Vie de déconfinée

Voilà pratiquement une semaine que nous sommes déconfinés et de vous à moi, mes vies de confinée et de déconfinée ont plus de points communs que deux vrais jumeaux qui partagent le même ADN. 

Contrairement à ceux qui ont déjà organisé les apéros, replanifié les rendez-vous loupés ces deux derniers mois ou encore prévu d’être à 9h devant chez Zara lundi matin, je n’avais rien prévu de plus que ce que j’avais l’habitude de faire ces huit dernières semaines. A l’agenda on comptait une sortie pour faire les courses et une autre pour passer à La Poste. Le seul changement a donc été de ne pas à avoir à faire d’attestation de sortie et de porter un masque qui est obligatoire pour entrer dans la plupart des espaces confinés.

On ne va pas tourner autour du pot très longtemps, le masque ça nous protège et il faut le porter (surtout si vous ne voulez pas être regardé de travers par tous les autres individus de notre société) mais ce n’est pas l’objet le plus pratique conçu sur cette Terre. 

Pour commencer, si vous portez des lunettes comme moi, vous avez fait l’expérience de la buée permanente sur vos verres et excepté compatir, je ne peux pas faire grand chose pour vous. Ensuite, vous n’avez pas pu passer à côté de cette impression de suffoquer derrière votre petit bout de tissu à force d’expirer de l’air chaud qui reste dans votre masque et que vous réinspirez continuellement. D’ailleurs si j’ai un peu suivi en SVT, ça veut dire qu’on réinspire le CO2 dont nos cellules essaient de se débarrasser non ? Je vous laisse méditer là-dessus… Enfin, problème de riche je sais bien mais, le Face ID de l’iPhone a perdu toute son utilité. Il faut à présent taper son code or avec de la buée plein les lunettes, pour une fois ça aurait été bien utile de déverrouiller son portable d’un sourire.

Ne me méprenez pas, lister ces défauts n’est pas une raison pour ne pas porter votre masque. C’est un outil indispensable, obligatoire, fondamental, primordial et j’en passe pour protéger les autres et vous ne devriez pas le négliger (en le portant sous votre nez par exemple).

Autre nouveauté de cette semaine que j’avais arrêté d’expérimenter depuis le 11 mars : regarder un match de football. 

Dans un monde sans pandémie il était prévu que je me rende au Parc des Princes hier soir, à l’occasion du dernier match du PSG à domicile cette saison et de la remise du trophée de champions. Mais nous sommes dans un monde avec pandémie alors je me suis rabattue sur la reprise de la Bundesliga et plus spécifiquement, le derby de la Ruhr.

Je ne suis pas là pour donner mon avis sur si c’est prudent ou non de reprendre une compétition sportive néanmoins, croyez-moi, regarder un match de football dans les conditions de notre monde actuel est une expérience surprenante. Au début je pensais ressentir un sentiment de bonheur et de complétude, le même que vous ressentez quand vous retrouvez un être cher mais avant de ressentir cela, il a fallu que je me fasse à l’idée que je regardais un football aseptisé et différent de celui que j’ai l’habitude de mater le dimanche soir.

Les 20 premières minutes, il faut vous familiariser avec l’environnement. Pas de supporters dans les tribunes, les plans sur les remplaçants les montrent éloignés et masqués, pas de poignées de main, un arbitre qui fait à pile ou face en prenant ses précautions… Et puis très vite arrive le premier corner et quand vous voyez tous ces joueurs relativement serrés dans la surface près à sauter pour positionner leur tête, vous vous dites que ça y est, votre football est de retour. En voyant cette scène, vous saute aux yeux le contraste entre l’environnement hors pelouse, surprotégé et veillant au protocole, et l’environnement sur la pelouse, sous protégé avec un football qui reprend tout simplement ses droits. Cela vous fait vous demander si c’est bien utile finalement de faire porter un masque à un joueur remplaçant qui rentrera à la 68ème et qui se retrouvera lui aussi collé aux autres dans cette surface de réparation lors d’un prochain corner. 

Ce qui est rassurant, c’est que votre language des soirs de match retrouve lui aussi sa place comme s’il ne vous avait jamais quitté. Vous voilà à nouveau à râler sur les corners joués à deux, à encourager celui qui ose partir en contre à base de « cours Forrest, cours !», à souffler quand l’arbitre fait le signe de la VAR, à élever la voix pour dire à un joueur d’arrêter de parler à l’arbitre, à presser un joueur de tirer son coup franc… C’est comme le vélo, commenter un match en vous prenant pour Grégoire Margotton ça ne s’oublie pas (même si Grégoire Margotton ne râle pas beaucoup lui).

Il reste quand même une chose qui ne change pas au fil des minutes, qui ne devient pas meilleure avec le temps, c’est le silence. Ces tribunes vides font résonner les consignes des entraîneurs malgré leur masque sur le visage et sont là pour nous rappeler que même si les tacles ont repris, il y a quelque chose qui cloche. Sans chant, sans tifo, sans animation, la dimension spectacle et divertissement propre à ces sports déchaînant les foules s’efface pour laisser place à la triste impression de regarder un match de tennis où la seule réaction tolérée est lorsqu’un point est marqué. Loin de moi l’idée de dire que le tennis est triste à regarder, j’aurai aussi pu prendre l’exemple du billard, juste que si je regarde du football, c’est aussi pour son ambiance et que si je regarde du tennis, c’est surtout pour le coup droit de Nadal parce qu’excepté si je suis au Mutua Open à Madrid, il y a vraiment peu de chance pour que se lance une ola et des acclamations « Rafa, Rafa, Rafa » dans les tribunes du court. Dans le football, l’ambiance et l’animation des tribunes contribuent à 50% de la rencontre à laquelle vous assistez.

C’est bien de voir un peu de football comme c’est bien de pouvoir sortir sans attestation mais ce sera quand même sacrément génial quand on retrouvera des stades de football remplis et qu’on pourra faire ses courses sans masque sur le nez.

D’ici là, prenez soin de vous et sortez couvert.

Leçons de confinement

Après 57 jours de confinement avec ma mère et mon frère, on a décidé de planifier ce soir un débrief de ces 2 mois h24 ensemble. Je l’admets, vivre ensemble n’est pas une nouveauté puisqu’on revit tous les trois depuis septembre mais nos emplois du temps respectifs étant habituellement assez chargés, si on dîne ensemble plus de 3 fois par semaine c’est un exploit. Avant de se mettre tous les trois autour de la table, je me suis dit que j’allais me poser pour faire le point de ces 8 semaines mais surtout de ce début d’année 2020.

Pour la petite histoire, j’ai déménagé de mon 28m2 parisien en septembre dernier pour retrouver les 9m2 de ma chambre chez ma mère. Le plan A c’était de pouvoir rapidement partir à l’étranger après mon précédent contrat de travail mais bien évidemment dans mon plan A il n’y avait pas de petite tumeur au palais pour contrecarrer mes plans. 

Ça me fait penser que, suite à mon post sur les urgences, je ne vous ai jamais présenté Josette (c’est le nom que j’ai donné à ma petite tumeur parce que « tumeur » n’est pas le mot le plus jovial à répéter trois fois par jour alors que Josette…). Peut-être que je vous en parlerai un jour mais bon en gros me débarrasser de Josette m’a occupé pendant 2 mois, m’a fait dépenser 1500 euros (heureusement que l’assurance maladie et la mutuelle existent), m’a donné 2 gros bleus parce que les anesthésistes piquent à côté, m’a fait passer plus de 8h en salle d’attente en cumulé et perdre 3 kilos (que j’ai repris). 

Dans mon plan A, il n’y avait pas non plus de pandémie mondiale et donc partir à l’étranger pour trouver du boulot devait être très simple. Que nenni. Avant même la propagation du Covid-19 dans le monde, Josette avait refroidi mes plans puisque suite à mon opération, j’avais acté qu’il serait plus raisonnable que je reste encore une petite année en France. Juste au cas où je me réveille un matin et que je crache à nouveau du sang. Cet éclair de lucidité m’avait donc remis dans la phase de recherche d’un emploi, ce qui m’a permis de commencer un nouveau travail le 16 mars dernier. 

Quand je dis à mes nouveaux collègues que j’ai commencé le 16 mars, tous me disent à quel point c’est une date originale. C’est sûr qu’au bout de 8 semaines en télétravail je ne sais toujours pas à quoi ressemble mon bureau, si la cantine est bonne et comment est l’ambiance dans l’équipe car si ce n’est les deux cafés digitaux par semaine où on parle principalement des enfants, de la hâte de retourner chez le coiffeur et du fait que personne ne trouve de farine au supermarché, je ne sais pas grand-chose sur eux. Ça va venir, je ne m’inquiète pas… Quand on pourra se retrouver au bureau et se tenir chacun à un coin de la salle de réunion pour respecter les mesures de distanciation sociale.

Je le reconnais, j’ai beaucoup de chance d’avoir pu commencer à travailler dans le contexte actuel. Certains employeurs auraient remis à plus tard l’intégration, d’autres auraient même pu dire que le poste était en danger à cause de la situation financière de l’entreprise. Je suis forcément reconnaissante d’avoir du travail, d’autant plus parce qu’après ces 2 mois où j’ai passé mon temps chez les médecins, j’avais besoin de faire quelque chose qui m’occupe l’esprit. 

Mon confinement n’a donc pas manqué d’activités. Il a fallu que je me concentre sur ce nouvel emploi, que je comprenne comment fonctionne l’équipe, comment fonctionne le service par rapport à l’organisation en France et dans le monde mais surtout que je comprenne de quoi on me parlait car pour ceux qui ont l’habitude de me voir travailler auprès d’événements sportifs, j’ai pris un virage à 180 degrés pour découvrir un nouveau domaine d’activité qui ne m’est a priori pas du tout familier. 

Pourquoi j’ai quitté le sport ? Plusieurs raisons mais la principale était de vouloir ajouter une nouvelle corde à mon arc en sortant de ma zone de confort et en réalisant que je pouvais transposer mes compétences à un autre domaine. C’est un peu pour la même raison que je voulais partir à l’étranger, afin d’avoir une nouvelle expérience qui me permettrait de voir mon travail sous un nouvel angle, influencé par la culture du pays dans lequel j’aurai été et qui m’aurait demandé de m’adapter à ses codes. 

Quitter le sport est un challenge et tous les jours depuis 8 semaines, je me demande si j’ai fait le bon choix. Le premier mois, je me demandais tous les vendredis si j’allais finir par enregistrer la signification des nombreuses abréviations dont on m’assaille. En parallèle, il fallait aussi que je comprenne les contraintes de communication qui sont propres à l’entreprise parce que même si faire de la communication ce n’est pas sorcier, chaque entreprise a sa propre stratégie et il n’est pas possible de transposer à 100% d’une boîte à l’autre ce que tu sais faire comme tu as l’habitude de le faire. 

Mon nouveau travail a occupé mes semaines du lundi au vendredi tandis que mes week-ends, eux, ont été une répétition successive du grand ménage de printemps. Mon frère a décidé qu’il était temps de ranger, de bouger les meubles, de réparer, de remplacer, de fouiller dans les cartons de mon déménagement qui traînaient, de faire de la place, de renforcer son équipement ménager avec un nouvel aspirateur, de jeter… sauf que moi, je n’aime pas ranger. Vraiment, je suis de ceux qui auront toujours mieux à faire que de ranger. Tant qu’il y a une petite place sur mon bureau pour poser mon ordinateur, tout va bien. En plus j’ai un don, celui de toujours trouver ce que je cherche là où les autres considèrent que c’est le bazar. C’est un don rare mais très utile pour contredire les gens alors je l’entretiens.

Dans la liste des choses qui ont également occupé mon confinement il y a faire des gâteaux, gaufres et autres gourmandises que vous compensez en faisant deux fois plus de sport qu’à l’habitude. J’ai remplacé mon trajet en transport où j’écoutais de la musique par du temps calme en lisant, avec mon café le matin, un des nombreux livres qui attendent sur mon bureau. On a décidé de faire le minimum de courses et nous nous sommes lancés dans une mission « vider les placards ». Mes colocataires sont ravis de voir le stock de flocons d’avoine et de lentilles corail diminuer (je ne comprends pas pourquoi). J’ai écumé pas mal des séries Netflix que j’avais mise en favoris et ai maté tous les épisodes d’Hannah Montana sur Disney +. Je n’ai ni regardé de live Twitch, ni fait de cure de sébum. J’ai réappris à partager un repas avec ma mère et mon frère et ce n’était pas gagné.

Oui, venons-en à la vie en communauté. Depuis le début, on s’interroge sur les couples confinés ensemble. En sortiront-ils indemnes ? Vont-ils rester ensemble ou réaliser qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre ? Va-t-il la demander en mariage après l’avoir supporté deux mois ? On pourrait faire la même chose avec les personnes confinées en famille en se demandant si l’une d’elle ne sera pas reniée d’ici la fin du confinement, si ses frères et sœurs lui adresseront toujours la parole, si ses parents n’auront pas changé la serrure durant l’heure où elle sera partie faire les courses. Confiné ou pas, la vie en communauté ce n’est pas tous les jours simples et dans le cas présent, ça nous a mis face à des situations où il a fallu qu’on prenne sur nous sans aller faire un tour et où le plus loin où on pouvait s’isoler était au fond du garage. 

Par chance, je m’entends assez bien avec ma mère et mon frère et même s’il est arrivé que le ton monte, qu’on se chamaille avec mon frère ou qu’une conversation se termine un peu tendue, après 8 semaines de confinement on se parle encore et personne n’a de membre cassé. Je pense que cela est dû au fait qu’on pouvaitchacun s’isoler pour travailler sans sentir qu’on était les uns sur les autres parce que sinon je ne donne pas cher de ma peau, mon frère m’aurait poussé à bout (ou je l’aurai poussé à bout…). On a 3 étages à la maison donc chacun a pris ses quartiers à un étage et on se retrouvait surtout pour manger et faire le ménage. Au cas-où, je précise que je ne vis pas dans un château mais juste dans une maison qui a été pensé en hauteur et pas en largeur. 

La chose sur laquelle on a vraiment dû travailler par contre c’est la planification des repas. Vu qu’habituellement on dîne ensemble trois fois par semaine, chacun mange ce qu’il veut car on n’a pas du tout le même régime alimentaire mais là, quand vous avez une heure pour déjeuner entre deux réunions, pas possible de faire trois repas différents en même temps dans la même cuisine. On a donc adopté la stratégie du « on mange la même chose le midi, on fait chacun son assiette le soir » car sinon, à force de manger des gnocchi un soir sur deux comme mon frangin depuis 8 semaines, ce n’est pas 2,5 kilos que j’aurai pris comme la moyenne des français mais 6.

Enfin, pour finir, je ne vais pas vous cacher qu’il y a eu plus d’un mental breakdown. Étrangement je n’ai pas pleuré mais mi-avril, il y a eu ce moment où j’ai réalisé qu’on n’était pas près de se débarrasser de ce virus et que la vie que j’ai l’habitude de mener allait devoir faire plus d’une concession à l’avenir. Je suis ce genre de personnes qui planifie des mois à l’avance ce qu’elle va faire, qui prend des places de concert pour dans un an et qui sait en janvier les week-ends de juillet et août où elle sera absente. Mes amis se plaignent que je suis toujours occupée mais c’est comme ça que je régis ma vie, en planifiant, or là, impossible de planifier quoi que ce soit. Est arrivée cette impression de ne pas en voir la fin, de stagner dans ma vie alors que je l’avais déjà mis entre parenthèses pendant deux mois avant que ce virus nous bloque tous chez nous. Réaliser également que je venais peut-être de louper les dernières vacances où on aurait pu partir avec ma grand-mère m’a mis un coup un moral car comme bon nombre d’entre nous, notre voyage prévu à Pâques est passé à la trappe. 

Depuis 2 mois, ma vie qui a l’habitude d’être une succession permanente d’expériences se trouve enfermée dans une routine qu’elle s’efforçait de fuir. D’un côté mon porte-monnaie a apprécié ce calme, de l’autre rayer jour après jour les concerts, matchs, avions, brunchs et autres verres prévus n’ont fait qu’accentuer le fait que ce qu’on vivait n’était pas commun. Par le passé et très récemment même, quand notre vie a été frappé par le terrorisme, c’est justement ces expériences, ces restos, ces rencontres qui nous ont permis de faire face à l’adversité, la peur, la douleur. 

Avant, on luttait ensemble. Aujourd’hui, pour lutter ensemble, on nous demande d’abord de lutter seul. Et c’est en luttant seul qu’on a par la même occasion réappris à faire davantage attention aux autres en étant moins rivé sur son téléphone quand on est dehors pour vérifier qu’on respecte la distance avec les personnes qu’on croise, en appelant plus régulièrement des personnes à qui on donne des nouvelles tous les trimestres, en se rappelant que de derrière son bureau on n’est pas plus utile qu’une aide-soignante, en redécouvrant la signification du mot solidarité. Est-ce que ces bons comportements dureront dans la vie de demain déconfinée ? J’en doute et pourtant de ces huit semaines, de ces prises de conscience, de cette adaptation, il y a plus d’une leçon à retenir pour nous aider à construire un monde meilleur. La première d’ailleurs c’est que même si se laver les mains 15 fois par jour assèche terriblement la peau, si ça peut nous éviter de tomber de malade, on continuera. 

Les limites du télétravail

Après un mois de télétravail contraint par la force des choses, il est temps qu’on mette les pieds dans le plat. Avant de vous poster cet article, je me suis demandée si j’allais y venir, si j’avais le droit de me plaindre (parce que bien sûr c’est de ça dont il est question) alors que j’ai la chance de pouvoir faire du télétravail quand d’autres sont en caisse, dans des camions ou en première ligne à l’hôpital. Je me suis demandée aussi si ce n’était pas mal venu par rapport aux personnes qui sont au chômage partiel. J’ai donc réfléchi et puis j’ai fini par me dire que si, j’allais bien écrire cet article sur le télétravail qui au bout de 4 semaines commence à montrer ses limites et défoncer la barrière vie pro / vie perso qui en temps normal nous permet de rester sain d’esprit et d’avoir un équilibre.

En temps normal je suis plutôt pro-télétravail. Je fais partie de ceux qui apprécient une journée par semaine de pouvoir gagner une heure de sommeil en évitant le temps de transports et de ne pas être dérangé par les questions de mes collègues qui m’interrompent tous les quarts d’heure au point où je dois fuir dans une bulle (vous savez ces mini salles de réunion dans les open space) en prétextant un call pour finir la mise à jour du médiaplanning. Non vraiment, avec le télétravail je n’ai pas l’impression de me couper du monde mais bien d’avoir du temps au calme, celui qui est devenu difficile à trouver à l’heure où on travaille dans le brouhaha incessant des plateaux où on est 60 pour 45 places assises. 

Autre avantage du télétravail : la productivité. On ne va pas se mentir, en général on fait moins d’heures quand on travaille à la maison mais on est tout autant productif, voir plus, que si on était au bureau. Avec un 9h30-12h30 puis 14h-17h, on a fait tout ce qu’on avait sur sa to do list et avancé sur des projets qu’on ne soupçonnait pas. C’est aussi un bon moyen d’organiser son temps en fonction de ses heures de productivité. Il y a des gens qui ne sont pas du matin mais qui peuvent faire un 13h-19h tout aussi réussi. L’avantage du télétravail c’est bien de pouvoir s’organiser comme on veut et sortir des doctrines qui disent qu’il faut travailler 7h par jour, à un bureau et que les horaires normaux c’est 9h-17h avec une heure de pause déjeuner. 

Alors quand le confinement est arrivé et qu’on nous a dit qu’on passait au télétravail, je ne me suis pas méfiée. Je me suis dit que j’avais l’habitude et que je gérais plutôt bien. Après tout, je viens de passer neuf mois à faire un diplôme par correspondance à passer 5 heures de mes samedis à écrire des dissertations donc éviter les distractions et rester concentrée, je sais faire. Ça a été le cas la première semaine. On était sur des horaires classiques et une quantité de travail qui elle dépendait des mesures de crise qu’il fallait prendre mais rien d’envahissant. Il y a eu un café webcam et est arrivé le week-end.

Fin de deuxième semaine, le virage à 90 degrés est arrivé. Vous vous rendez compte qu’il n’y a plus de frontière entre la vie pro et la vie perso car votre bureau a migré dans la salle à manger et vous n’avez pas d’échappatoire quand vous avez un problème avec un collègue. Vous ne pouvez pas prendre l’air et surtout, vous allez constamment y penser car dès que vous allez être dans votre salle à manger vous allez vous rappeler de cette engueulade. Votre bureau est à présent littéralement chez vous et vous passez vos nerfs sur votre ami comme s’il était responsable de vos problèmes pro alors qu’il ne comprend pas la moitié de ce que vous faites dans votre travail. La frontière est tombée, vous n’avez plus de chez vous. Votre maison est devenue la bulle de votre open space où vous vous échappiez pour être au calme, votre maison est devenue une salle de plus dans votre vie pro.

Alors ça aurait pu s’arrêter là mais non. La troisième semaine a accentué les choses avec ces collègues qui vous demandent systématiquement de mettre la webcam. Ce n’est pas que je n’ai pas envie de mettre tous les jours ma webcam parce que je suis à peine coiffée et surtout pas maquillée, c’est juste que c’est mon chez moi et je n’ai pas tout le temps envie de faire entrer les gens chez moi, spécialement ceux avec qui je n’ai pas d’affinités particulières. Arrêtez-moi si je me trompe mais nos chez nous, c’est un endroit à nous, personnel, où on peut justement inviter qui on veut si on le veut. C’est un peu la seule chose qui nous appartient où on peut faire ce qu’on veut. Là je me retrouve à devoir inviter des gens que je ne veux pas quand je ne veux pas sous prétexte qu’eux s’en moquent et que ça fait très rabat-joie de ne pas mettre sa webcam. Non parce qu’on est d’accord, si vous mettez la webcam vous n’allez pas louper la remarque sur la déco. Perso, au bout de trois semaines je connais les moindres recoins (sauf les toilettes et la chambre) des apparts de mes collègues. Ce n’est pas que je n’en ai rien à faire (enfin un peu), juste que ça ne me serait pas venu à l’esprit de leur demander si leur cuisine était exposée est ou ouest ou bien s’ils avaient un balcon.

Rassurez-vous, je n’étais pas arrivée au bout de mes peines après cette histoire de webcam. Quatrième semaine, ce fut la débandade. Il est devenu commun voir normal de mettre des réunions à 18h qui durent minimum une heure parce que dans l’esprit de certaines personnes on n’a pas mieux à faire que de bosser puisqu’on ne peut pas sortir de chez soi. Alors détrompez-vous, j’essaye de garder un semblant de vie sociale en téléphonant à mes proches, je continue de préparer à manger, je fais une séance de sport (la même que quand je pars à 18h du bureau pour être au sport à 19h), je lis, je déconnecte. C’est comme cette amie qui me racontait qu’un de ses collègues l’avait appelé à 19h30 (elle a bien évidemment pas décroché) et que le lendemain, il lui avait reproché de ne pas l’avoir rappelé. Alors oui désolée à 19h30 ma journée de travail est terminée et je fais autre chose parce que j’ai une vie et que ce n’est pas parce que je bosse depuis la maison que je suis h24 derrière mes mails.

Quatrième semaine, on a atteint la limite de l’acceptable dans ce télétravail confiné. Les gens ont oublié qu’il y a un temps pour le travail et un temps pour le reste et s’ils pouvaient même vous déranger le week-end, ils le feraient. Alors désolée mais moi je n’ai pas signé pour ça. Comme tout le monde, je subis ce confinement mais ce n’est pas pour autant que j’ai décidé d’oublier qui j’étais pour devenir un robot. Je ne peux pas faire que travailler. Je ne peux pas faire 5h de conf call par jour parce que sinon j’attrape des migraines. Je ne peux pas répondre à mes mails jusqu’à 20h. Je ne peux pas faire des apéros avec mes collègues tous les vendredis. Et vous savez quoi, je ne le veux pas non plus. 

Je ne le veux pas car je refuse que ce confinement tourne uniquement autour du travail. Scoop : ce confinement doit surtout tourner autour du bien être parce que ce qu’on vit est inédit et pas facile et se noyer dans le travail n’est pas la solution pour renier la réalité ou la solitude. Ceux qui adoptent cette technique vont sortir lessiver et épuiser de cette période or on ne sait pas combien de temps ça va durer. C’est une course dont on ne connaît pas encore l’arrivée et au lieu de s’élancer à toute vitesse il faudrait peut-être maîtriser notre essence, juste pour être sûr de pouvoir franchir la ligne d’arrivée sans avoir les pneus raplapla. 

En temps normal le télétravail a pas mal d’avantages mais ces dernières semaines nous ont montré ses limites : une vie pro et une vie perso qui se mélangent, une sur sollicitation par ses collègues, des journées qui s’éternisent, une fatigue mentale et morale… Avant que nos nerfs craquent, je crois qu’il serait temps de prendre un peu de recul et de ne pas appliquer à ce télétravail les règles habituelles mais bien celles de notre vie de bureau, des 7 à 8 heures quotidiennes et des after work si et seulement si on en a envie.

Prenez soin de vous, ménagez-vous, la course n’est pas finie et vous allez avoir besoin d’énergie.

Amitiés confinées

On parle beaucoup de l’amour en confinement. De comment bien vivre le confinement enfermé avec son mec de 3 ans (ou deux semaines) dans un appartement de 28m2. De comment entretenir la flamme dans une relation à distance. De comment nourrir des discussions alors que tout ce qu’on fait dans sa journée c’est bosser, faire à manger et mater Netflix. De comment continuer à être en couple quand on a surtout l’impression d’être des colocataires avec l’extension et plus si affinité des Sims. Plot twist : il n’y a pas que les relations amoureuses à entretenir, il y a aussi les relations amicales.

Même si vous êtes confinés avec des personnes que vous adorez, à un moment ce n’est pas contre elles mais vous avez besoin de voir autre chose. Dans ce cas-là précisément de voir la tête de quelqu’un d’autre. Dans un monde sans pandémie, dans la vie de tous les jours, notre vie sociale n’est pas monotone. On voit des gens dans les transports, on voit ses collègues, on discute cinq minutes avec la boulangère, on dîne avec ses amis. Et le lendemain on voit d’autres amis, d’autres collègues et à la place de la boulangère, c’est avec le primeur qu’on discute. Dans un monde sans pandémie, on ne manque pas de visages croisés et de discussions parcourues.

A l’heure actuelle, si on a la chance de ne pas être confiné tout seul, on voit chaque jour les mêmes visages (exception faite quand on s’improvise coiffeur ou qu’on a décidé de se maquiller). C’est un peu monotone et c’est là que les amis sont appelés à la rescousse. On pourrait penser qu’il suffit d’échanger des textos, de s’envoyer quelques vocaux ici et là ou bien de s’appeler toutes les trois semaines pour entretenir des amitiés qui datent du lycée mais que nenni. Il faut bien plus.

C’est comme avec votre mec, ce n’est pas parce que ça fait 4 ans que vous êtes ensembles et que les bases sont solides, qu’un texto le matin et le soir vont suffire à faire tenir votre couple. Mettez-y du vôtre mais attention parce que ça demande plus d’énergies qu’on y pense… Genre vraiment, c’est du sport.

Pendant la première semaine du confinement, si vous vouliez instaurer un apéro virtuel avec vos copains c’était plutôt simple. Pour le lieu de rendez-vous, on était en plein boom de « Houseparty » ou bien pour les plus puristes, on restait sur une valeur sûre avec Skype. Les agendas étaient assez flexibles, pas de cours de yoga via Zoom ni d’ateliers cuisine en Instagram Live. On avait pléthore de créneaux à notre disposition.

Arrive la deuxième semaine du confinement et ça commence à se compliquer. Déjà il faut s’organiser pour faire quelque chose pour l’anniversaire de votre copine Léa qui va passer son confinement seule chez elle. Vous créez donc une nouvelle conversation Whatsapp qui vient s’ajouter aux dix autres dans lesquelles vous avez été ajouté depuis le début du confinement et alors que la création de ce groupe était de base pour trouver une idée de cadeau/vidéo/attention pour l’anniversaire de Léa, il se retrouve très vite devenir être une succession d’envoi de memes spécial confinement qu’on se transfère de groupe en groupe. 

L’anniversaire de Léa n’avance pas et les apéros que vous souhaitez organiser non plus. La raison cette semaine : agenda trop chargé. On a beau tous être chez nous avec beaucoup moins d’activités planifiées et de transports qu’à l’habitude, on n’a pas pour autant une soirée pour nous. Il faut dire que ça y est, les cours de sport sur Zoom sont devenus indispensables pour survivre au confinement alors que d’habitude on fuit toute activité qui pourrait nous faire suer. A défaut de faire des apéros, certains préfèrent faire la cuisine en visio (au secours) et je ne vous parle pas de ceux qui préfèrent mater Paire et Wawrinka prendre l’apéro ensemble que de faire un apéro avec leurs propres potes (même si Paire et Wawrinka sont très drôles). Il y a aussi ceux qui ont déjà planifié les apéros avec les collègues, les cousins et les copains de vacances et qui vous disent de prendre rendez-vous pour la semaine prochaine car cette semaine « c’est compliqué de me libérer ». Bref, cette semaine devient un véritable casse-tête pour trouver un créneau où vous pourrez être tous mutuellement disponible plus de 30 minutes et l’apéro hebdomadaire est annulé.

Troisième semaine, c’est l’apothéose. La bonne nouvelle c’est qu’à 21h dimanche, vous vous êtes mis d’accord pour faire une vidéo où vous combinez tous vos messages d’anniversaire pour Léa en plus du fameux apéro surprise que vous planifiez pour vendredi soir. Bémol : entre le mardi de la première semaine et la troisième semaine, tout le monde a décidé qu’il avait « sa » plateforme favorite d’apéro. 

Un peu comme quand vous demandez à un parisien qu’habite dans le 18ème de venir dîner dans le 13ème et qu’il vous répond que c’est trop loin pour lui, là vos potes vous disent que si ce n’est pas un apéro sur Google Hangouts, ce n’est pas pratique pour lui de se joindre à vous. Pardon ? Comment ça ce n’est pas pratique de télécharger une application de plus sur ton téléphone qui a déjà 5 écrans d’applis ? Comment ça ça te soule de te créer un compte de plus alors que tu ne sais même pas ce que régule le RGPD ? Comment ça tu vas nous casser les pieds avec ton Google Hangouts ? Non mais ça y est, trois semaines de confinement et chacun a ses petites habitudes qu’il ne faut pas bousculer. A croire que le confinement ça vous a rendu fragile et inerte aux changements. On se remue, on s’adapte, c’est ça le 21ème siècle !

L’amitié en confinement c’est un peu comme l’amour à distance, pas tous les jours facile à vivre mais ça mérite qu’on se tire les cheveux de temps en temps pour savoir sur quelle plateforme et à quelle heure on se capte cette semaine. Disons qu’on se passerait des épreuves mais qu’on est tellement content au moment des retrouvailles qu’on passe l’éponge. C’est vrai quoi, ça m’a gonflé de devoir comprendre comment marchait Google Hangouts alors que je m’étais déjà adapté à Zoom, Skype, Teams et compagnie mais j’étais tellement contente de voir de nouvelles têtes et de discuter d’autre chose que de ce qu’on va faire à manger ce midi que si c’était à refaire, je le referais.

Je crois que ce que je vois

Nous somme le 18 mars. J’entame ma cinquième journée de confinement. Il en reste minimum encore 13.

Bon, ce n’est pas non plus comme si on n’avait pas eu le temps de s’y préparer psychologiquement et que cela ne faisait pas trois semaines qu’il n’y a pas un matin où on se lève sans un nouveau message d’Olivier Véran, d’Edouard Philippe ou d’Emmanuel Macron pour nous rappeler d’être prudent. A partir du moment où les Italiens ont instauré le confinement, il fallait se douter qu’on finirait par faire la même chose et il n’y avait pas besoin d’avoir un oncle ou une cousine qui connaît quelqu’un au Ministère de l’Intérieur pour le deviner.

De mon côté, même si j’ai attendu samedi pour me plonger dans le confinement total (ou presque parce que j’ai un peu triché), j’ai anticipé au maximum. J’ai arrêté de voir ma grand-mère depuis le 7 mars et même si ça me brise le coeur de la savoir seule chez elle, il y a trop de risque que je sois porteuse pour la voir même cinq minutes. Afin d’éviter la ruée dans les magasins comme on le voit ces derniers jours, j’ai fait les courses importantes le 10 (pour le fameux pack de papier toilette) et les dernières courses alimentaires le 12. Puis arrive le drame, le moment où j’ai triché : je suis sortie lundi. Montre en main, ma sortie a duré moins de 30 minutes et j’ai fréquenté 4 personnes mais j’avais une bonne raison : les pollens.

Qui s’est réveillée les yeux rouges, le nez qui coule, avec des éternuments incessants et des difficultés à respirer lundi matin ? C’est bibi. Ces derniers jours ont nous a tellement parlé de ce virus qu’on en oublierait presque que le printemps n’est plus très loin et que les pollens ne vont pas nous laisser tranquille sous prétexte qu’ils ont de la concurrence sur le marché des symptômes emmerdants. Il a donc fallu prendre le taureau par les cornes et refaire le stock de médicaments que je n’avais pas anticipé (j’avais un peu aussi autre chose à faire avec Josette ces deux derniers mois…). Si je glisse aussi que le pollen est revenu c’est pour vous dire de ne pas vous inquiéter si vous présentez ce genre de symptômes, c’est juste que c’est la saison qui veut ça. Comme tous les ans.

On ne va pas se mentir, rester chez soi ce n’est pas très compliqué. Quand il fait un temps apocalyptique parce que les tempêtes Ines, Leon et Dennis font des siennes, personne ne se fait prier pour rester chiller sur son canapé. Le problème c’est que habituellement, c’est nous qui nous restreignons de ne pas sortir. Aujourd’hui, c’est l’Etat qui nous l’interdit et vous savez quoi, je crois que nous, les français, on a beaucoup de mal à accepter qu’on nous donne des ordres. En particulier quand c’est pour nous priver de liberté.

Pourtant ce n’est pas sorcier : on est en guerre. Ce n’est pas moi qui le dit mais Macron. Il l’a même dit 6 fois lundi soir.

G. U. E. R. R. E.

Un mot qui ne donne pas beaucoup de points au Scrabble mais dont les six lettres réunies donnent une définition à la consonance plutôt alarmante et sérieuse. Je ne parle pas d’une partie de Risk mais bien d’une vraie guerre. Une guerre sans armes ni bombes jetées du ciel mais une guerre quand même. D’ailleurs, je pense que c’est le fait qu’il n’y ait aucune manifestation physique de l’idée qu’on se fait d’une guerre comme ont pu nous le raconter nos grand-parents qui rend difficile à faire comprendre aux abrutis qui sortaient dans les parcs dimanche après-midi avec leur nouveau-né que c’est sérieux ce qu’il se passe. Les mêmes qui vous disent « Je crois que ce que je vois » et qui tant qu’ils ne sont pas touchés de près ou de loin par le virus considèrent que « ce n’est rien ». C’est sûr que 167 000 cas dans le monde, c’est rien. Enfin par contre si on transformait ce nombre en euros, alors là on se rendrait compte que c’est beaucoup parce que vous savez bien, tout est une question d’unité… ou de taille. Bref.

De mon côté, ça a été très difficile de faire comprendre à mon frère que le plus gros danger de ce virus c’est qu’il peut être asymptomatique. Là encore, on a du mal à imaginer qu’on peut être malade et en bonne santé. Qu’il peut être bénin pour une personne et grave pour une autre. Que deux personnes de la même famille peuvent réagir au virus de manière différente. Que même si mon frère se sent en pleine forme, il est peut-être infecté et peut transmettre ce virus aux personnes qu’il voit s’il sort et donc aussi aux personnes avec lesquelles il vit (aka moi). Croyez-moi, ce n’est pas simple à lui faire entendre surtout quand Macron fait tout pour éviter de dire le mot « confinement ». J’ai aussi oublié de vous dire que mon frère est hyperactif. Déjà qu’il déborde d’énergie habituellement mais là, c’est encore pire. Il a tellement d’énergie qu’il me fatigue moralement. Je vous assure que c’est possible. Vous voyez les lapins Duracell ? Mon frangin c’est pire, une Une pile électrique à durée de vie illimitée. C’est le genre de personnes qui passe son temps dehors, à faire du sport, qui a besoin de prendre l’air, qui doit être occupé d’une manière ou d’une autre et même si la Playstation ça distrait une heure, ça ne va pas faire le boulot encore 13 jours.

Je disais donc que je comprends que pour certains il est difficile d’enregistrer qu’on est en guerre. On pensait tous que la troisième guerre mondiale serait une résultante d’une action stupide de Donald Trump mais on hésitait encore sur le pays qu’il attaquerait en premier. La Corée du Nord, la Russie, l’Iran… Il y avait de quoi lancer des paris. Que nenni, notre ennemi est un virus et nous sommes dans une configuration de guerre nouvelle où le monde entier s’allie pour se liguer contre le Covid-19. Une guerre bactériologique, manquait plus que ça. Non mais sérieusement, qui va signer le traité d’une armistice dans ce contexte là alors qu’on ne sait même pas exactement contre qui on se bat ? Parce que je vous préviens, le personnel de santé en aura tellement bavé qu’on va ajouter un nouveau jour férié au calendrier pour les célébrer.

Il reste donc minimum 13 jours (car on n’est pas dupe…) et j’ai décidé que si la seule solution pour que je sorte de chez moi afin de ne pas devenir dingue est de me mettre à la course, alors c’est officiel, je sors les baskets ce soir. En plus, ce serait pas mal pour éliminer les deux-trois kilos qui sont en route pour venir se loger dans les fesses parce que qui dit home office dit je manque tout le temps. Grrrr… déjà que je travaille à côté de la cuisine donc je grignote mais le pompon, c’est que je me suis mise à faire des gâteaux. C’est le genre de chose qui ne m’arrive jamais sauf éventuellement quand on fait un anniversaire surprise et que personne ne se propose pour faire un fondant au chocolat ou que les bananes sont en train de pourrir et qu’il ne reste plus qu’à faire un banana bread pour les sauver.

Revenons en à ce confinement, la situation idéale pour que les esprits s’échauffent. Habituellement, c’est quand on parle de religion que les désaccords naissent. Quand quelqu’un qui est athée dit à quelqu’un qui croit en Dieu « bah quoi, tu l’as déjà rencontré Jésus pour croire en son père ? ». J’ose espérer que dans le contexte actuel il ne faut pas en arriver à croiser la route du Covid-19 pour croire qu’il existe car cela pourrait dire qu’il est déjà trop tard pour certains. La situation est sérieuse, on n’est pas dans un épisode de 24h chrono. On ne va pas se réveiller demain avec un nouveau script et Jake Bauer ne va pas nous sauver à 23h59 et 52 secondes.

Oui ça va être long, oui vous pouvez râler mais on est au 21ème siècle et par chance, il existe des centaines de façons de vous distraire ces 13 prochains jours. D’ailleurs, je vous partagerai mes distractions favorites (autre que de faire des gâteaux) demain. Pour vous donner des idées ou alors que vous me donniez les vôtres.

A demain, prenez soin de vous ♥

Guide pratique pour trouver un cadeau pour vos grand-parents

Qui n’a jamais vécu ce moment de panique quand trois jours avant noël ou l’anniversaire de l’un de vos grand-parents vous vous retrouvez les bras ballants, sans cadeau et surtout sans idée ? Il y a comme un air de déjà-vu hein. Ne vous inquiétez pas, c’est à peu près la même chose pour tout le monde.

Etant donné que les dessins et les coeurs en pâte à sel faits à la maternelle ne sont plus des cadeaux adéquats à faire quand vous avez 25 ans, il a fallu que je repense et adopte une nouvelle stratégie quand il s’agit de trouver un cadeau qui fait plaisir. Parce que bien sûr ne comptez pas sur vos grand-parents pour vous aider. Ils vous diront toujours qu’ils ont déjà tout, qu’il faut garder son argent pour faire des économies et que passer du temps ensemble c’est suffisant. Certes mais si quelqu’un se pointait à votre anniversaire sans cadeau, vous serez hyper vexé alors jouons-là safe et trouvons un cadeau.

Deux solutions : soit vous prenez le premier livre en tête de gondole à Carrefour sans avoir lu le dos et ça revient à jeter son argent par la fenêtre, soit vous investissez un peu de temps et vous faites le tour de mes quatre questions.

La première question à se poser qui vous évitera peut-être de chercher quelque chose pendant des heures : m’ont-ils dit qu’ils voulaient quelque chose en particulier ? Franchement, s’ils ont été assez malins pour vous glisser une idée, vous avez plutôt intérêt à la retenir.

Si par malheur, papy et mamie n’ont laissé aucun indice, voici la suite des questions :

– Qu’est-ce que papy et mamie aiment faire ? Lire, jardiner, cuisiner, visiter, jouer au jeu de société… Cela peut vous aider à trouver quelque chose d’utile ou quelque chose qu’ils utiliseront. Si vous avez une mamie un peu coquette, faites lui découvrir des marques que vous aimez bien. Si vous avez un papy bricoleur, demandez lui quel est son prochain projet et de quel outil il aurait besoin.

– De quoi papy et mamie pourraient avoir besoin ? Cela peut être un outil qui leur simplifierait la vie comme par exemple un aspirateur intelligent plutôt que d’utiliser un aspirateur où il faut se baisser pour passer le balai sous les meubles. Ou bien remplacer quelque chose d’un petit peu défectueux. Par contre, n’achetez pas quelque chose dont ils ne comprendront pas l’utilisation, il y a 99% de chance que ça reste dans son carton.

– Qu’est-ce que papy et mamie n’ont pas l’habitude de faire mais qui pourrait leur plaire ? Sur ce coup-là, vous pouvez opter pour la surprise en leur offrant quelque chose qu’ils n’ont pas l’habitude d’utiliser/ne connaissent pas mais qu’ils pourraient apprécier. C’est parfois tout con mais si ils n’ont pas l’habitude de sortir ou sont en maison de retraite, un restaurant fait très bien l’affaire. Bon par contre, allez vous balader aussi, ne faites pas juste un restaurant.

Enfin, ma technique infaillible qui ressort de cette dernière question c’est de faire vivre une expérience. Attention, je n’ai pas dit que j’allais envoyer ma grand-mère sur la lune non plus.

Ma grand-mère va avoir 91 ans et même si il a bien fallu lui offrir un nouveau grille pain un jour et investir dans une tablette tactile, elle ne manque de rien au quotidien. Alors voilà, quand vous cherchez un cadeau pour votre grand-mère, que celle-ci vous demande de ne surtout pas lui offrir quelque chose qui rajouterait du bazar dans sa maison, vous n’avez pas 36 options. J’ai donc décidé d’offrir des cadeaux à ma grand-mère dans un esprit très « millenials » à savoir la recherche d’une expérience qui lui fait vivre un bon moment plutôt que la possession d’objets qui s’entassent déjà dans la cave (pitié, dites moi que vous aussi vos grand-parents ont une cave où on ne pose plus le pied!).

Cela fait trois ans que je fais ça et je ne crois pas l’avoir déçu pour le moment. Bien sûr, cela nécessite que vous connaissiez un minimum vos grand-parents pour leur offrir une expérience qui leur plaira (ce n’est pas un cadeau pour vous hein) et que vous soyez disponible pour vivre ça avec eux (parce que c’est plus sympa et souvent plus pratique d’un point de vue logistique).

Quand je parle d’expériences, je ne vous dis pas d’emmener vos grand-parents en festival, enfin sauf si ils ont la forme d’un jeune adulte mais je ne suis pas certaine que ce soit très approprié. Par exemple, j’emmène ma grand-mère à des spectacles du genre Casse-Noisette ou Le Lac des Cygnes. Dans quelques semaines, on ira voir du patinage artistique car elle adore ça mais ça pourrait aussi faire un cours de cuisine, aller voir une pièce de théâtre, visiter un monument historique ou encore partir en week-end.

Ouch, qu’est-ce que je n’ai pas dit ! Partir en week-end avec ses grand-parents, on a vu plus glamour et festif je sais mais je vous expliquerai un jour pourquoi c’est important de partir en week-end/vacances avec ses grand-parents et surtout comment s’organiser.

Faut dire que si ma grand-mère n’avait pas accepté de m’accompagner à Londres en 2012, je n’aurai jamais pu vivre les Jeux Olympiques alors c’est donnant-donnant. D’ailleurs, je ne veux pas vous spoiler mais si vous me suivez sur Instagram, il est possible que dans les semaines à venir, un nouveau petit voyage des 3 générations soit d’actualité (enfin si le covid-19 se calme)(d’ailleurs j’espère qu’il va se calmer car cette année on ne pourra pas décaler d’un mois comme l’an dernier).

Revenons à nos cadeaux. Si vous avez la chance d’avoir encore vos grand-parents et qu’ils ont assez la forme pour sortir de chez eux, utilisez la technique millenials. Ce qui compte à cet âge-là c’est d’apprécier tous les moments qu’on a, tout ce qu’on peut partager avec les gens qu’on aime alors au lieu d’offrir un livre qui reste sympa mais qui ne créé pas vraiment de souvenirs, vivez quelque chose ensemble.

Soyez curieux de découvrir, partager, expérimenter. Essayez de combiner quelque chose qui vous intéresse tous les deux. Prenez le temps. Bloquez vous une après-midi pour vos grand-parents, vous n’imaginez pas à quel point cela leur fera plaisir parce qu’au final, il n’y a rien de plus important et de plus cher que les rapports humains.

Le meilleur des cadeaux, ce sera toujours le temps que vous passez ensemble.

Dater un « insta famous »

Alors non, même si ce titre le laisse penser, je ne compte pas vous raconter ma vie privée dans laquelle je ne date absolument pas un insta-famous. Par contre, je vais vous raconter ce que ça fait quand d’autres datent des insta-famous (et oui j’utilise le verbe dater parce que j’aime faire des anglicismes).

Si vous avez plus de 25 ans, vous êtes sûrement passé à côté de ce scandale YouTube et vous ne connaissez peut-être même pas l’existence de Gossip YouTube. Comme son nom l’indique, le concept c’est d’être le Gossip Girl du YouTube France et de lâcher des infos bien croustillantes. Parmi celles-ci, les histoires d’amour sont bien évidemment celles que le public attend avec impatience et une certaine youtubeuse en a récemment fait les frais.

Là encore, si vous avez plus de 25 ans, vous ne connaissez peut-être pas Léna Situations et ses fameux « vlog d’août » qui font grimper son nombre d’abonnés tous les étés depuis 3 ans. En résumé, il y a trois ans Léna était étudiante, aujourd’hui toutes les marques se l’arrachent et elle prépare sa troisième collection avec Jennyfer. Alors forcément, la notoriété n’a pas que des avantages et ces derniers mois, elle a malheureusement été cité dans les tweets de Gossip YouTube. D’abord pour une rupture puis, il y a quelques jours, pour balancer le nom de son nouveau copain.

Oubliez tout ce que vous disent les consultants en social media pour faire grimper votre nombre d’abonnés sur instagram, sortez avec un influenceur. Vous allez voir, les chiffres sont bluffants.

Nous sommes le 18 février quand, tard dans la soirée, Léna publie la photo que tous les stalkers attendaient. L’effet est immédiat. En deux jours elle gagne plus de 50 000 followers sur instagram. Alors là vous vous dites « mais comment elle a gagné 8 fois plus de followers que d’habitude en une journée si c’est elle l’influenceuse ? ». Réponse : parce qu’elle sort aussi avec une personnalité bien connue du monde de l’internet, Monsieur Sébastien Frit aka Seblafrite pour ceux qui sont encore bloqués en 2010. Les résultats sont d’ailleurs encore plus fous de son côté, c’est 79 000 followers en plus en deux jours lui qui tourne plutôt entre 1500 et 3000 abonnés par jour en général. 

Impressionant n’est-ce pas ? Finalement, pourquoi on se casse le bourrichon à faire des photos instagrammable, à chercher « the niche » et à faire des preset lightroom quand il suffit juste de dater quelqu’un de connu pour prendre 25 000 followers ?

Non parce que ça ne marche pas qu’avec Léna Situations ce stratagème. 

Prenons la queen de YouTube, Marie Lopez aka Enjoy Phoenix pour ceux qui sont toujours bloqués en 2010.

En juillet dernier, cette dernière publie un vlog dans lequel elle officialise sa relation avec le DJ belge Henri PFR. Le boom se confirme. 25 000 abonnés en plus le mois qui suit et un nombre d’abonnés qui a doublé en 8 mois passant de 84 000 abonnés à plus de 155 000 aujourd’hui. Alors je ne dis pas que cet artiste n’est pas talentueux et que ses récents abonnés ne sont pas des fans qui aiment sa musique, je dis juste qu’il doit y en avoir dans le lot qui sont influencés.

D’ailleurs, en décembre 2015, quand EnjoyPhoenix et Wartek avaient annoncé leur rupture, on avait pu constater que comme tu gagnes des followers en te mettant en couple avec un influenceur, tu en perds quand tu romps. Cette rupture avait coûté 200 000 abonnés en moins à Wartek sur YouTube. Radical !

Et après ça, il y en a encore qui se demande pourquoi certaines personnalités ne veulent pas parler de leur couple, le mettre en avant ou encore le médiatiser. Plutôt simple quand on voit ces chiffres et les conséquences. Vous imaginez le nombre de commentaires et DM en rapport avec leur couple que doivent recevoir ces personnes ? Comment du jour au lendemain des personnes pensent qu’elles peuvent juger et commenter votre relation alors qu’elles ne vous connaissent qu’à travers un écran. Le fait que pour certaines personnes vous existez uniquement à travers votre couple parce que c’est comme ça qu’elles vous ont connu et ne s’intéressent pas du tout à qui vous êtes, vous sans votre moitié. On en arrive même au point où certaines draguent en DM le copain de l’influenceuse dont elles sont fans comme l’avait révélé Camille Callen, aka Noholita après sa rupture avec son précédent ami. 

Mais je sais ça fait des clics et tout le monde est avide de potins.

Moi aussi je suis team Public et Voici sur la plage l’été néanmoins ce que les gens font dans leur lit, je m’en fous royalement. Alors même si ça vend du rêve d’avoir le swipe up en story pour se la péter un petit peu, je vous déconseille de dater un « insta famous » pour gagner des followers. C’est finalement un peu comme ces textos bourrés que vous envoyez le samedi soir en pensant que c’est une bonne idée. Le dimanche au réveil tous les à-côtés néfastes vont vous retomber dessus et vous le regretterez. Enfin après, les drunk texts sont parfois libérateurs alors… Plaît-il !

Teenage years

Samedi soir à Paris, il y avait plusieurs teams. D’abord la team j’attends Madonna avec 3h de retard. Ensuite la team, je fais des pogos au concert de DJ Snake. Puis enfin, la team « je retourne à l’adolescence » au concert des Jonas Brothers. Et oui, samedi soir, il y en avait pour tous les goûts dans la capitale.

Je ne vais pas vous cacher que j’aurai pu faire partie de la team pogos au concert de DJ Snake – enfin en me mettant un peu en retrait parce que j’ai déjà assez de bleus comme ça en ce moment sur les bras à cause des anesthésistes – mais pour cela il aurait fallu qu’il annonce son concert bien plus tôt que celui des Jonas Brothers. Quoi que je mens… En vrai DJ Snake je peux trouver un festival pour le voir (d’ailleurs je suis en pleine hésitation), les Jonas Brothers c’est plus compliqué!

Et oui, que voulez-vous, j’ai grandi avec Hannah Montana et Camp Rock moi alors quoi de plus logique de, le temps d’une soirée, faire un bond en arrière pour oublier les problèmes d’adultes, les factures à payer et les présentations clients. Back to my teenage years, being 13 again.

Voir le groupe de sa jeunesse en concert c’est un peu comme si je vous disais que vous pouvez revoir jouer l’équipe de France 98. Alors bien sûr, vous ne pouvez pas faire un bond dans le temps et revoir spécifiquement un match mais vous pouvez les voir aujourd’hui et reproduire des combinaisons du passé qui vous avaient tant enjoué.

C’est pareil avec les Jonas Brothers. Ils ne vont pas faire le même concert qu’ils ont fait 11 ans auparavant mais ils peuvent chanter des chansons d’avant qui vous enjoueront toujours autant. C’est comme ça que commence la nostalgie, la nostalgie de vos 13 ans qui vous rappellent vos heures d’espagnol au collège, la nostalgie de ce 12 juillet 1998 où vous avez fait la fête sur les Champs ou ailleurs, en pleine euphorie. Cette euphorie d’ailleurs, elle vous plonge un peu dans un état second qui vous déclenche des larmes sur une chanson tout à fait banale et surtout, elle va retomber petit à petit les jours qui suivent jusqu’à ce que vous réalisiez que oui vous êtes champion du monde ET OUI, vous venez de voir le groupe de votre enfance que vous ne pensiez jamais avoir l’occasion de voir un jour en concert après leur séparation. C’est bon vous pouvez reprendre votre souffle.

Alors bien sûr, ce qui rend davantage ces instants uniques c’est qu’ils arrivent qu’une fois, maximum 2. Ils vous procurent une joie exceptionnelle, un bonheur intense et il ne faut pas les laisser passer. Bon, bien évidemment ça vous coûte un rein mais faut savoir, vous voulez voir Zizou mettre un but ou non ? Vous voulez voir les Jonas Brothers chanter SOS ou non ? Vous voulez vivre l’instant ou avoir des regrets ? Moi j’ai choisi, je suis team manger des pâtes pendant le reste du mois.

Samedi soir c’était donc le concert des Jonas Brothers. Un groupe que ma grand-mère ne connait pas, dont ma mère ne se souvient pas m’avoir acheté le CD et que mon frère se souvient vaguement avoir aperçu dans des comédies à la télévision. Peu importe, c’est ce qu’on appelle un groupe générationnel et dans la salle, j’avais l’impression d’avoir retrouvé toutes mes copines de l’époque pour partager un moment qu’on ne pensait pas vivre un jour. On avait 13 ans, on ne savait pas encore ce qu’on ferait de notre vie et on était insouciante. Personne ne nous parlait d’avenir, de bébé ou de placements financiers. C’était nous, 3 frères et des confettis. C’était génial et ça fait deux jours que j’écoute A Little Bit Longer en boucle.

Tout ça pour vous dire que la nostalgie c’est pas mal, surtout pour revivre un moment qui vous a procuré autant de plaisir par le passé mais n’oubliez pas de vivre maintenant, d’aller à des concerts d’artistes actuels comme DJ Snake, d’aller voir des matchs de football de futures équipes championnes d’Europe, de payer vos factures parce que vous n’avez plus 13 ans et de profiter de chaque instant.

Saint-Valentin 2020

Cela fait exactement quatre ans que je ne me suis pas demandée ce que j’allais faire à la Saint-Valentin. La raison ? Il y avait toujours un match de Champions League dans les parages pour occuper la soirée. Enfin techniquement pas l’année dernière mais il m’a fallu une semaine pour réaliser que Paris avait gagné 2-0 à Manchester et redescendre de mon petit nuage même si l’histoire nous a appris qu’avec le PSG, il ne faut jamais s’enflammer.

Nous approchons donc du vendredi 14 février 2020 et j’ai vérifié, il y a bien du football à la télévision et la possibilité de mater Monaco-Montpellier ou Le Mans-Rodez en Domino’s Ligue 2 mais ça me vend beaucoup moins de rêve qu’une affiche de huitièmes où on retrouverait des Liverpool-Bayern Munich et des Real-PSG. Je veux dire par là qu’en Champions League, rien que dire le nom de la confrontation est orgasmique alors que Le Mans-Rodez… ça sonne un peu creux.

Je vous assure, j’ai beau essayer, mon exercice de visualisation me fait imaginer un stade à moitié vide où les gens se demandent ce qu’ils foutent là par 2 degrés et moi, devant ma télé, qui tiendra un quart d’heure sans but avant de zapper sur Netflix. Ne commencez pas à soupirer derrière votre écran, c’est juste que je n’ai pas d’atomes crochus avec ces clubs. Par contre, si vous me proposez de regarder un match de Guingamp, c’est une autre histoire.

C’est donc officiel, cette année je n’ai pas l’excuse de la Champions League pour écourter ma réponse à la question « Qu’est-ce que tu fais pour la Saint-Valentin ? ». Parce que si vous en doutiez, sachez qu’en 2020 il y a encore des gens qui vous posent cette question. Sans parler des marques et de la dizaine de newsletters avec des objets accrocheurs pour vous demander ce que vous faites et vous suggérer des bons plans dans des restaurants où il y a un menu spécial Saint-Valentin.

Pour ces personnes, la Saint-Valentin c’est comme le réveillon de Noël : une fête qui demande dix jours de préparatifs pendant lesquels tu établis menu, activités et cadeaux. Je suis même sûre que ces personnes consultent les articles « 10 idées de cadeaux de Saint-Valentin pour surprendre votre partenaire » sur les sites des magazines féminins.

Pour moi, c’est un jour comme un autre car je suis au regret de vous dire que Saint-Valentin ou Halloween, c’est le même combat. 

Ce sont deux fêtes commerciales qu’on ne nous a jamais vraiment appris à célébrer contrairement aux américains qui sont déguisés à 8 heures du matin, qui écrivent encore des cartes de Saint-Valentin comme le veut la tradition des petits billets et qui décorent tout le pays, de la station-service au fin fond de l’Ohio aux écrans sur Time Square. Et oui les petits potes, je suis désolée de vous balancer la vérité de manière si abrupte mais quand je me déguisais pour Halloween, mon déguisement ne rendait pas du tout comme sur la photo qui avait poussé ma mère à l’acheter, et quand je dessinais des cœurs pour la Saint-Valentin, c’était ringard. Bon ok, j’ai bien conscience que cette dernière phrase fait très rageuse de l’an 2000 mais on se comprend vous et moi. On ne nous a pas éduqué en nous faisant ressentir que ces fêtes étaient spéciales et que c’était une question de vie ou de mort de les célébrer. A la place, ce sont que des prétextes pour mettre des chocolats et des bonbons en tête de gondole et faire penser aux hommes qu’il faut aller dépenser son argent chez le bijoutier alors que pas du tout.

Encore une fois, on en revient toujours à la même chose : est-ce qu’on a besoin d’une journée dans l’année pour nous rappeler de montrer à l’autre qu’on aime ? Vous connaissez déjà la réponse.

Après on ne va pas se mentir, aucune fille n’est contre recevoir un joli bracelet le 14 février mais si c’est la seule attention de l’année avec noël et notre anniversaire, c’est un peu triste et je pense qu’il faut changer de mec. 

Du coup quand on me demande ce que j’ai prévu pour la Saint-Valentin, la réponse est « rien ». Je n’ai rien de prévu de plus que la veille et le lendemain parce 14 février, 21 mai ou 5 septembre, on peut célébrer l’amour tous les jours et on ne doit pas le faire un peu plus une journée dans l’année sous prétexte que la société nous a dit que ce serait une bonne idée et que ça boosterait le commerce. Je vous promets, vous pouvez offrir un bouquet de fleurs ou cuisiner tous les autres jours de l’année. 

On doit s’aimer aujourd’hui, un peu plus qu’hier et un peu moins que demain parce que chaque jour qu’on passe ensemble est à célébrer. Il n’y en a pas un plus que l’autre, enfin sauf le jour où vous vous mariez qui, je le conçois, est une journée un peu plus spéciale. Enfin, il paraît. Je n’en sais rien moi, je ne suis pas mariée.

Et d’ailleurs, pour ceux qui se poseraient la question, pas de Champions League non plus pour la Saint Valentin l’année prochaine. On reste sur un premier round des huitièmes aller le 16 et 17 février 2021. Faudra attendre 2023 pour partager à nouveau son 14 février avec Mbappé et Varane.

Les urgences

Parmi toutes les choses que j’avais prévu de faire cette semaine, passer 6 heures aux urgences n’était sûrement pas sur ma liste. Pourtant, avec un médecin censé remplacer mon médecin traitant incapable de débloquer un créneau de 15 minutes et après avoir craché du sang pour la cinquième fois en 12 jours, je n’ai pas trouvé d’autres solutions. Il faut dire que j’avais déjà appelé le cabinet médical jeudi dernier pour prendre un rendez-vous et on m’avait rétorqué de rappeler lundi. Lundi, 8h15, on m’annonce qu’il fallait que j’appelle 15 minutes plus tôt car il n’y a plus de créneaux d’urgence ni même de rendez-vous tout court disponibles cette semaine. Ne me demandez pas comment c’est possible. Ni une ni deux, après avoir pleuré un bon coup pour relâcher la pression et parce que forcément j’avais été voir entre temps sur internet (vraiment ne le faites pas) ce que ça voulait dire de cracher du sang (et ce n’était pas jojo), j’ai pris la voiture et bonjour les urgences.

Précision : je déteste les urgences (comme 67 millions de français d’ailleurs). Rien que le fait de me dire que je dois y aller, ça m’angoisse car cela signifie que je suis arrivée à mon dernier recours pour aller mieux. Ensuite, l’ambiance y est froide au point que dans la salle d’attente de la radiologie, ils ont créé un faux plafond de ciel bleu et mis des tableaux de plantes vertes. Je ne vais pas vous cacher que quand la douleur est insoutenable et que le cathéter que vous avez dans le bras vous empêche de bouger, la décoration est bien la dernière de vos préoccupations. Puis surtout, l’agitation qui y règne est pire qu’une fourmilière. Il y a du monde partout, au point que les salles d’attente sont trop petites et les gens debout bloquent les entrées. Vous avez mal à la tête en 30 minutes tellement le bruit est incessant et les plaintes de vos voisins insistantes parce qu’ils attendent depuis plus d’une heure (comme tout le monde en fait). Les enfants s’impatientent, les parents aussi, les personnes âgées essayent de prendre leur mal en patience… Non vraiment, les urgences c’est loin d’être une partie de plaisir. Cela en devient même épuisant émotionnellement. Vous avez l’impression que vous ne sortirez jamais de là tellement il y a de monde.

La première heure vous prenez sur vous, la deuxième passe plus rapidement car on commence à s’occuper de vous. Arrivent la troisième et quatrième heure où après 1h30 dans un box à attendre seule qu’un médecin passe me voir, j’avais juste envie de signer une décharge de sortie, qu’on ait trouvé ce que j’ai ou pas. Cinquième heure, nouveaux examens et attente à nouveau. Sixième heure, vous n’avez jamais autant fait preuve de patience de toute votre vie.

Il faut dire que ce sentiment d’être seul, d’être un client parmi tant d’autres quand tu prends ton petit papier comme chez le poissonnier pour t’enregistrer à l’accueil car les urgences ne sont plus en mesure d’apporter le service qu’elles devraient fournir, ça a de quoi vous déprimer. D’un autre côté, ça vous fait un stage accéléré pour acquérir de la patience car on sait tous que vous aurez bien voulu dire plus d’une fois à votre voisin bruyant de « la fermer, merde! ».

L’une des raisons pour lesquelles j’aurai bien évité de m’y rendre c’est aussi parce que ça fait des semaines que les urgences sont en grève car elles demandent – justement – plus de moyen pour bien travailler. 6h dans le service et j’ai bien compris que les journées du personnel étaient loin d’être simples. Déjà, il faut dire qu’avec le manque de médecins traitants, on vient pour toutes les raisons aux urgences. Une douleur à l’oreille, une grippe qui n’est pas passée au bout de deux jours, un mal de dos pour lequel on refuse de prendre des antidouleurs… La définition du mot « urgence » est à réinventer. Avec les reportages à la télévision, j’imaginais bien que les urgences en voyaient de toutes les couleurs mais à ce point, j’étais loin du compte. Si elles sont tant encombrées c’est bien parce que la moitié des maux pourraient être réglées avec une consultation chez un généraliste et c’est effarant de se dire que ça ne va pas s’améliorer. En me faisant ma prise de sang, l’interne qui s’occupait de moi me confiait que les trois minutes qu’elle passait assise à me piquer étaient une pause pour elle. Moi une pause au travail c’est un café, trois copains autour d’une table et parler de tout sauf du boulot.

Après 6 heures, deux radios, une prise de sang et un ECG, je suis ressortie des urgences sans diagnostic. En même temps, si le docteur m’avait dit qu’on repartait pour des examens et deux heures d’attente, je pense que je l’aurai remercié poliment. D’un côté j’étais rassurée de me dire que si on n’avait rien trouvé c’est qu’a priori ce n’était pas grave et mon corps a juste envie de m’embêter, de l’autre j’étais loin de m’imaginer ce que donnerait ma consultation en urgence chez l’ORL le mercredi suivant. Mais ce sujet, ce sera pour une prochaine fois. Rien de grave promis, juste une petite opération et tout rentrera dans l’ordre (enfin on espère).

La bougie de plus

Tes parents vieillissent. Je sais, tu ne veux pas te l’avouer. Tu as beau croire que tout le monde vieilli sauf tes parents, ce n’est qu’un leurre. Contrairement à tes grands-parents que tu as toujours connu plus ou moins âgés, tes parents tu as l’impression qu’ils ont arrêté de vieillir après 40 ans parce qu’un jour tu as commencé à faire plus attention à ton âge qu’aux leurs. Alors bien sûr, tu te souviens de leurs 50 ans parce que c’était un peu exceptionnel et que vous avez fait une petite fête pour marquer le coup mais le lendemain, c’était oublié, ils avaient 40 ans à nouveau. Tu as ainsi vécu dans le déni plusieurs années avant qu’un beau jour ton père te dise qu’il a tout le temps mal au dos et ta mère que sa vue baisse plus vite que ton compte en banque. Puis là où avant, ils se seraient remis sur pattes en un rien de temps, c’est la dixième séance de kiné que ta mère fait pour se remettre de sa tendinite et il lui en faudra certainement le double pour réussir à lever le bras (presque) comme avant. Alors que les maux s’enchaînent, il faut bien te rendre à l’évidence: tes parents n’ont plus 40 ans, ils en ont même bien 10 de plus. 

C’est un fait, pour chacun d’entre nous, nos parents sont éternels. Ils seront toujours là comme ils l’ont déjà été à chaque étape de nos vies. Ils seront là pour nous encourager, nous mettre en garde, nous dire de foncer, nous faire des remontrances, nous soutenir, nous dépanner, nous consoler, continuer de nous élever et de nous partager leurs valeurs. On ne voit pas que nos parents vieillissent, qu’il y a un peu plus de rides sur leurs visages, qu’ils s’essoufflent plus rapidement quand ils font de la randonnée, qu’ils perdent des réflexes en conduisant, que leur corps leur dit de ralentir. Non, ton père peut toujours te porter sur son dos et ta mère peut toujours jongler entre tes activités extra-scolaire et celles de ton frère sans s’occuper d’elle. Ils ont la même énergie que quand tu avais 13 ans et rien n’a changé. Tout ça parce qu’on n’imagine pas qu’un jour, on puisse être là, sur Terre, sans eux. Dans mon esprit, mes parents ne vieillissent pas parce que je considère que ma vie est reliée à la leur, que ce lien de parenté fait qu’on est à tout jamais lié physiquement et que si je prends mon téléphone pour les appeler, ils répondront toujours. Pourtant je sais bien qu’un jour ça ne sera plus le cas et c’est là que je me rappelle qu’à chaque fois que je souffle mes bougies, les leurs suivent quelques mois plus tard. 

J’ai réalisé que très récemment que mes parents vieillissaient comme tout le monde, quand je les ai entendu parler de leur santé et que j’ai compris que les choses avaient changé. Pourtant, je suis quelqu’un qui fait attention aux anniversaires et chaque année, c’est important pour moi de les célébrer. Néanmoins, contrairement à l’anniversaire de ma grand-mère, je n’ai jamais vu le leur comme un cadeau. Ma grand-mère a fêté ses 90 ans l’an dernier et je ne pouvais pas être plus heureuse de réaliser qu’elle venait de m’offrir une nouvelle année à ses côtés. Je fais plus attention à son anniversaire qu’à celui de ma mère parce que j’ai l’impression qu’ils nous en restent moins à célébrer alors que c’est faux. Personne ne sait combien d’anniversaires ils nous restent à partager. On vieillit tous et chaque anniversaire est un cadeau, pour nous et pour les autres. On ne se rend jamais compte de la chance qu’on a d’avoir nos parents à nos côtés jusqu’au jour où on rencontre quelqu’un qui nous dit qu’il a moins de chance que nous. Ils sont là, c’est acquis, un peu comme la santé qu’on leur prétend. 

Dans quelques semaines, il y aura une nouvelle bougie sur le gâteau d’anniversaire de ma maman et contrairement aux vingt-cinq années précédentes, cette fois-ci je compte bien voir son anniversaire comme un cadeau. Nos parents sont éternels dans nos coeurs mais comme tout dans la vie, rien n’est acquis. Chaque année qu’on passe les uns auprès des autres est un cadeau, une année qui nous offre la possibilité de se créer des centaines de souvenirs. Mes parents vieillissent, c’est une réalité que je n’ai plus le droit de renier. Comme on prend soin de nos aînés, prenons soin de nos parents et ne sous-estimons pas trop le pouvoir qu’a une bougie de plus sur un gâteau. 

Déménager

Alors que certains ont vécu une semaine de rentrée animée, j’ai l’impression que pour ma part, ce fut la première semaine en trois mois à ne pas courir partout. Il faut dire qu’il n’y avait plus de cartons à faire le soir en rentrant et ça, c’est quand même jouissif.

Mon mois d’août aurait pu être bien plus tranquille qu’il ne l’a été si je n’avais pas décidé le 25 juillet dernier de lâcher mon appartement. Comme si j’avais peur de m’ennuyer en août après un mois sur les routes du Tour, j’ai pris les devants et envoyé une lettre à mon propriétaire en lui disant que je lui rendais les clés le 31 août. C’est là d’ailleurs que je me suis dit qu’une simple lettre peut signifier beaucoup de choses. Dans certains cas les facteurs sont messagers de bonnes nouvelles et dans d’autres… Disons que quand il y a écrit « Service Public » sur l’enveloppe, on leur demanderait bien de la garder.

Une lettre et j’étais prête pour 5 semaines de cartons, valises, sacs de course, totes bag… Bref tout contenant dans lequel vous pouvez mettre des affaires et qui est transportable facilement. Ajoutez à cela qu’en m’y prenant un mois avant, il ne fallait pas compter sur les gros bras des potes ni un camion, j’ai donc embauché les bras de mon frère et mobilisé la 208. J’invite d’ailleurs tout le monde à tenter l’expérience du déménagement en 208, ça vous rendra meilleur au Tetris. 

Pas malheureuse d’être enfin débarrassée de cette corvée, cette expérience inédite m’aura appris deux-trois trucs mais certainement pas dans quel ordre procéder aux cartons pour être la plus efficace. Certes, j’ai bien lu des blogs qui vous expliquent comment être organisé dans votre déménagement et quelle pièce il faut empaqueter en premier mais j’ai quand même mélangé les couverts avec les gels douches parce qu’à la fin, organisée ou pas, il fallait bien que tout soit emballé et je n’allais pas fermer des cartons à moitié vide. 

A défaut de vous éclairer sur l’ordre dans lequel faire vos cartons, je peux quand même vous dire que :

  • déménager au mois d’août est une mauvaise idée parce qu’il fait chaud et donc à vous agiter dans tous les sens, il fera encore plus chaud ; parce que tout le monde est absent donc vous allez faire un déménagement seul ; parce que c’est la haute saison des déménagements avant la rentrée et donc la haute saison des prix des déménageurs.
  • prévoir un stock de cartons suffisants pour éviter de vous obliger à en vider certains pour les re-remplir ensuite est utile (true story, j’avais que 7 cartons pour déménager et la flemme d’en acheter d’autres).
  • vous allez réaliser à quel point vous avez trop de totes bag et qu’il serait vraiment temps que les marques trouvent un autre goodie original à produire parce que vous en avez plus que ce dont vous en avez besoin.
  • vous allez jeter beaucoup de choses car votre dernier ménage de printemps n’aura pas suffit à vous séparer de babioles inutiles, magazines que vous pouvez recycler, médicaments à déposer à la pharmacie et produits à moitié plein qui sont périmés. 
  • ce sera le meilleur moment pour vous lancer sur Vinted et faire du tri dans vos vêtements, surtout ceux qui sont roulés en boule au fond de votre armoire et que vous n’avez pas mis depuis deux ans. 

Voilà pour les conseils déménagement qui vous auront sûrement davantage servi de divertissement que de « vrais » conseils. Il faut dire que j’espère que ce déménagement n’était pas le premier d’une trop longue série parce que c’est épuisant mentalement. Vous pensez toujours que vous serez large dans le temps et finalement, à deux jours de rendre vos clés il reste encore tous vos meubles à démonter. Alors est-ce que j’ai pleuré ? Bien sûr (même si je mets aussi ça sur le dos de la nostalgie quand j’ai ouvert à plusieurs reprises mes boîtes à souvenirs).

Un dernier conseil pour la route : déménagez le moins possible dans votre vie car je suis sûre que faire ses cartons c’est nocif pour votre bonheur, c’est une tâche bête et répétitive dont vous avez l’impression que vous ne verrez jamais la fin et donc qui vous stresse.