social media pour faire grimper votre nombre d’abonnés sur instagram, sortez avec un influenceur. Vous allez voir, les chiffres sont bluffants.

Nous sommes le 18 février quand, tard dans la soirée, Léna publie la photo que tous les stalkers attendaient. L’effet est immédiat. En deux jours elle gagne plus de 50 000 followers sur instagram. Alors là vous vous dites « mais comment elle a gagné 8 fois plus de followers que d’habitude en une journée si c’est elle l’influenceuse ? ». Réponse : parce qu’elle sort aussi avec une personnalité bien connue du monde de l’internet, Monsieur Sébastien Frit aka Seblafrite pour ceux qui sont encore bloqués en 2010. Les résultats sont d’ailleurs encore plus fous de son côté, c’est 79 000 followers en plus en deux jours lui qui tourne plutôt entre 1500 et 3000 abonnés par jour en général. 

Impressionant n’est-ce pas ? Finalement, pourquoi on se casse le bourrichon à faire des photos instagrammable, à chercher « the niche » et à faire des preset lightroom quand il suffit juste de dater quelqu’un de connu pour prendre 25 000 followers ?

Non parce que ça ne marche pas qu’avec Léna Situations ce stratagème. 

Prenons la queen de YouTube, Marie Lopez aka Enjoy Phoenix pour ceux qui sont toujours bloqués en 2010.

En juillet dernier, cette dernière publie un vlog dans lequel elle officialise sa relation avec le DJ belge Henri PFR. Le boom se confirme. 25 000 abonnés en plus le mois qui suit et un nombre d’abonnés qui a doublé en 8 mois passant de 84 000 abonnés à plus de 155 000 aujourd’hui. Alors je ne dis pas que cet artiste n’est pas talentueux et que ses récents abonnés ne sont pas des fans qui aiment sa musique, je dis juste qu’il doit y en avoir dans le lot qui sont influencés.

D’ailleurs, en décembre 2015, quand EnjoyPhoenix et Wartek avaient annoncé leur rupture, on avait pu constater que comme tu gagnes des followers en te mettant en couple avec un influenceur, tu en perds quand tu romps. Cette rupture avait coûté 200 000 abonnés en moins à Wartek sur YouTube. Radical !

Et après ça, il y en a encore qui se demande pourquoi certaines personnalités ne veulent pas parler de leur couple, le mettre en avant ou encore le médiatiser. Plutôt simple quand on voit ces chiffres et les conséquences. Vous imaginez le nombre de commentaires et DM en rapport avec leur couple que doivent recevoir ces personnes ? Comment du jour au lendemain des personnes pensent qu’elles peuvent juger et commenter votre relation alors qu’elles ne vous connaissent qu’à travers un écran. Le fait que pour certaines personnes vous existez uniquement à travers votre couple parce que c’est comme ça qu’elles vous ont connu et ne s’intéressent pas du tout à qui vous êtes, vous sans votre moitié. On en arrive même au point où certaines draguent en DM le copain de l’influenceuse dont elles sont fans comme l’avait révélé Camille Callen, aka Noholita après sa rupture avec son précédent ami. 

Mais je sais ça fait des clics et tout le monde est avide de potins.

Moi aussi je suis team Public et Voici sur la plage l’été néanmoins ce que les gens font dans leur lit, je m’en fous royalement. Alors même si ça vend du rêve d’avoir le swipe up en story pour se la péter un petit peu, je vous déconseille de dater un « insta famous » pour gagner des followers. C’est finalement un peu comme ces textos bourrés que vous envoyez le samedi soir en pensant que c’est une bonne idée. Le dimanche au réveil tous les à-côtés néfastes vont vous retomber dessus et vous le regretterez. Enfin après, les drunk texts sont parfois libérateurs alors… Plaît-il !