Idées reçues sur le développement durable

Vous n’avez pas pu y échapper, le troisième mot le plus prononcé derrière « confinement » et « covid » ces quatre derniers mois c’est « sustainability » ou ce qu’on traduirait en français par « développement durable ». C’est LE nouveau mot à la mode comme l’a été « storytelling » en 2018 ou bien « purpose » en 2019. Tellement à la mode que personne ne sait ce que ça sous-entend réellement.

Est-ce qu’on parle uniquement d’environnement ? Est-ce que c’est la même chose que la RSE ? Mais est-ce que ce n’est pas encore une technique des américains pour nous vendre quelque chose qui existe déjà sous un nouveau nom ?

Afin de repartir sur des bases solides mais surtout de se mettre d’accord sur ce que signifie ou ce que ne signifie pas ce terme, voici quelques réponses pour vous éclairer.


Le développement durable n’a pas qu’un aspect environnemental

Et pour le comprendre il faut d’abord revenir sur la définition de ce terme.


D’après le Larousse, le mot « développement » signifie « le fait pour quelque chose de s’accroître, de prendre de l’importance, de prendre son essor ». Le mot « durable » lui se définit par « de nature à durer dans le temps, qui présente une stabilité ». On pourrait alors définir le « développement durable » par le fait que quelque chose prend son importance dans la société dans le temps, le développement sous-entendant souvent la performance ce serait celle-ci qui devrait trouver la formule magique pour durer.

En 1987, la Commission mondiale sur l’environnement et le développement des Nations Unies a publié le rapport Brundtland. D’après celui-ci le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. ».

Si on entre davantage en détail, le développement durable s’appuie sur trois piliers essentiels : sa dimension environnementale, sociale et économique. Le développement durable doit être à la fois économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement tolérable. Le social doit être un objectif, l’économie un moyen et l’environnement une condition.

Ainsi, si on cherche des exemples concrets, on peut se référer aux 17 objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies en 2015 dans son Agenda 2030 :

1.       Pas de pauvreté

2.       Faim « zéro »

3.       Bonne santé et bien-être

4.       Education de qualité

5.       Egalité entre les sexes

6.       Eau propre et assainissement

7.       Energie propre et d’un coût abordable

8.       Travail décent et croissance économique

9.       Industrie, innovation et infrastructure

10.   Inégalités réduites

11.   Villes et communautés durables

12.   Consommation et production responsables

13.   Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques

14.   Vie aquatique

15.   Vie terrestre

16.   Paix, justice et institutions efficaces

17.   Partenariats pour la réalisation des objectifs

Le développement durable c’est donc parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous, comprenant des défis mondiaux relatifs au climat, à la protection de l’environnement, à la réduction du gaspillage et au recyclage mais également à la défense des droits de l’homme, à la lutte contre la pauvreté, à la réduction des inégalités ou encore à l’éducation.


Très bien, c’est un peu comme la RSE en fait.

Oui et non…


Continuons notre exploration avec de nouvelles définitions.

D’après la commission européenne en 2011, la RSE, responsabilité sociétale des entreprises parfois également appelée responsabilité sociale des entreprises, est « l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes » ajoutant également « Être socialement responsable signifie non seulement satisfaire pleinement aux obligations juridiques applicables, mais aussi aller au-delà et investir « davantage» dans le capital humain, l’environnement et les relations avec les parties prenantes ».

Du côté de l’ISO, International Organisation for Standardisation, qui est chargée de définir les standards internationaux et qui a défini les critères de la norme ISO 26000 sur la RSE, c’est « la responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement éthique et transparent qui : – contribue au développement durable, y compris à la santé et au bien-être de la société ; – prend en compte les attentes des parties prenantes ; – respecte les lois en vigueur et qui est en accord avec les normes internationales de comportement ; et qui est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations ».

La norme ISO 26000 définit d’ailleurs le périmètre de la RSE autour de 7 questions centrales :

  1.     La gouvernance de l’organisation

2.       Les droits de l’homme

3.       Les relations et conditions de travail

4.       L’environnement

5.       La loyauté des pratiques

6.       Les questions relatives aux consommateurs

7.       Les communautés et le développement local

Ce qu’on comprend avec ces définitions c’est que la RSE est finalement la mise en pratique d’actions de développement durable à l’échelle des entreprises et surtout que celle-ci implique directement ses parties prenantes à savoir ses collaborateurs, ses clients, ses fournisseurs ou encore ses actionnaires.

La RSE se concentre encore trop sur la compensation de ses actions liées à la création de valeur, ce qui correspond bien au terme de « responsabilité », alors que le développement durable c’est agir pour ne pas compromettre le futur donc prendre en compte l’intérêt de la société avant de créer.

Entrer dans une démarche RSE ajoute un nouvel objectif aux entreprises qui, au-delà de faire du profit, vont chercher à avoir un impact positif sur la société et respecter l’environnement tout en restant économiquement viable. Ce point économique est d’ailleurs ce qui décourage beaucoup d’entreprises à entrer dans ce type de démarche car il est encore très difficile aujourd’hui de quantifier le retour sur investissement d’une politique RSE sur son profit.

Néanmoins, il y a un réel enjeu d’image et de différenciation par rapport à la concurrence qui poussent les entreprises à considérer la RSE même si du coup cela se fait au détriment de la motivation éthique que devrait susciter ce projet.

–          D’après l’étude Earned Brand d’Elan Ederlman réalisée en 2018 en France, près de deux tiers des consommateurs choisissent d’acheter une marque en fonction de ses prises de position. 58% des consommateurs considèrent que communiquer sur leurs engagements RSE serait plus efficace que des campagnes de communication, publicité et marketing classiques. 

–          Selon une étude Cone Communication réalisée aux Etats-Unis, 51% des travailleurs déclarent ne pas vouloir travailler pour une entreprise qui n’a pas d’engagement social ou environnemental fort. C’est encore plus probant chez la génération « Millenials » qui à 76% placent la RSE au-dessus du salaire dans les critères de leurs recherches d’emploi.

–          D’après une étude réalisée par Denjean & Associés et paru en février 2018, 90% des français déclarent qu’ils apprécient plus les groupes qui ont une bonne politique RSE que ceux qui se désintéressent de cette question ; pour 88% d’entre eux une bonne politique RSE renforce l’image positive que les gens ont d’une entreprise. D’un point de vue environnemental, si le consommateur apprenait que l’entreprise prend des mesures pour améliorer le bien-être animal, cela l’enthousiasmerait à 57% et le contenterait à 37%. D’un point de vue sociale, 87% des français interrogés sont prêts à boycotter une entreprise qui nuit à la santé de certains êtres humains.

Légalement parlant, il n’y a pas de loi ou décret qui vient contraindre une entreprise à mettre en place une démarche RSE toutefois, certaines entreprises sont contraintes par des lois et décrets liés à leur statut ou administration à produire des rapports sur les impacts environnements et sociaux qu’elles ont sur la planète. C’est notamment encadré par les lois Grenelle et très récemment la loi Pacte.

Si on s’appuie sur le rapport « RSE et objectifs de développement durable » de la Plateforme RSE publié en octobre 2018, la subtilité entre développement durable et RSE est bien souligné « Alors que les ODD relèvent d’une vision prospective et de l’initiative volontaire pour développer de nouvelles stratégies et politiques en faveur du développement durable, la RSE renvoie à la notion de responsabilité vis-à-vis des impacts de l’activité des entreprises, et mobilise conjointement droit dur et droit souple. Ainsi, les ODD ne peuvent pas remplacer l’ensemble du spectre de la RSE car ils ne traitent pas explicitement de la démarche reliant entreprise et société qui repose sur le dialogue entre parties prenantes. Le risque de substitution est donc à relativiser, la RSE s’appuyant en outre sur d’autres textes, nationaux et internationaux (UE, OCDE, ONU, OIT, etc.). » 


Ce n’est pas un sujet d’aujourd’hui et pourtant…

Il est vrai que le développement durable et la prise de conscience autour des objectifs de l’ONU ne datent pas d’hier et pourtant c’est un sujet qui fait beaucoup de bruit actuellement.

Economiquement, la crise sanitaire que nous traversons redistribue les cartes et va rendre compliquée les mois et années à venir. D’après un sondage Ipsos, 63% des français se disent prêts à consommer le plus de produits locaux possibles afin de relancer l’économie. Ce sont des industries entières qui vont devoir se réorganiser pour relancer l’économie. 84% des français souhaitent la relocalisation en Europe d’un maximum de filières de production.

Socialement, les mouvements pour lutter contre les violences policières envers les personnes noires mais aussi l’inclusion des personnes racisées dans la société sont au cœur des objectifs d’égalité des races et de diversité que prônent les objectifs de développement durable. La prise de conscience est réelle et on a pu voir aux Etats-Unis le nombre de personnes, qu’on nommera privilégiée, quitter leurs postes à responsabilité soit pour dénoncer le manque de personnes à ces hauts postes soit en raison de propos ou de management conduits à l’égard de population minoritaire.

Enfin environnementalement, les sujets de ne manquent pas. Le réchauffement climatique, le recyclage, l’épuisement de nos ressources, la pollution… Cette crise met en évidence nos problèmes de consommation mais aussi les conséquences de nos abus pendant des siècles. Ce repli sur nous-même nous a montré qu’on pouvait faire autrement et il y a plus d’une habitude à préserver dans la transition écologique qui va accompagner les prochaines années. 


Maintenant qu’on a défini ce qu’est le développement durable et pourquoi il est au coeur de notre société aujourd’hui plus que jamais, je vous propose qu’on discute la semaine prochaine du développement durable dans le sport.

Depuis janvier 2017, le ministère des Sport, en partenariat avec WWF France, ont lancé la charte des 15 engagements coresponsables des organisateurs d’événements sportifs. Charte qui a été décliné aux grands gestionnaires d’équipements sportifs en 2018. De plus en plus de clubs, d’équipementiers, de fédérations s’investissent pour développer des initiatives environnementales au sein de leur structure. Socialement, c’est au travers de leurs fondations que les grandes institutions agissent pour plus d’égalité. Economiquement, quand on pense sport et argent, ce sont les salaires exorbitants des footballeurs qui nous viennent en tête alors qu’on oublie que le football représente plus de 10% du chiffre d’affaire des entreprises du sport estimé globalement à 77,7 Mds d’euros par BPCE et 10% de ses emplois.

Le développement durable est aussi au coeur de la stratégie de Paris 2024 qui repose sur diverses ambitions comme la neutralité carbone mais surtout avec des vrais enjeux de durabilité au travers de la transition écologique, pour le développement des territoires ou encore avec la valorisation de l’économie circulaire.

Enfin, il est intéressant de se demander quelle place a le développement durable dans les partenariats et les stratégies de sponsoring. Après tout si deux tiers des français choisissent de consommer une marque en fonction de ses prises de position, ne devons-nous penser le sponsoring au-delà de questions financières ou de réputation mais aussi soulever la responsabilité des marques avec lesquelles on s’engage ? Prenons Uber Eats et la précarité assumée de ses employés qui dépensent des millions en se lançant dans le sponsoring sportif mais qui refuse de revaloriser le salaire horaire de ses employés. Alors que la crise sanitaire suggère qu’on passe du sponsoring de notoriété au sponsoring de responsabilité, on définiera ce que signifie être un sponsor responsable.


Traitement en cours…
Terminé ! Vous êtes inscrit. A très bientôt.

Euro 2016, 100 000 places sur les bras de la ligue 1

Pour commencer cet article, j’en appelle à votre mémoire. Est-ce que vous vous souvenez d’où vous étiez il y a 4 ans ? Avec qui vous aviez regardé ce match d’ouverture de l’Euro 2016 et surtout dans les bras de qui vous aviez sauté quand Dimitri Payet mit cette frappe enroulée du gauche en pleine lucarne, faisant trembler les filets roumains à la 89ème pour nous offrir la victoire ? De mon côté la réponse est simple : au stade de France, sautant dans les bras d’une collègue que je ne connaissais pas six mois auparavant et qui m’avait eu un billet pour le match trois jours le mardi.

Ça fait donc déjà quatre ans que la France a accueilli cette compétition qui, sur le moment, avait été un succès populaire. Les stades étaient pleins, les fanzones également. Le parcours de l’équipe de France se hissant jusqu’en finale avait mobilisé les Français qui se sont rassemblés sur tout le territoire pour encourager et communier entre supporters. Les touristes étaient aussi rendez-vous. Malgré les attentats survenus en novembre 2015 et la sécurité renforcée pour accéder aux rassemblements, patienter des heures pour accéder à la fanzone du Champ de Mars a dissuadé personne. Bref, du 10 juin au 10 juillet, tout s’est déroulé comme sur des roulettes même si on aurait préféré un autre gagnant.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles un pays souhaite organiser un événement sportif : accélérer son développement, lancer des chantiers prioritaires, rayonner sur la scène internationale, montrer sa puissance et son savoir-faire, convertir de nouveaux licenciés mais aussi se doter de nouvelles infrastructures. Dans le cadre de l’Euro 2016, les stades étaient un chantier prioritaire du projet avec la construction et la modernisation d’enceintes qui étaient au cœur de la candidature. 

L’objectif de ces nouvelles infrastructures : permettre d’accroître la compétitivité́ économique et donc sportive des clubs de football français. En effet, il était considéré que l’un des handicaps des clubs professionnels français était lié à ses stades vétustes, inaptes à proposer une expérience globale et ainsi favoriser une fréquentation familiale. En augmentant la fréquentation des stades avec des enceintes multifonctionnelles et de meilleures qualités, c’est directement les recettes billetteries et match day qui devraient croître. Résultat des courses : entre les stades rénovés auxquels on a ajouté quelques sièges et les stades neufs sortis de terre, la Ligue 1 a hérité de près de 100 000 places supplémentaires à commercialiser à l’issue de l’Euro 2016. 

4 ans après la compétition, qu’en est-il de ces places ? Sont-elles régulièrement occupées ? Les clubs ont-ils mis en place des opérations pour attirer un public plus familial ? Les recettes ont-elles augmenté comme espéré ? Pour répondre à ces questions, nous allons nous intéresser aux 4 nouveaux stades qui ont été utilisés lors de l’Euro 2016 :

  • Le stade Pierre Mauroy à Lille, inauguré en août 2012 et comptant près de 32 000 places supplémentaires que le précédent Stadium auquel évoluait le LOSC
  • Le Groupama Stadium à Lyon, inauguré en janvier 2016, propriété de la société OL Groupe dont fait partie le club du même nom et comptant 24 000 places supplémentaires que Gerland
  • L’Allianz Riviera à Nice, inauguré en septembre 2013 et comptant plus de 18 000 places supplémentaires que le Stade du Ray où évoluait précédemment l’OGC Nice
  • Le Matmut Atlantique à Bordeaux, inauguré en mai 2015 et qui compte presque 8 000 places supplémentaires que le stade Chaban-Delmas où jouait les Girondins auparavant

A eux 4, ces stades représentent presque 81 000 places des 100 000 supplémentaires qui ont été généré par l’organisation de l’Euro 2016. 

Pour commencer, il est important de rappeler que les 4 clubs qui jouent dans ces stades sont bien installés en Ligue 1. Nice est remonté en première division en 2002, les Girondins ne sont pas descendus en Ligue 2 depuis 1992, le LOSC depuis 2000 et l’OL est un club qui a gagné 7 fois le titre de champions de France entre 2002 et 2008.

Des nouveaux stades de plus en plus éloignés des centres-villes

Ensuite, prenons en compte l’accès à ces stades. 

Le Stade Pierre Mauroy se situe à Villeneuve-d’Ascq, à moins de 3 kilomètres du précédent stade. Situé à proximité d’une zone commerciale, il est facilement accessible par tous les moyens de transport : en métro, en voiture, en vélo avec de nouvelles pistes cyclables et un parc à vélo sur le parvis, en bus et même en moto avec un parking gratuit sous le stade.

Le Groupama Stadium se situe à Décines-Charpieu soit à 20 minutes en tramway de Part Dieu alors que Gerland était à 6 arrêts de métro de cette même gare. L’accès en voiture est vivement déconseillé car entre la sortie de l’autoroute qui bouche et les accès barrés les jours de match, c’est plus un casse-tête qu’autre chose ou bien pensez à réserver votre place au parking et anticipez. Comme à Lille, les parkings vélo et motos sont gratuits. Le métro ne poussant pas encore jusqu’à Décines, il reste donc le tramway et alors qu’on peut anticiper sa venue pour éviter la foule à l’aller, il faut accepter de laisser plusieurs tramways au retour avant de réussir à monter dedans. Aujourd’hui, la zone autour du Groupama Stadium est encore à développer avec des commerces et des hôtels. Ça reste un endroit où on va uniquement pour un match et où on ne mutualise pas les activités.

L’Allianz Riviera se situe dans le quartier Saint-Isidore à Nice, plutôt excentré du centre-ville. Il est accessible par l’autoroute mais suscite des bouchons et des problèmes de circulation après les rencontres. Pour soutenir la démarché éco-responsable du stade, les spectateurs sont vivement invités à utiliser les transports en commun pour se rendre à celui-ci avec notamment une ligne de tramway aménagée pour se rendre au stade et sautant des arrêts pour un trajet plus rapide. Le bus et même les trains sont également recommandés. Comme les précédents stades, en étant situé en périphérie, l’Allianz Riviera peut décourager ceux qui détestent la circulation dense. 

Le Matmut Atlantique se situe au niveau de Bordeaux-Lac, au nord de la ville et proche de la zone commerciale de Bordeaux-Lac. Lui aussi est à l’opposé du stade Chaban Delmas qui se trouvait à 3 km de la Place de la Bourse versus 7 km de ce nouveau stade. Localisé dans une zone en développement, tenter d’y accéder en voiture n’est pas pratique et la circulation est dense, la faute à un équipement routier aux abords du stade fait de peu de rues pour désengorger les routes principales. Là encore les transports en commun sont conseillés avec la ligne C qui vous emmène au plus près du stade mais qui est très souvent bien engorgée. Il est aussi possible de venir en vélo avec une piste cyclable adaptée pour se rendre au stade. 

Pourquoi ce point sur la localisation des stades ? Pour construire un nouveau stade il faut de la place. Cela a demandé pour ces quatre chantiers de pousser un peu en dehors des centres-villes actifs et de construire en périphérie dans des endroits qui impliqueraient un trajet plus long aux supporters. Le temps de trajet est un élément décisionnaire sur notre venue au stade et son accessibilité également. Le souhait de moderniser ses stades était notamment pour attirer un public plus familial or est-ce qu’une famille avec deux enfants à envie d’attendre minimum 20 minutes pour monter dans un tramway où les gens seront les uns sur les autres après une rencontre ? Probablement que non. 

Continuons en regardant l’affluence moyenne de ces quatre stades lors de rencontres de Ligue 1 sur les 7 dernières saisons.

Une affluence moyenne qui progresse doucement mais sûrement

Affluence moyenne sur les 7 dernières saisons

SaisonBordeauxLilleLyonNiceLigue 1
2011-1220 71216 97133 9679 20718 878
2012-1319 40340 59332 08610 24619 240
2013-1418 83338 66234 41424 18621 092
2014-1523 46336 54734 94919 30922 329
2015-1625 08830 26840 25019 17220 894
2016-1723 27029 48739 17122 94921 078
2017-1826 04833 20046 00522 87622 617
2018-1921 18334 07949 07919 12322 822

Plusieurs constatations sont flagrantes :

  • L’affluence moyenne est multipliée par 2,4 entre la saison 2011-2012 et 2012-2013 à Lille, saison qui est liée à l’inauguration du nouveau stade. Cela illustre qu’il y avait une véritable demande de la part du public de se doter d’un stade pouvant accueillir plus de spectateurs notamment car le Stadium avait une capacité de 18 185 places et que le stade Pierre Mauroy propose, lui, 50 157 places.
  • Même constatation du côté de Nice où lors de la saison 2013-2014 liée à l’inauguration du nouveau stade, l’affluence moyenne est multipliée à 2,36. C’est en effet une capacité presque double qui est proposé au public avec ce nouveau stade puis que l’Allianz Riviera s’est doté de 35 642 places alors que le stade du Ray ne comptait que 17 415 places.
  • A Bordeaux où la capacité a le moins augmenté, les chiffres sont moins flagrants alors qu’à Lyon, on a stabilisé une affluence autour des 40 000 personnes ces 4 dernières saisons soit entre 5 000 et 15 000 spectateurs supplémentaires par rapport aux deux dernières saisons jouées complètement à Gerland. 

On peut noter que pour les villes où la capacité des stades était inférieure à 20 000 places, il y avait un réel besoin et une demande de capacité supplémentaire pour accueillir un plus large public. Pour des stades où la capacité était à 35 000 places, l’augmentation de l’affluence est moins flagrante car la marge de progression ne pouvait pas se multiplier par deux comme pour Lille et Nice néanmoins à Lyon, il est important de souligner qu’entre la saison 2013-14 et 2018-19, l’affluence moyenne à augmenter de 1,43% pour atteindre les 49 000 spectateurs de moyenne. 

Il est également important d’avoir en tête que de plus en plus d’arrêtés interdisant les déplacements des supporters de l’équipe adverse sont pris depuis 2011. On en comptait 3 en 2011-2012, 39 en 2014-2015, 125 en 2018-19 avec presque un match sur huit faisant l’objet d’une interdiction ou limitation de déplacement de supporters. Ces restrictions impactent directement les affluences des stades français qui se retrouvent avec des virages visiteurs vides si non re-commercialisés.

Maintenance qu’on a observé l’affluence moyenne de ces stades, il est intéressant de regarder ce que représente celle-ci dans la capacité globale de ces stades ave le taux de remplissage moyen sur ces mêmes saisons. 

Certains stades se remplissent, d’autres se stabilisent

Taux de remplissage des stades sur les 7 dernières saisons

SaisonBordeauxLilleLyonNiceLigue 1
2011-1260%94%81%49%73%
2012-1356%81%78%55%69%
2013-1454%78%84%70%71%
2014-1567%73%85%54%71%
2015-1660%62%81%65%70%
2016-1755%60%68%64%68%
2017-1863%69%81%64%72%
2018-1951%69%86%54%74%

Parmi les premières remarques qu’on peut se faire, on constate un boom lors de la saison de l’inauguration du stade pour les clubs qui ont doublé la capacité de leur infrastructure : 81% du côté de Lille avant de baisser jusqu’à 60% en 2016-17, 70% à Nice avant de descendre à 54% la saison 2014-15 suivante. Cela peut s’expliquer par l’attrait pour la nouveauté, l’envie de découvrir le stade, de donner une chance à un sport qu’on n’a pas l’habitude d’aller voir mais aussi un manque de fidélisation du public qui ne revient pas et qui laisse ainsi plus de sièges vides dans le stade. 

A Bordeaux, il est intéressant de constater que le taux de remplissage s’est stabilisé autour des mêmes moyennes que quand l’équipe jouait à Chaban Delmas. Cela illustre donc une augmentation du nombre de supporters et une certaine fidélisation de ces nouveaux venus. On parle de 2000 à 5000 supporters supplémentaires en moyenne par saison. Même constat du côté de Lyon où le taux de remplissage moyen est identique lors des saisons 2011-12 et 2017-18 alors que la capacité du stade a augmenté de plus de 14 000 places.

Mais alors, on peut aussi se demander combien de ces 82 000 places supplémentaires liées à l’organisation de l’Euro 2016 sont réellement utilisés et s’il n’y a pas eu la folie des grandeurs dans certains cas ?

Moyenne des places non-utilisées dans les nouveaux stades et sur une saison d’utilisation complète

SaisonBordeauxLilleLyonNiceCumulé
2011-12     
2012-13 9 564   
2013-14 11 524 11 438 
2014-15 13 639 16 315 
2015-1617 02719 918 16 452 
2016-1718 84520 69919 01512 67571 234
2017-1816 06716 98612 181 12 74857 982
2018-1920 93216 1079 10716 50162 647

Si on prend en compte les éléments suivants : 

  • la capacité cumulé des précédents stades étaient de 106 341 places
  • la capacité cumulé des nouveaux stades est de 187 111 places
  • la construction de ces nouveaux stades a rendu disponible 80 770 places supplémentaires

Et qu’on compare ce nouveau nombre de places disponibles par rapport aux nombres de places non-utilisées lors des trois dernières saisons, on constate que dans la saison qui a suivi l’Euro, seul 11% de ces nouvelles places disponibles étaient utilisés, presque 30% lors de la saison 2017-18 et 23% la saison dernière. Logiquement, nous pouvons donc penser qu’il y a un problème de commercialisation de ces places, d’attraction du public et peut-être de l’intérêt sportif des 4 équipes résidentes dans ces clubs. 

Pour comprendre s’il y a une corrélation entre résultat sportif et l’affluence moyenne, prenons en compte le classement final de ces 4 équipes lors des 7 dernières saisons. 

Le lien entre intérêt sportif et affluence 

Classement final sur les 7 dernières saisons

SaisonBordeauxLilleLyonNice
2011-1253413
2012-137634
2013-1473517
2014-1568211
2015-1611524
2016-1761143
2017-1861738
2018-1914237

Lors de la saison 2013-14, Nice finit à la 17ème place soit son plus mauvais classement sur ces 7 dernières saisons. Pourtant c’est aussi la saison où son taux de remplissage sera le plus important alors que c’est la première saison au cours de laquelle l’équipe joue dans son nouveau stade. Malgré le fait que l’équipe ait occupé la deuxième partie de tableau dès la 12ème journée, les supporters ont continué à venir au stade avec plus de 28 000 spectateurs face à Monaco le 3 décembre, et c’était un mardi d’hiver. L’affluence a commencé à stagner autour des 20 000 spectateurs par match lors de la suite de la saison mais les bons chiffres de début de saison ont permis de compenser. 

A Lyon, on sent que le public est fidèle avec un taux de remplissage qui varie très peu en fonction des résultats sportifs. Il faut dire aussi qu’on parle d’un club qui joue le podium chaque saison, avec la présence de joueurs français et internationaux majeurs qui sont des stars et qui apportent une qualité de jeu. Même s’il y a des hauts et des bas à l’OL, le club n’a pas quitté le top 5 de la Ligue 1 depuis 1998. On peut parler ici de stabilité, d’efficacité mais surtout de performance. 

Du côté de Lille, on enregistre un taux de remplissage plus important la saison 2017-18 où l’équipe finit 17èmeque lors de la saison 2015-2016 où l’équipe termine 5ème. Lors de cette saison 2017-2018, le LOSC occupe à 13 reprises la 19ème place du championnat et pourtant l’affluence ne descendra pas à moins de 26 000 spectateurs avec des pics à 43 948 personnes face à l’OM lors de la 11ème journée, 49 082 personnes face au PSG lors de la 24ème journée, 46 342 personnes lors de la 37ème journée face à Dijon. Il faut croire que même dans la difficulté, les supporters lillois ont apporté leur soutien sans faille pour pousser leur équipe. En 2015-2016, alors qu’on est dans la 4ème année d’exploitation de ce stade Pierre Mauroy, l’affluence ne passera pas la barre des 40 000 spectateurs. Il faudra se contenter de match entre 27 000 et 32 000 spectateurs alors que le club accroche une qualification pour le troisième tour de l’Europa League. 

Du côté de Bordeaux, le taux de remplissage le plus mauvais du stade est bien lié à la saison avec le plus mauvais classement : 51% pour une 14ème place en 2018-2019. On retrouve une meilleure cohérence entre affluence et classement général et on peut expliquer le taux de remplissage de 60% la saison où l’équipe termine à la 11ème place par cet effet de curiosité et de nouveauté généré par la première saison dans un nouveau stade. On remarque que du côté de Chaban Delmas, 5ème ou 7ème, le taux de remplissage est proche (4% d’écart) alors qu’au Matmut Atlantique, alors que l’équipe finit 6ème deux saisons de suite, on compte en moyenne 3 000 spectateurs supplémentaires lors de la saison 2017-2018. Le scénario de la saison était plus serré avec davantage de clubs à la lutte en haut du classement pour avoir la place qualificative pour un tour de qualification en Europa League. On remarque aussi une capacité à attirer davantage de public face à des clubs qui ne sont pas le PSG ou l’OM avec par exemple 32 626 spectateurs face à Rennes (c’est plus que face à l’OL), 31 048 face à Nantes ou encore 34 997 spectateurs face à Lille. Cela pourrait s’expliquer par la mise en vente de pack de plusieurs matchs qui permettent de s’assurer la venue de spectateurs sur des rencontres moins attractives.

Si on regarde un périmètre plus large et qu’on prend en compte la gouvernance et la vie des clubs d’un point de vue extra-sportif, il est bon de noter que les Girondins de Bordeaux ont été racheté par un fond d’investissement américain mi-2018 et que celui-ci a engrangé petit à petit de plus en plus de part au sein du club ; que le club de Lille a changé de propriétaire début 2017 ; que le club de Nice a été racheté par Ineos lors de l’été 2019 et que seul l’OL profite d’une stabilité dans sa gouvernance avec à sa tête Jean-Michel Aulas. Pour aller encore plus loin, nous pourrions nous intéresser dans un second temps à ces changements de propriétaire, leurs impacts sur la stratégie sportive et quelle relation ces directions ont décidé d’établir et entretenir avec les supporters des clubs, les mêmes qui remplissent les stades chaque week-end.

Enfin, l’un des autres objectifs liés à la construction de ces stades était de générer davantage de recettes « match day » à travers leur billetterie, les hospitalités et les dépenses sur site les jours de matchs. 

Mais au moins les recettes augmentent

Recettes match day (en millions d’euros)

SaisonBordeauxLilleLyonNiceLigue 1
2011-125 9836 400 1 862124 366
2012-137 31415 270 2 384139 533
2013-145 99411 215 5 808143 628
2014-157 21712 20812 3753 910165 114
2015-169 8409 18429 1924 920164 077
2016-178 3127 07436 7435 800181 654
2017-1814 4038 80637 2406 085190 621
2018-1913 7129 97341 8083 678201 123

Du côté de Lyon, le nouveau stade a permis d’augmenter la capacité mais surtout d’agrandir les espaces de réception et de compter notamment sur 105 loges (vs 28 à Gerland) pour augmenter ses recettes d’hospitalités. Entre la saison 2014-15 et 2018-19, les recettes « match day » ont été multiplié par 3,8 du côté de l’OL. Pour Lille et Nice dont l’augmentation de la capacité avait généré un boom dans l’affluence la première saison, on constate aussi des revenus en forte hausse lors de la première année au sein de leur nouveau stade avant d’enregistrer une petite baisse pour mieux stabiliser leurs produits. Même constat à Bordeaux où les recettes ont augmenté grâce aux hospitalités et l’exploitation des salons et loges qui représentaient 42% en 2017-18 et 43% en 2018-19 des recettes globales.

La modernisation des enceintes permettant de mieux accueillir le grand public mais aussi les personnes profitant des espaces hospitalités avec davantage d’espaces réceptifs paouvant être utilisés pour une exploitation hors jour de match a permis à ces clubs de diversifier leurs revenus. En effet, l’accroissement de recettes match day permet d’être moins dépendant de d’autres revenus comme les droits tv ou les recettes de sponsoring.


Les éléments listés ci-dessus ont vocation à nous faire réfléchir sur comment faire en sorte que ces nouvelles places, qu’a généré l’organisation de l’Euro, trouvent preneurs et ainsi combler les sièges vides des stades de Ligue 1 mais aussi mieux comprendre les faits sociaux et contraintes géographiques qui influencent l’affluence dans les stades.

Pour compléter cette étude, il pourrait également être judicieux de s’intéresser à la politique tarifaire de la billetterie mise en place par chaque club afin de déterminer s’il est vraiment possible d’augmenter la fréquentation familiale des tribunes avec des offres attractives et à prix raisonnable tout en amortissant le coût de ces stades neufs.

Dans une logique d’attraction mais aussi de fidélisation du public en lui faisant vivre la meilleure expérience possible, de plus en plus d’animations sont proposées en avant-match au travers de fanzone mais aussi en après-match pour augmenter le temps que le spectateur passe au stade et par la même occasion, l’argent qu’il y dépense. Ces animations sont nécessaires pour plaire et convaincre ce public avide d’expérience qui n’hésitera pas à revenir s’il a été convaincu ou au contraire, à dyscrétiter celle-ci si ça ne lui a pas plus.

Attirer du public dans les stades à l’heure où le catalogue des produits de divertissement ne cesse de grossir n’est pas une tâche facile et pourtant un enjeu majeur pour générer plus de revenus.


Vie de déconfinée

Voilà pratiquement une semaine que nous sommes déconfinés et de vous à moi, mes vies de confinée et de déconfinée ont plus de points communs que deux vrais jumeaux qui partagent le même ADN. 

Contrairement à ceux qui ont déjà organisé les apéros, replanifié les rendez-vous loupés ces deux derniers mois ou encore prévu d’être à 9h devant chez Zara lundi matin, je n’avais rien prévu de plus que ce que j’avais l’habitude de faire ces huit dernières semaines. A l’agenda on comptait une sortie pour faire les courses et une autre pour passer à La Poste. Le seul changement a donc été de ne pas à avoir à faire d’attestation de sortie et de porter un masque qui est obligatoire pour entrer dans la plupart des espaces confinés.

On ne va pas tourner autour du pot très longtemps, le masque ça nous protège et il faut le porter (surtout si vous ne voulez pas être regardé de travers par tous les autres individus de notre société) mais ce n’est pas l’objet le plus pratique conçu sur cette Terre. 

Pour commencer, si vous portez des lunettes comme moi, vous avez fait l’expérience de la buée permanente sur vos verres et excepté compatir, je ne peux pas faire grand chose pour vous. Ensuite, vous n’avez pas pu passer à côté de cette impression de suffoquer derrière votre petit bout de tissu à force d’expirer de l’air chaud qui reste dans votre masque et que vous réinspirez continuellement. D’ailleurs si j’ai un peu suivi en SVT, ça veut dire qu’on réinspire le CO2 dont nos cellules essaient de se débarrasser non ? Je vous laisse méditer là-dessus… Enfin, problème de riche je sais bien mais, le Face ID de l’iPhone a perdu toute son utilité. Il faut à présent taper son code or avec de la buée plein les lunettes, pour une fois ça aurait été bien utile de déverrouiller son portable d’un sourire.

Ne me méprenez pas, lister ces défauts n’est pas une raison pour ne pas porter votre masque. C’est un outil indispensable, obligatoire, fondamental, primordial et j’en passe pour protéger les autres et vous ne devriez pas le négliger (en le portant sous votre nez par exemple).

Autre nouveauté de cette semaine que j’avais arrêté d’expérimenter depuis le 11 mars : regarder un match de football. 

Dans un monde sans pandémie il était prévu que je me rende au Parc des Princes hier soir, à l’occasion du dernier match du PSG à domicile cette saison et de la remise du trophée de champions. Mais nous sommes dans un monde avec pandémie alors je me suis rabattue sur la reprise de la Bundesliga et plus spécifiquement, le derby de la Ruhr.

Je ne suis pas là pour donner mon avis sur si c’est prudent ou non de reprendre une compétition sportive néanmoins, croyez-moi, regarder un match de football dans les conditions de notre monde actuel est une expérience surprenante. Au début je pensais ressentir un sentiment de bonheur et de complétude, le même que vous ressentez quand vous retrouvez un être cher mais avant de ressentir cela, il a fallu que je me fasse à l’idée que je regardais un football aseptisé et différent de celui que j’ai l’habitude de mater le dimanche soir.

Les 20 premières minutes, il faut vous familiariser avec l’environnement. Pas de supporters dans les tribunes, les plans sur les remplaçants les montrent éloignés et masqués, pas de poignées de main, un arbitre qui fait à pile ou face en prenant ses précautions… Et puis très vite arrive le premier corner et quand vous voyez tous ces joueurs relativement serrés dans la surface près à sauter pour positionner leur tête, vous vous dites que ça y est, votre football est de retour. En voyant cette scène, vous saute aux yeux le contraste entre l’environnement hors pelouse, surprotégé et veillant au protocole, et l’environnement sur la pelouse, sous protégé avec un football qui reprend tout simplement ses droits. Cela vous fait vous demander si c’est bien utile finalement de faire porter un masque à un joueur remplaçant qui rentrera à la 68ème et qui se retrouvera lui aussi collé aux autres dans cette surface de réparation lors d’un prochain corner. 

Ce qui est rassurant, c’est que votre language des soirs de match retrouve lui aussi sa place comme s’il ne vous avait jamais quitté. Vous voilà à nouveau à râler sur les corners joués à deux, à encourager celui qui ose partir en contre à base de « cours Forrest, cours !», à souffler quand l’arbitre fait le signe de la VAR, à élever la voix pour dire à un joueur d’arrêter de parler à l’arbitre, à presser un joueur de tirer son coup franc… C’est comme le vélo, commenter un match en vous prenant pour Grégoire Margotton ça ne s’oublie pas (même si Grégoire Margotton ne râle pas beaucoup lui).

Il reste quand même une chose qui ne change pas au fil des minutes, qui ne devient pas meilleure avec le temps, c’est le silence. Ces tribunes vides font résonner les consignes des entraîneurs malgré leur masque sur le visage et sont là pour nous rappeler que même si les tacles ont repris, il y a quelque chose qui cloche. Sans chant, sans tifo, sans animation, la dimension spectacle et divertissement propre à ces sports déchaînant les foules s’efface pour laisser place à la triste impression de regarder un match de tennis où la seule réaction tolérée est lorsqu’un point est marqué. Loin de moi l’idée de dire que le tennis est triste à regarder, j’aurai aussi pu prendre l’exemple du billard, juste que si je regarde du football, c’est aussi pour son ambiance et que si je regarde du tennis, c’est surtout pour le coup droit de Nadal parce qu’excepté si je suis au Mutua Open à Madrid, il y a vraiment peu de chance pour que se lance une ola et des acclamations « Rafa, Rafa, Rafa » dans les tribunes du court. Dans le football, l’ambiance et l’animation des tribunes contribuent à 50% de la rencontre à laquelle vous assistez.

C’est bien de voir un peu de football comme c’est bien de pouvoir sortir sans attestation mais ce sera quand même sacrément génial quand on retrouvera des stades de football remplis et qu’on pourra faire ses courses sans masque sur le nez.

D’ici là, prenez soin de vous et sortez couvert.

Ligues féminines de football et impacts du covid-19

*Article available in English*

Le 17 avril, la FIFPRO alertait en publiant un rapport mettant en évidence que le football féminin pourrait faire face à une « une menace existentielle » au lendemain de la pandémie. Il est vrai qu’alors qu’on s’inquiète du sort de championnats majeurs comme la Premier League ou La Liga, peu de voix s’élèvent pour défendre le football féminin qui a pourtant, lui aussi, besoin de ses revenus marketing et de billetterie pour survivre dans ce contexte.

Ce rapport soulignait qu’à défaut de prioriser la reprise des ligues comme dans le football masculin, ce sont davantage les rencontres internationales qui étaient à favoriser pour le football féminin. En effet, la majorité des joueuses sont dépendantes des compensations financières et des paiements de services fournis pas leur fédération. De plus, le report des Jeux Olympiques en 2021 et de l’Euro féminin en 2022 ne permettra pas à la discipline de rebondir sur le succès qu’a été la dernière Coupe du Monde en termes de visibilité. Aujourd’hui, le football féminin a besoin de ces fenêtres internationales pour maximiser son exposition et convertir le public en consommateur régulier. Malgré une fréquentation des stades en hausse lors des grands événements avec une moyenne de 21 756 spectateurs par match lors de la Coupe du Monde 2019, moins de 1000 spectateurs en moyenne assistent à une rencontre de championnat dans la plupart des ligues sauf aux Etats-Unis. Lors de la saison 2018-2019, on comptait en moyenne 920 spectateurs par match en D1 en France (vs 608 en 2017-2018), 833 en Frauen-Bundesliga, 1010 en FA Women’s Super League et 7 337 en NWSL, le championnat américain.

L’autre particularité soulignée par ce rapport est que de nombreuses joueuses n’ont pas de statut professionnel, seulement 18% selon les critères FIFA en 2017, et elles ne peuvent, par exemple, pas adhérer à un syndicat. Ainsi, ces joueuses ne sont pas protégées contre la perte de salaire ni soutenues dans les conflits du travail avec les clubs. Le risque à long terme est que des clubs cassent des contrats existants, 47% des joueuses n’avaient pas de contrat en 2017, et que des joueuses se retrouvent complètement au chômage. Cette crise met en évidence le manque de professionnalisation et de cadre légal que subit la discipline et c’est ainsi que Jonas Baer-Hoffman, secrétaire général de la FIFPRO espère « construire une base plus solide pour l’avenir ».

En attendant d’avoir davantage de visibilité sur les potentielles futures rencontres internationales si importantes pour la santé de la discipline, tour d’horizon de la situation dans plusieurs ligues féminines européennes.

D1 Arkema : arrêt le 28 avril

En France, le championnat de France féminin est régi par la Fédération Française de Football. Quand cette dernière a annoncé l’arrêt de ses compétitions allant du district au national 2 le 16 avril dernier, elle laissait encore en suspens sa décision pour la première division féminine. Quelques jours plus tard, le 28 avril, le comité exécutif de la fédération prenait acte de « l’impossibilité d’organiser des matches et de reprendre les championnats de la saison 2019-2020 en cours » suite à l’annonce du premier ministre et annonçait « Concernant les compétitions de la D1 Arkema féminine et du National qu’elle gère directement, la FFF constate l’impossibilité de poursuivre la saison dans le cadre de ces nouvelles mesures sanitaires. Une prochaine réunion du Comex de la FFF précisera les règles de gestion sportive de la saison 2019-2020 et statuera sur les conditions de redémarrage de la saison 2020-21. ». En parallèle, l’UNFP avait consulté les joueuses et un tiers à peine d’entre elles étaient favorables à la poursuite de la saison.

Alors que les deux promus en D1, Issy les Moulineaux et Le Havre, ont été acté rapidement par la FFF, il a fallu attendre ce jour pour connaître les championnes de la saison 2019-2020 de D1 Arkema. La FFF a attribué son 14ème titre consécutif au leader du championnat, l’Olympique Lyonnais, et a acté la seconde place du Paris Saint-Germain qui se qualifie pour la Women’s Champions League.

Liga Iberdrola : arrêt le 6 mai

En Espagne également, le championnat féminin de football est sous l’égide de la Fédération Espagnole de Football, la RFEF. Celle-ci a annoncé mercredi dernier l’arrêt des compétitions non professionnelles dont elle a la responsabilité avec différentes particularités en fonction des spécificités des compétitions comme celles qui demandent une phase finale. La suite de la Copa de la Reina se jouera ainsi ultérieurement lors de la saison 2020-2021. Le FC Barcelone a été déclaré champion et les montées de Santa Teresa et Eibar ont été officialisé alors que la RFEF a décidé de faire l’impasse sur la relégation de deux équipes pour créer une ligue à 18 équipes. Une décision qui ne plaît pas à tout le monde et qui illustre à nouveau le fossé entre le football féminin et masculin puisque La Liga, elle, devrait reprendre. Plusieurs joueuses déplorent qu’on ne les considère toujours pas comme des professionnelles malgré la rigueur imposée et qu’on les rabaisse à des décisions qu’on applique pour des compétitions de troisième rang. Les joueuses ont été d’autant plus blessée que le rugby féminin pourra reprendre en Espagne et demandent une homogénéisation des décisions.

Quelques jours auparavant, Pedro Malabia, directeur du football féminin à La Liga, avait alerté sur le fait que la décision d’arrêter la compétition ne serait pas prise à la légère. En effet, pour la première fois, la compétition générait des droits tv et en arrêtant le championnat à ce stade, cela représentait 600 000 euros de pertes de recettes pour les clubs. Ajoutez à cela les publicités et le marketing soit près de 1M d’euros en moins qui auront forcément un impact dans un futur proche sur les contrats des joueuses et la stabilité financière de clubs qui ne peuvent pas compter sur leurs homologues masculins pour avoir des liquidités.

Serie A : décision le 25 mai

Pour la petite histoire, la Serie A et la Serie B féminines sont organisées par la Fédération Italienne de Football, la FIGC, seulement depuis la saison 2018-2019. Auparavant les équipes se répartissaient entre plusieurs fédérations indépendantes qui avaient du mal à se mettre d’accord pour en former une unique néanmoins le championnat italien existe dans sa configuration actuelle depuis 1974.

Depuis le 10 mars dernier, les compétitions féminines sont suspendues. Alors que côté football masculin, les entraînements individuels de joueurs ont pu reprendre depuis le 4 mai en attendant les entraînements collectifs prévus à partir du 18 mai, les équipes féminines elles sont à l’arrêt jusqu’au 25 mai en attendant de savoir si le championnat reprendra. Même si les entités gouvernantes sont différentes, il y a espoir que si la Serie A masculine reprenne avec un protocole médical validé par le gouvernement, alors si soumis aux mêmes directives, le championnat féminin pourrait également reprendre. Il reste 6 journées à jouer et la Fiorentina (35 points) rêve de rattraper la Juventus (44 points) afin d’accrocher sa place pour la Women’s Champions League sans risquer de passer par un tour de qualification avec le nouveau format de la compétition en 2020-2021.

FLYERALARM Frauen-Bundesliga : décision le 25 mai

Comme pour les précédentes compétitions, le championnat féminin allemand est sous la tutelle de la Fédération Allemande de Football, la DFB. De 1990 à 1997, le championnat était organisé en deux ligues géographiques : le nord et le sud, et à la fin de la saison, le premier du nord rencontrait le premier du sud pour élire l’équipe championne. Comme tous les autres championnats, sauf la Liga Iberdrola, le championnat est composé de 12 équipes.

Le 16 mars dernier, le championnat a été suspendu néanmoins l’Allemagne ne s’est jamais avouée vaincue et défend depuis le début pour une reprise des compétitions. Le 30 avril, onze des douze clubs du championnat ont voté pour la poursuite de la saison dans le respect des exigences de santé. Par ailleurs, des clubs comme le Bayern Munich avait déjà repris l’entraînement fin avril en petit comité, avec l’interdiction de tacler ou encore de rentrer en contact. Même si l’entraînement sans masque est autorisé, les joueuses ne peuvent ni manger, ni se changer, ni se doucher au centre d’entraînement. Il reste actuellement 6 journées de championnat et entre 6 et 8 matchs aux équipes pour clore la saison. Le VfL Wolfsburg est en tête avec 46 points tandis que le Bayern (38 points) et 1899 Hoffenheim (37 points) se disputent la seconde place qualificative pour la Women’s Champions League.

Le 6 mai, la chancelière allemande Angela Merkel a annoncé que « La Bundesliga peut reprendre à partir de la deuxième moitié de mai en respectant les règles qui ont été convenues. » permettant ainsi aux championnats masculins allemands de première et seconde division de se remettre en ordre de marche pour reprendre la saison à partir du 16 mai. Cette annonce fait suite à la formulation de procédures médicaux et le test systématique pour tous. Suite à cette avancée, il a été demandé à la fédération allemande de développer une procédure équivalente pour la troisième division et le championnat féminin et un fond de solidarité a été créé par celle-ci pour payer les tests nécessaires aux clubs qui ne pourraient pas s’en procurer. Une décision définitive devrait être prise le 25 mai avec l’espoir que le championnat reprenne le 29 mai.

Barclays FA Women’s Super League : suspendue depuis le 13 mars

La Barclays FA Women’s Super League est comme son nom l’indique organisé par la Fédération Anglaise de Football, la FA. Depuis cette saison, elle possède un naming avec la présence de Barclays qui a signé un contrat de 3 ans pour un peu plus de 10 millions de livres. Depuis la saison 2017-2018, la ligue est professionnelle, la première en Europe. Cette professionnalisation a été vu comme une opportunité pour améliorer l’attractivité de la discipline avec de meilleures joueuses qui permettraient de créer un meilleur produit mais aussi une contrainte pour certains clubs ne pouvant pas se plier aux critères nécessaires pour acquérir une nouvelle licence pour jouer dans la ligue. Parmi ces critères, les clubs devaient offrir à leurs joueuses un contrat minimum de 16h par semaine en plus des matchs (ou 8h pour les clubs semi-professionels), mettre en place une académie de jeunes ou encore limiter les dépenses hors-terrain à 120 000£. Suite à cela, Sunderland avait été rétrogradé en troisième division tandis que Brighton & Hove Albion et West Ham United avaient été promus.

Le gouvernement britannique a annoncé ce jour que des événements sportifs pourront se tenir à partir du 1er juin à huis clos, une décision qui va dans le sens de la Premier League qui souhaite reprendre. Le gouvernement a précisé que cela serait possible si et seulement si la propagation du virus était de plus en plus limitée et s’il était possible de respecter la distanciation sociale lors de ces événements. Un protocole médical devra également être validé et des tests effectués systématiquement pour toutes les joueuses. Au sujet des tests, des points de divergences ont été déjà été soulevés entre les clubs de WSL et Championship avec la FA, notamment sur le fait que tous les clubs ne pouvaient pas se permettre de payer des tests pour tout le monde. En effet, la situation financière de clubs modestes, non-affilié à des clubs masculins, est inquiétante. Le 28 avril dernier, le club féminin de l’AFC Flyde jouant en National League (troisième division anglaise) et pourtant affilié au club masculin du même nom, annonçait sa dissolution par manque de ressources. Certains propriétaires de clubs n’hésiteront pas à dissoudre leur effectif féminin, qui repose souvent sur les contrats et la stabilité de son équipe masculine, pour faire des économies.

Malgré la pandémie, la bonne nouvelle pour la ligue anglaise est que la fédération est entrée en contact avec la nouvelle agence Women’s Sports Group afin de vendre les droits tv de la Barclays FA Women’s Super League actuellement disponible gratuitement via la BBC (pic d’audience en moyenne à 285 000) et BT Sport (pic d’audience en moyenne à 85 000), ainsi qu’internationalement (sauf en Australie) via son FA player en ligne. Ces droits tv pourraient être une source de revenu supplémentaire, actuellement non prévue dans les montages financiers des clubs, leur permettant de combler le manque dû à la suspension actuelle du championnat.

En attendant davantage de précision sur la reprise du championnat, fin mars, la fédération se donnait jusqu’à début août pour terminer la saison dont il reste encore 6 journées mais avec 9 matchs à jouer pour Birmingham, 11ème, et seulement 6 pour le leader Manchester City. Chelsea, 2ème, se bat pour garder sa place qualificative pour la Women’s Champions League tandis qu’Arsenal, à 3 points derrière, fera tout pour prendre leur place. Pourtant à la dernière place du championnat, Liverpool est l’un des clubs de WSL qui souhaitent la fin du championnat par peur de précipiter une reprise où la sécurité des joueuses ne serait pas assurée.


Monde du sport à l’arrêt : 20 idées de contenus pour engager sa communauté

Nous sommes dans une société de l’instant. Celle où on commente en live une rencontre de basket, celle où on crée un album photo sur Facebook pour partager son voyage, celle où on poste en story Instagram les extraits de notre concert du jeudi soir, celle où on laisse un mauvais avis sur Yelp dès qu’on n’est pas satisfait d’un restaurant… Notre société partage chaque instant, chaque expérience de sa vie sur les médias sociaux. Certains diront que c’est génial, d’autres que c’est dangereux, là n’est pas le débat aujourd’hui.

Prenons donc cette société de l’instant et les événements sportifs. Chaque jour, les comptes de nos équipes et événements sportifs favoris animent leurs communautés à travers des contenus instantanés, inédits, qui plongent le fan au coeur de l’équipe, dans les coulisses, qui lui relatent ce qu’il se passe en temps réel à l’entraînement, dans l’arena, lors de la rencontre ou bien même lors des journées promos… Ou du moins, ils racontaient.

Depuis une quinzaine de jours avec l’arrêt des compétitions et les reports d’événements sportifs un à un, les calendriers éditoriaux sont bousculés. Il n’y a plus d’actions en temps réel à raconter, il n’y a plus de rencontres à couvrir, il n’y a plus de contenus instantanés. Il a fallu tout repenser sans savoir sur combien de semaines ce nouveau calendrier éditorial devait se projeter. Il a fallu réfléchir à quelles histoires raconter, comment faire de la prévention et rappeler les bonnes pratiques sans pour autant oublier d’animer, de divertir, d’engager et d’entretenir le lien avec les fans en cette période inédite.

On l’a vu, les lives Instagram se sont multipliés – d’ailleurs on adore la nouvelle bromance entre Benoît Paire et Stan Wawrinka. Les cours de sport et les tutos « comment s’entretenir à la maison » font fureurs bien que finalement il finit par trop y en avoir et on ne sait plus où donner de la tête. Twitch est plus que jamais au coeur des discussions avec les artistes qui y font des concerts et les sportifs qui ont enfin un peu le temps pour jouer à des jeux vidéos. Bref, ce n’est pas parce qu’on ne peut plus sortir qu’on ne peut plus s’amuser.

A suivre donc, 20 exemples de contenus digitaux bien pensés pour vous inspirer.

1. Fouiller dans les archives pour des posts « On this day… »

Le contenu « On this day » a toujours été très populaire car il plaît aux nostalgiques, permet aux jeunes passionnés de se replonger dans l’histoire de leur club et met en avant des anciennes gloires. Alors que les plannings édito s’allègent, c’est le moment idéal pour éplucher les archives et produire davantage de mise en avant de ce qu’il a pu se passer il y a 5, 10, 15 ans ou plus. Fouiller dans les archives permettra même de constituer des threads, de faire des séries thématiques sur une certaine action ou face à un certain adversaire. C’est grâce à ces archives qu’ils nous restent du contenu sportif à partager alors trouvons l’angle et partageons-le.

2. Organiser des jeux, concours, challenge…

Place au divertissement avec des jeux pour distraire sa communauté. Cela passe par des quizz comme : Connaissez-vous l’histoire de Chelsea ? Avez-vous bien suivi le début de saison de Strasbourg ? ; des jeux concours pour gagner du merchandising, des jeux de société façon Trivial Pursuit au Séville FC ou encore le lancement de challenges pour concurrencer celui des jongles avec un rouleau de papier toilette. Les New York Red Bulls ont lancé le leur et par la même occasion, en ont profité pour promouvoir leur compte TikTok.

3. Miser sur le UGC : User Generated Content

A défaut de pouvoir créer des contenus comme on a l’habitude d’en faire, avec ses athlètes, sur ses événements, il y a aussi la solution d’utiliser le contenu des autres à savoir celui créé par ses fans. C’est facile et c’est une bonne manière de les mettre en avant. Par exemple, manquant de goals à mettre en avant ce mois-ci parce que la saison est suspendue, Manchester City invite ses fans à envoyer des vidéos de leur but dans leur jardin pour tout de même créer une vidéo highlight des buts du mois.

4. Continuer sa saison en ligne

Ce n’est pas parce que les championnats sont suspendus que toutes les équipes ont décidé de mettre en suspens leur calendrier. Du côté des Suns, on honore celui-ci en jouant les matchs prévus sur NBA 2K. Une manière de continuer à donner rendez-vous à ses fans, de les distraire, de créer du contenus, de mettre en avant ses sponsors et d’engager une nouvelle communauté sur Twitch. Leur première rencontre avait d’ailleurs attiré 126K viewers unique. Pareil côté F1, Veloce Esports donne rendez-vous sur Twitch et Youtube chaque dimanche de GP pour suivre la course disputée par des personnes du monde du sport auto mais pas que puisque Thibaut Courtois a aussi pris le départ du GP d’Australie et de Bahreïn. Deux courses qui ont cumulé 4,5M d’impressions sur les médias sociaux à elles deux.

5. Remettre au goût du jour une ancienne campagne

En 2019, les Houston Rockets avaient lancé une opération #FanArtChallenge lors de laquelle les meilleures soumissions avaient été recréées aux abords du Toyota Center donnant vie à une série « From IG to IRL ». Cette fois-ci a priori il n’y aura pas de d’activation terrain associé à cette opération mais la possibilité d’être mis en avant sur le compte Instagram de la franchise.

6. Créer du contenus pour les enfants

Pendant cette période de confinement, il faut certes continuer l’école à la maison mais aussi trouver de nouvelles distractions pour les enfants. On a pu voir pas mal de coloriages fleurir et l’OL a carrément lancé une nouvelle rubrique pour divertir ses jeunes fans. Aux Etats-Unis, l’équipe de baseball des Redsox a même créé un petit livret d’exercices à imprimer pour apprendre de manière toujours ludique.

7. Faire revivre des rencontres avec les fonctionnalités d’aujourd’hui

Quand on y pense les réseaux sociaux c’est plutôt récent dans l’histoire du sport et combien d’événements et de rencontres n’ont pas été partagé sur internet ? Aujourd’hui on peut partager des gifs, inclure des vidéos dans des tweets, commenter des rencontres via Twitch, inclure des sondages pendant une diffusion… Un tas de fonctionnalités qui nous offrent l’opportunité de vivre les matchs d’hier dans les conditions d’aujourd’hui.

8. Faire de la prévention de façon ludique

Dans une situation aussi exceptionnelle, les clubs qui comptabilisent des millions de fans ont bien sûr une responsabilité à engager dans la prévention et la communication des bonnes pratiques à adopter. Beaucoup ont lancé des tutos lavage de mains mais à l’image de ce qu’a proposé Stephen Curry hier sur son compte Instagram, il y a aussi d’autres manières de faire de la prévention. Il a convié le Dr Fauci à répondre en live à ses questions et celles de sa communauté sur le virus et la situation sanitaire actuelle. Une bonne manière de toucher une large audience, d’informer et de rendre accessible des renseignements importants à tous. Même si on partage les bons gestes, rien ne vaut une conversation avec un professionnel de santé pour nous éduquer.

9. Développer une grille de programmes digitaux

Manque de chance pour la MLB, le lancement du championnat n’a pas pu avoir lieu comme prévu et c’est toute la programmation qui se bouscule. Pas grave, celle-ci peut changer et tout de même satisfaire tous les fans en proposant sur ses différents canaux des rencontres et moments forts des précédentes saisons. La majorité des entités sportives ont déjà adopté l’idée et donnent rendez-vous à leurs fans sur Facebook, YouTube, Twitch et autres en fonction de ce qu’ils ont envie de regarder.

10. Prendre des nouvelles de ses athlètes

Puisqu’on nous invite à appeler nos grand-parents, prendre des nouvelles de nos amis et particulièrement ceux qui sont seuls, pourquoi pas aussi appeler les athlètes et prendre de leurs nouvelles. Une conversation intimiste qui nous plonge dans les mêmes conditions que quand on appelle nos amis et qui crée du lien. Au PSG, on appelle les joueuses pour savoir comment vont-elles.

11. Développer une série de contenus homemade

En terme de création de contenus, tous les clubs sont dans la même situation. Alors à moins d’avoir demandé à chacun de ses joueurs d’être confiné avec une équipe de production, fini les caméras et les micros sons, bonjour les vidéos à l’iPhone. Est-ce que c’est grave ? Non. Qui dit période exceptionnelle, dit moyen exceptionnel et s’il faut accepter de baisser un peu ses standards en terme de qualité pour avoir du contenu divertissant, faisons-le. Les Raptors le font très bien et ça donne d’ailleurs un style bien propre à leur série.

12. Prendre l’avis de sa communauté

En manque d’idées ? Demandez à votre communauté ce qu’elle veut voir, vous vous assurerez de ne pas faire de déçus. Demandez-leur quel but ils souhaitent revoir, quel match ils veulent que vous rediffusiez, quel joueur ils aimeraient voir en live, quel inside ils aimeraient découvrir… Bref, donnez-leur la parole et si vous ne pouvez pas accéder à toutes les requêtes, notez-les pour quand vous pourrez créer du contenus dans de meilleures conditions.

13. Proposer des contenus qui ne sont pas « que » sport

Si vous souhaitez comprendre comment vous pouvez faire profiter de votre exposition à des sujets sociaux et sociétaux, le compte twitter de l’AS Roma est une véritable masterclass. Après avoir associé ses annonces mercato à des annonces d’enfants disparus l’été dernier, l’AS Roma a décidé de profiter de sa large communauté pour mettre en lumière le personnel hospitalier italien. Ici et là, il partage des photos de ces soignants. Ils font aussi la promotion de leur programme « Roma Cares » en notifiant leurs initiatives sociales comme d’adresser à leurs abonnés de plus de 75 ans des paquets contenants nourritures, médicaments et masques ou encore de la mise à disposition de produits de santé au corps médical.

14. Promouvoir ses autres plateformes

Si vous avez quelque chose à offrir, un truc en plus, c’est le moment. Les fans sont à la recherche d’exclusivités et d’offres spéciales qui les combleront. C’est ainsi que des compétitions comme la NFL et la NBA ont offert leur Game Pass, que Manchester City a rendu gratuit l’accès à sa chaîne télé et à ses contenus exclusifs en ligne. Cette période est un moment où vous pouvez faire la promotion de toutes vis plateformes en proposant aux fans de découvrir les avantages de celles-ci pour ensuite espérer les convertir lead une fois la période gratuite terminée.

15. Interagir avec les fans mais aussi avec les autres entités sportives

Interagir, répondre aux fans, c’est très important en cette période. Les surprendre même en répondant à des mentions indirectes leur fera toujours plaisir. C’est une très bonne manière de leur montrer que malgré la cessation d’activité, le club continue à les écouter et prendre soin d’eux. C’est aussi une opportunité d’interagir avec d’autres comptes en se lançant dans des parties de puissance 4 ou bataille navale virtuelles ou en les taguant sur des challenges.

16. Communiquer sur l’évolution de la situation pour l’entité

Dans le contexte actuel, la transparence est la clé puisque tout le monde vit la même chose. Du côté du FC Barcelone, l’entité a créé une page pour informer de la situation de toutes ses équipes, expliquer ce qui est mis en place, comment le report de d’autres compétitions les affectent, comment l’entraînement continue à distance… Une transparence qui permet de bien comprendre comment le club vit la situation et tente d’installer de la continuité dans ses activités.

17. Mettre à l’honneur un match ou une sportif

Toujours dans cette logique de se servir de contenus passés à l’heure d’aujourd’hui, on peut créer des temps forts, des journées autour d’un match ou d’un athlète. Du côté des Lakers, ils ont choisi pour chaque match qui était encore au calendrier de la saison de partager les meilleurs moments des précédentes confrontations. Un moyen astucieux d’animer un temps où il y aurait dû avoir un match grâce à ses archives et d’engager sa communauté autour de ses souvenirs. La même chose peut être mis en place si l’anniversaire d’un joueur tombe pendant cette période en partageant ses meilleures actions et ses meilleurs moments sur les réseaux.

18. Mobiliser ses athlètes pour créer du contenu lifestyle

Créer des vidéos de routine sportive ? OK. Créer des vidéos de challenge ? OK. Créer des vidéos pour montrer comment on doit se lever les mains ? OK. Une fois qu’on a fait le tour de ces contenus que tout le monde produit, comment aller plus loin pour créer du lien avec sa communauté tout en engageant les sportifs ? Il faut aller dans le lifestyle et le quotidien de ceux-ci. Quels sont leurs passions en dehors du sport ? Les loisirs créatifs, la cuisine, la mode, l’art, le jardinage… De quoi pourraient-ils parler qui ne parle pas de sport ? Chelsea a décidé de partager les recommandations Netflix de ses joueurs mais on pourrait aussi les lancer sur une recette de cuisine, le partage d’un objet qui leur porte bonheur, leur demander de nous raconter des anecdotes…

19. Animer des Q&A en live

Alors que les athlètes multiplient les live en tant qu’initiative personnelle, cela peut aussi être l’occasion de créer une session Q&A avec un athlète sur le compte de son équipe. Renault F1 Team a l’habitude de proposer des Facebook Live tout au long de la saison avec les pilotes mais aussi les mécaniciens, les pilotes de l’Academy, l’encadrement… C’est donc un concept habituel qu’ils ont adapté à la situation pour prendre la parole en tant que structure.

20. Donner le contrôle de ses comptes à un athlète

Et si on relançait la mode des takeover ? Que ce soit sur Twitter, sur Instagram, sur TikTok ou autre, c’est peut-être le bon moment pour redonner la parole aux athlètes, sans filtre. C’est leur carte blanche, ils peuvent parler, montrer, partager ce qu’ils souhaitent et comme ils le souhaitent. C’est là aussi l’occasion de reprendre la parole sur des comptes équipes pour y partager du contenus que les athlètes peuvent proposer sur leurs réseaux personnels. Encore une fois la logique de proximité et de garder du lien est présente et cela permet de réunir deux communautés sur un compte.


Monde du sport à l’arrêt : 20 idées de contenus pour engager sa communauté

Le sport que j’aime

D’habitude, quand ça va mal, le remède miracle c’est le sport.

Faire du sport, regarder du sport, aller assister à une rencontre de sport. Quand le moral est à 0 ou qu’une épreuve vient de frapper, le sport a toujours été là pour nous réconforter et nous faire oublier. Cela a été le cas dans la maladie, pendant les guerres ou quand on a été frappé par le terrorisme. Avec le sport, on a toujours été plus fort. Il fut notre échappatoire et c’est avec lui qu’on a combattu nos peurs, nos angoisses et nos tristesses.

Le sport c’est ce meilleur ami qui à chaque instant de la journée peut t’apporter une médaille d’or ou de la frustration, l’envie de danser la Macarena dans l’openspace ou de l’énervement parce ce que ce n’est pas sorcier quand même de cadrer son ballon, bordel! C’est deux sets pour Monfils à 14h, une médaille de Fourcade à 16h, une victoire du PSG à 23h, tout ça pour finir sur une défaite des Knicks à 3h du matin. C’est des hauts et des bas, de l’espoir, de la tension, de l’émotion.

Aujourd’hui, un virus a décidé de contrarier tous nos plans et par la même occasion toutes nos émotions. Celui de faire du sport, donc de ne plus assister et de regarder du sport. Celui de crier à en perdre ses cordes vocales au stade et de se réveiller avec hâte pour découvrir les scores des rencontres NBA de la nuit. Des ligues suspendent leur championnat, des événements se déroulent à huis-clos, d’autres sont reportés. Le sport est en pause forcé par souci de prévention et de plus en plus, de réaction à l’actualité.

Néanmoins puisque le sport est si important, certains ont décidé de défier ces mesures. Pendant que les journaux télévisés passent 25 minutes à nous parler du covid19, il nous reste encore une fois que le sport pour nous changer les idées et nous faire espérer un monde meilleur. Le monde de demain où l’Euro 2020 est une grande fête et où l’équipe de France Olympique bat son record de médailles. Bah quoi, c’est bien les seuls deux événements pour lesquels il nous reste un mince espoir cette année.

On parle de 3000-4000 supporters réunis hier devant le Parc des Princes pour soutenir le PSG par la voix et les feux d’artifices lors de leur rencontre à huis-clos face à Dortmund. On peut se dire qu’ils sont fous, qu’ils prennent un risque et c’est bien vrai mais on peut aussi comprendre que dans cette période où petit à petit nos libertés sont mises en quarantaines, ils avaient besoin de ces 90 minutes d’échappatoire qu’ils anticipaient depuis des semaines. Tout comme les supporters de Valence qui s’étaient massés devant Mestalla mardi soir.

Amoureux du sport, on a compris qu’il fallait vivre au jour le jour. Voir presque heure par heure. Tous les événements sont sous la menace d’une suspension et on ne sait plus quand nous pourrons aller encourager notre équipe, quand nous pourrons vibrer derrière notre télévision, quand nous devrons à nouveau user de cafés pour suivre en live des rencontres sujettes au décalage horaire.

Aucune mesure est prise à la légère car aucun événement sportif est plus important que la santé des athlètes, de l’encadrement, des familles et des fans.

Parfois, quand on s’enflamme un peu trop et qu’on menace de ne plus jamais mettre le pied au Portugal après la finale de l’Euro 2016, on aime nous rappeler que le sport est qu’un jeu. Un jeu qui ne vaut pas la peine de se rendre malade. Je sais, c’est compliqué à admettre pour les fervents supporters et passionnés.

Le sport est qu’un jeu et pourtant, je n’ai pas trouvé un autre loisir qui me fait vivre l’extraordinaire, qui me permet de me retrouver au milieu de 2 millions de personnes sur les Champs-Elysées, d’être mêlée à des personnes d’âges et classes sociales différentes, de voyager dans le monde entier, de me sentir moins seule quand je suis à l’étranger et qu’on attaque ma ville, de me changer les idées après un enterrement, qui me fait m’engueuler avec mes meilleurs potes parce qu’ils sont ignorants et ont choisi de supporter les mauvaises équipes, qui me fait prendre position sur la mixité, la diversité, le handicap mais aussi le racisme.

Vous pouvez chercher, il n’y en a pas deux comme le sport.

Même si ça me fend le coeur et que je me demande bien comment je vais pouvoir occuper mes week-ends, quand j’entendrais à nouveau l’hymne de la Champions League dans un stade et s’il y a une chance que j’enchaîne un nouveau Tour de France cet été, je suis pour qu’on suspende tout, qu’on arrête d’être ridicule en se disant que c’est normal que le championnat de Formule 1 commence ce week-end alors que c’est un événement mondialement itinérant qui fait se déplacer des milliers de personnes, qu’on s’assoie sur des finales s’il faut et qu’on prenne soin de nous plutôt que des comptes en banque des grandes institutions sportives.

Cette fois-ci, et c’est une première, le sport n’est pas le remède à nos maux. Acceptons-le et soyons patient.

Enfin, en attendant ça ne nous empêche pas de faire des soirées pizza-bières autour d’un jeu de société. Il paraît qu’il existe même un Monopoly spécial Coupe du Monde 98…

Lutter contre le covid-19, c’est un sport

Au cas vous étiez sur Mars ce week-end, laissez-moi vous résumer ce qu’il s’est passé.

Petit un, il a neigé. Petit deux, le derby s’est soldé par un 2-0 en faveur de Lyon. Petit trois, le semi de Paris a été annulé pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Ah le coronavirus, nul doute qu’il fait du bien à la planète quand on voit des photos avant/après de la pollution en Chine mais il commence sacrément à nous embêter. 

Alors non, je vous rassure, je n’avais pas prévu de courir le semi de Paris. Il faut dire que si je cours déjà 7 km je suis contente alors trois fois plus, non merci. Par contre je pense à tous ceux qui avaient prévu de le faire, ceux qui s’étaient entraînés, ceux qui avaient voyagé pour venir… Pour eux, je suis vraiment désolée.

Bien sûr, on ne peut pas reprocher à l’Etat d’être trop prudent pourtant cela fait des jours que j’ai l’impression qu’on minimise les mesures face à la multiplication des cas et que cette interdiction de rassemblement est tombée aussi inopinément que les interdictions de déplacement à 15h la veille d’un match. Il faut dire qu’en milieu de semaine dernière on a quand même accueilli 3000 supporters de la Juventus à Lyon alors qu’il y a un foyer épidémique en Lombardie. Et alors qu’on interdit la tenue d’une course avec 44 000 concurrents en plein air qui ont peu de chance de se serrer la main, on maintient une rencontre de Ligue 1 Conforama au Parc des Princes avec sûrement autant de personnes. Bon d’accord, un stade de football n’est pas un lieu totalement confiné mais il suffit d’attendre cinq minutes pour aller aux toilettes et vous avez là l’occasion d’attraper des microbes comme partout ailleurs.

Enfin rassurez-vous chers coureurs, le semi de Paris devrait être reporté… Du moins c’est ce qu’ils disent.

Toute personne qui a déjà organisé un événement en plein air sait à quel point c’est compliqué logistiquement parlant, et encore plus dans une ville comme Paris. Des manifestations en plein air, il y en a tous les week-ends et ce sont des heures de négociations avec la préfecture pour bloquer des routes. L’organisateur du semi de Paris le sait très bien puisqu’il organise 3 autres courses dans les 4 prochains mois à Paris à commencer par le marathon le mois prochain. On parle là de dates et d’accords donnés des mois à l’avance, de dossards vendus également des mois à l’avance et de prestataires prévus pour une date fixe. Je ne doute pas qu’avec toute la bonne volonté du monde, la course peut être reportée mais quand, comment, avec qui, avec l’argent de qui… J’attends de voir.

Cela me fait d’ailleurs me questionner sur la suite des événements… Alors que des pays bloquent l’entrée aux frontières à certaines nationalités, dans trois mois et demi débute l’Euro de football avec des milliers de supporters qui vont se déplacer dans 12 villes européennes. Du coup, je ne sais plus s’il faut dire merci à Platini ou merci au virus. Ensuite, dans cinq mois, ce sont les Jeux Olympiques qui débutent et là, au-delà des supporters qui feront le voyage, ce sont des athlètes de 207 délégations qui s’y retrouveront et qui vont serrer des mains sur les podiums.

Vous vous dites que d’ici là ce sera passé parce que les températures vont se réchauffer… Moi aussi mais ça fait quand même plus deux mois qu’on en parle et qu’il se propage ce con. Bah oui hein, la mondialisation c’est sympa quand ça nous permet de commander des jeans aux États-Unis ou de se faire livrer son MacBook depuis la Chine mais ça a aussi ses inconvénients.

Plus sérieusement, je suis plutôt de la team « on ne va pas s’arrêter de vivre ». Déjà en 2009, j’avais fait la guerre à la grippe A lorsque mon voyage de 3ème en Espagne avait été annulé. Je ne venais pas de me farcir deux ans d’espagnol pour que le seul voyage de ma scolarité soit annulé, pas question. C’est comme les personnes qui font du latin, on sait très bien que c’est pour la semaine à Rome. Bref, je ne me suis pas démontée, j’ai dit à ma mère revenant du Mexique qui était clairement un foyer à l’époque d’appeler notre professeur et vous savez quoi, le voyage a été reporté d’un mois. Bon, on a ensuite passé 24h en panne sur une aire d’autoroute à la sortie de Perpignan le jour de la fête des mères mais c’est une autre histoire.

Attention, je ne suis pas naïve non plus (ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit). Je suis bien consciente qu’il y a des personnes qui décèdent de ce virus mais il y en a aussi qui guérissent et aujourd’hui on parle de 2% des personnes atteintes qui succombent malheureusement. Alors qu’on interdise les rassemblements c’est une chose mais comme certains l’exprimaient très bien sur Twitter, prenez la ligne 13 aux heures de pointes. Vous n’êtes pas 5000 (quoi que parfois on se demande…) et vu les conditions de transport, vous avez tout autant de chance d’être contaminé.

J’ose croire également qu’après deux mois où on parle de ce virus à chaque ouverture de JT, les gens sont assez informés pour adopter la bonne attitude s’ils ressentent des symptômes suspects. Oui il faut être vigilant mais il faut surtout éviter de tomber dans la psychose. Je sais c’est compliqué. C’est comme après un attentat et lorsque n’importe qui qui entrait avec un sac à dos dans le métro vous paraissait suspect. Ne généralisons pas, toute personne qui éternue ne vient pas de contaminer les 4 personnes autour d’elle mais lavez-vous quand même les mains. Vite.

Et puis on n’a pas parlé du plus grave. Les rayons des supermarchés se vident à vitesse grand V sauf au rayon bière où la Corona fait de la résistance. Vous ne vous souvenez donc pas qu’on ne laisse pas bébé dans un coin ? C’est pareil avec la Corona. Filez faire le ravito, je prépare l’apéro ! De toute façon, je ne suis pas 100% sûre que votre prépa marathon paye ses fruits.

Chelsea vous veut du bien

Vous ne le savez peut-être pas mais ce week-end se joue en Angleterre la finale de la FA WSL Cup qu’on pourrait traduire dans notre langage français de Coupe de la Ligue féminine puisque c’est une compétition où s’affrontent les équipes de première et seconde division du championnat féminin britannique. Cette finale va voir Arsenal rencontrer Chelsea et me donne ainsi l’opportunité de revenir sur quelque chose qui s’est passé il y a quelques semaines dans le club de Chelsea.

Alors oui Olivier Giroud a marqué son premier but de la saison face à Tottenham mais ce n’est pas le sujet désolée. On y reviendra un autre jour si vous voulez.

Il y a quelques semaines, Emma Hayes, l’entraîneuse de Chelsea, a annoncé avoir décidé d’adapter son entraînement en fonction de la période menstruelle de ses joueuses qui se traduit depuis août par des plans individuels conçus pour chacune. Une première pour un club de football alors que c’est également le cas au sein de la sélection nationale américaine et que Phil Neville, le sélectionneur britannique, compte aussi mettre cela en place avec l’arrivée de Dawn Scott, ancienne coach de la performance de la sélection américaine. Les objectifs : réduire les blessures, améliorer la performance de l’équipe et des joueuses mais aussi contrôler les fluctuations de poids qui peuvent arriver.

En 2008-2009, selon une étude menée par Carole Maître, gynécologue de l’Insep, 37% des sportives considèraient la douleur des règles comme une gêne à leur activité nécessitant un traitement, et 64 % pensaient que le syndrome prémenstruel diminue significativement leur performance. En 2016, des recherches ont montré que plus de la moitié des athlètes féminines indiquent que les fluctuations hormonales au cours de leur cycle menstruel ont entravé leur entraînement et leurs performances. On se souvient d’ailleurs très bien à Rio en 2016 de Fu Yuanhui, nageuse chinoise, qui lors de sa contre-performance au relai 4×100 où la Chine termine 4èm, confia à une journaliste qui, la voyant mal en point, lui demande si elle a des douleurs d’estomac : « C’est parce que mes règles sont arrivées hier, donc je me sens particulièrement fatiguée – mais ce n’est pas une excuse. Je ne nage quand même pas assez bien.« .

Le fait est que dans le football, « les femmes ont toujours été traitées comme des petits hommes » dit Emma Hayes alors que physiquement on parle de deux corps différents avec leur propre spécificité et que non, on ne peut pas les traiter de la même manière. Sur une même durée de 28 jours, une femme vit un cycle de 4 phases où les œstrogènes et la progestérone n’en font qu’à leur tête. Une particularité que les hommes ne vivent pas. Mieux comprendre comment fonctionne son corps durant cette période est un enjeu de bien-être pour la femme mais surtout important pour maximiser les performances des sportives de haut-niveau. De plus, des recherches sont d’ailleurs en cours sur le lien entre les lésions du ligament croisé antérieur et des phases spécifiques du cycle menstruel, des recherches qui permettraient de mieux anticiper d’éventuelles blessures.

L’encadrement de Chelsea utilise donc une application pour accéder aux données de ses joueuses qui trackent leur cycle mais aussi les symptômes associés. L’application s’appelle FitrWoman et peut également être utilisée par le grand public. Si vous voulez tracker votre cycle ou avoir des informations sur comment adapter votre pratique sportive et votre alimentation en fonction de la phase dans laquelle vous êtes, c’est tout à fait possible et qui sait, cela vous aidera peut-être à mieux comprendre vos performances.

Ô Drive to Survive

Si le 27 février dernier on m’avait dit que j’aurai hâte que la saison de Formule 1 commence, j’aurai dit « menteur ». Non vraiment, impossible. C’est sympa la Formule 1, tu regardes après la course combien de points Hamilton a pris mais te farcir les 71 tours du circuit du Mexique, faut pas pousser non plus.

Ça vous voyez, c’était un peu ma philosophie jusqu’à ce que je mate « Drive to Survive ». Puis Netflix a décidé de produire une superbe série comme eux seuls savent le faire et je suis tombée dans la marmite.

J’ai dévoré les 10 premiers épisodes en commençant par tomber amoureuse de Daniel Ricciardo mais ensuite Carlos Sainz lui a fait de la concurrence, en attendant avec un plus d’impatience les moments où Steiner allait s’énerver et envoyer balader son casque, en ayant un peu pitié de Grosjean parce que c’est un français et que vous lui voulez du bien mais en même temps parfois vous vous dites qu’il ne réfléchit pas, en m’attachant à la jeune génération qui monte, à Leclerc, à Gasly mais aussi à des gars comme Norris ou Russell, en regrettant de ne pas voir Mercedes et Ferrari pour avoir une global picture, en soutenant le girl power à travers Claire Williams, en ayant envie de prendre Ocon dans mes bras pour le réconforter après avoir été écarté. A la fin du dixième épisode, j’étais devenue addict et c’est là que j’ai commencé à remarquer quelques signes de dépendance.

D’abord, je me suis mise à suivre tous les pilotes et toutes les écuries sur Instagram. Ensuite, j’ai regardé les décalages horaires avec les lieux des courses pour savoir si fallait que je me lève plus tôt que d’habitude le dimanche. J’ai mis des rappels pour les qualifications le samedi après-midi. Puis, j’ai refusé des goûters et des verres pour mater tranquillement un Grand Prix. Je suis restée devant ma télévision pour le 1000ème GP en Chine. J’ai attendu avec impatience Baku parce que tout le monde disait que c’était un circuit imprévisible. J’ai fait un tableau Excel pour calculer les coûts d’un petit aller-retour à Zandvoort histoire de vivre le retour de la Formule 1 au Pays-Bas et de m’immerger dans une marée humaine orange. J’ai arrêté de compter le nombre de célébrités à Monaco pour me concentrer sur le duel Hamilton-Verstappen dans le tunnel. J’ai consulté des articles pour mieux comprendre les différences des pneus. J’ai vraiment regardé les 71 tours du GP du Mexique et pense ainsi avoir porté chance à Gasly.

Vous imaginez si j’étais dépendante à l’alcool ce que ça donnerait. Vaut mieux que j’en reste à la Formule 1.

Alors bien évidemment, maintenant que je suis devenue experte en Formule 1, j’ai des attentes bien particulière au sujet de la saison 2 qui doit sortir demain. J’ai bien été attentive cette saison et donc j’espère forcément retrouver des moments particuliers et en savoir davantage sur les dessous de plusieurs événements comme… l’éviction de Gasly repassant de Red Bull à Toro Rosso, comment Hulkenberg a vécu l’annonce d’Ocon pour prendre sa place, des images du duel Vettel-Leclerc vu de l’intérieur par rapport à la stratégie de début de saison, beaucoup beaucoup BEAUCOUP d’images de la bromance entre Norris et Sainz, des crashs, toujours plus de Steiner qui râle, découvrir le vrai visage de Lewis Hamilton derrière les messages good vibes qu’il poste sur Instagram… Après une saison 1 aussi prenante, j’ai de gros gros espoirs pour cette saison 2.

Demain, 9h01, oubliez moi.

En tout cas une chose est certaine, je ne pense pas être déçue du résultat et cela ne me fera que regretter plus amèrement que France TV refuse de lâcher du lest lors du Tour de France pour que Netflix nous produise enfin LE documentaire que tous les fans de vélo attendent. D’ailleurs, je me tâte à lancer une pétition… Je vous tiens au jus pour les signatures.

Manchester City, tricher c’est mal

On a tous triché un jour dans notre vie. Ne dites pas le contraire. Vous ne vous en souvenez sûrement pas mais il y a bien dû y avoir ce moment où, en pleine session de calcul mental en CE1, vous avez oublié le calcul que venait de dire la maîtresse et vous avez juste recopié la réponse du voisin. On l’a tous fait. Ce n’est pas grave. C’est une petite tricherie sans grande conséquence. Je veux dire, vous n’avez pas falsifié vos comptes en gonflant vos revenus comme Manchester City.

Règle n°1 quand vous voulez tricher : ne pas laisser de traces. Qu’est-ce que Man City a fait ? Laisser des traces avec notamment des e-mails volés (coucou Football Leaks) qui font mention de contrats de sponsoring artificiels pour masquer les injections d’argent du propriétaire du club afin d’éviter un déséquilibre dans les comptes entre 2012 et 2016 et ainsi respecter les règles du Fair Play Financier.

Ah ce bon vieux FPF, tout le monde en parle, tout le monde se fait menacer par lui comme quand la maîtresse vous disait « c’est un zéro pour celui que je vois en train de tricher » mais c’est à se demander si la sanction fait assez peur quand on voit certains essayer de le défier. Je veux dire, une exclusion de la Champions League c’est juste une centaine de millions en moins, moins de revenus de billetterie, moins de revenus de droits télé, probablement des joueurs qui voudront aller voir ailleurs et j’en passe. Trois fois rien quand on s’appelle Man City voyons.

Mais alors c’est quoi le FPF ? Tout le monde se le demande… enfin plutôt, tout le monde essaye de bien le comprendre.

En 2011, l’UEFA décide d’instaurer le Fair Play Financier, une mesure avec beaucoup de bienveillance envers les clubs puisque cela a pour but de les pousser à améliorer leur santé financière. En gros, avec cette règle, les clubs participants à des compétitions européennes ne doivent pas dépenser plus qu’ils ne gagnent. Ceci va dans le sens de plus de rationalité dans les dépenses des clubs à l’heure où on voit des indémnités de transferts de plus en plus élevées mais aussi favoriser les investissements sur le long terme comme avec la formation et faire en sorte que les clubs payent leurs factures en temps et en heure. UEFA comme freelance, c’est le même combat. Bref, cela empêche donc des propriétaires de club d’investir massivement comme l’a fait le cheikh Mansour bin-Zayed al-Nahyan avec Manchester City et c’est ça que l’UEFA reproche au club.

Vous connaissiez le dopage médical, voici le dopage financier et comme il existe les contrôleurs mandatés par les agences de l’AMA pour aller sonner chez les athlètes à 6h, il existe l’UEFA qui veille au grain pour faire appliquer ses règles. La sanction pour Manchester City : une suspension de toute compétition européenne durant deux saisons. C’est un peu comme si vous trichiez au BAC et que vous étiez exclu pendant 5 ans de tout examen national, c’est plutôt sérieux et fini de rigoler.

Pour la suite, ce sera au Tribunal Arbitral du Sport de se saisir de l’affaire, comme cela avait été le cas dans l’exclusion du Milan AC, et peu de doutes font que cela ira même devant la Cour de justice de l’Union Européenne car nous ne sommes pas dans un combat seulement financier mais bien politique. Manchester City fera tout pour obtenir justice et même, affaiblir cette règle, voir la faire sauter.

Depuis que la sentence a été annoncé et qu’on a éteint le flambeau de Manchester City, d’autres clubs tremblent. Si la plupart des supporters reconnaissent que Manchester City a tordu les règles et que la comptabilité du club est un peu douteuse, ils estiment aussi tous que c’est le football et que ces pratiques sont généralisées.

C’est comme à l’école, si l’autre le fait alors pourquoi pas moi ? Sauf que l’école nous a appris aussi une chose, c’est souvent celui qui recopie les bêtises qui se fait punir alors pour éviter les heures de colle, les zéro et les millions en moins, essayons de tricher un peu moins (ou un peu mieux).

C’est bon je blague, ne gonflez pas vos comptes mais juste vos fiches de paie parce que si vous ne le faites pas vous n’avez aucune chance de trouver un appart à Paris à moins que vous gagnez 5000 nets par mois et dans ce cas-là faut qu’on parle.

L’Etoile Emilien

Je sais ce que vous vous dites. Emilien Jacquelin est devenu champion du monde de poursuite en biathlon ce week-end et je l’ai passé aux oubliettes. 

Patience, j’y viens.

Vous ne le savez sûrement pas mais j’ai une grande passion pour Emilien Jacquelin et celle-ci remonte à décembre 2014. Alors bien sûr, quand on parle de biathlon, Martin Fourcade est le premier élu dans mon cœur (et sûrement dans le vôtre !) (je veux dire : qui n’aime pas Martin Fourcade ???) mais je réserve aussi une place d’honneur bien spéciale à ce petit gars.

L’histoire est simple, cette année-là Emilien Jacquelin participe aux Etoiles du Sport en tant qu’espoir de Marie-Laure Brunet et remporte l’Etoile 2014. Une édition sur laquelle je travaillais et où pendant une semaine j’ai pu le voir apprendre des sportifs de haut-niveau qui l’entouraient, se défoncer sur un raid qui me semble bien trop dur à effectuer de bon matin et donc remporter cette étoile signe de promesse. Je l’avoue, au début je pensais que ce serait Cassandre Beaugrand qui enfilerait la veste à étoiles cette année-là mais Emilien avait cette joie de vivre, cette curiosité, cette ouverture aux autres si naturelle pendant que Cassandre était encore un peu timide, sûrement aussi impressionnée par ce qui se passait autour d’elle.

Depuis, j’ai toujours gardé un œil sur ses résultats pour voir si l’étoile avait bien trouvé sa voie. Je me souviens, quelques mois plus tard d’ailleurs il remportait une médaille de bronze aux Mondiaux junior et je me disais qu’en l’élisant « Etoile 2014 », le jury ne s’était pas trompé. Les années passent et il continue son petit bout de chemin passant par l’Equipe de France, sa première sélection pour les Jeux, son premier podium individuel à Hochfilzen, sa première victoire en relais masculin, puis en relais mixte jusqu’à ce 16 février et son premier titre mondial. Un athlète qui a franchi les étapes une à une pour décrocher sa médaille.

Alors comment ne pas aimez un gars aussi simple et talentueux, qui a toujours le sourire et un visage enjoué devant les caméras ? Typiquement le mec avait qui tu aimerais être amis. Enfin, on aimerait même être amis avec l’Equipe de France de biathlon au complet. Hommes, femmes, je ne sais pas si c’est la réussite qui les rend si sympathiques mais ils me donnent envie d’aller les encourager à Oslo dans un mois même s’il doit sûrement y faire -20 degrés tellement (presque) chaque week-end de novembre à mars ils nous procurent joies et excitations. 

Vraiment, le biathlon c’est un sport unique qui a réussi à passionner les foules grâce à cette équipe en réussite mais surtout accessible. Déjà, rien que leurs performances sportives méritent le respect parce que faut se motiver à aller faire du ski de fond et puis surtout, après avoir enchaîné des kilomètres qui font battre ton cœur à 100 à l’heure, il faut faire preuve de précision et stopper l’adrénaline pour délivrer un tir à la carabine précis. Un effort surhumain on est d’accord. Moi je pense que le biathlon c’est comme les montagnes russes, tu passes par toutes les émotions et à peine remis d’un looping, tu es en route pour le suivant. 

Emilien Jacquelin est donc champion du monde de poursuite, un titre qui lui va si bien lui qui poursuit les traces de ces aînés pour assurer la relève de ceux qui l’ont accompagné dans ces premiers relais. Car oui, a seulement 24 ans, c’est son premier titre en individuel mais une chose est sûre, ce n’est pas le dernier car Emilien Jacquelin a encore de belles (et nombreuses) médailles à aller décrocher.

10 ans de football

Vous vous souvenez de ce à quoi ressemblait le football il y a 10 ans ? Moi oui.

Bordeaux venait d’être champion, Marseille allait les détrôner la saison d’après. Le Mans était encore en Ligue 1 et on ne parlait pas encore de liquidation judiciaire. Strasbourg était en National et loin de gagner une Coupe de la Ligue. J’avais vécu mon premier match de Champions League à l’Allianz Arena et mes parents continuaient encore de me dire d’aller me coucher à la mi-temps « parce qu’il y avait école le lendemain ». L’équipe du PSG n’avait pas de MCN mais Hoarau et Erding en attaque. Messi et Ronaldo étaient déjà applaudis par la planète football mais sinon, personne n’avait encore entendu parler de Mbappé. Et puis surtout, il n’y avait pas la VAR pour perturber nos célébrations de buts.

Un autre événement qui s’est passé il y a 10 ans : Knysna. Et oui, on l’oublie facilement celui-là parce que franchement, il n’y a pas de quoi être fier de ces joueurs qui font une grève et s’enferment dans un bus. Enfin, c’était quand même il y a 10 ans et ça permet de mesurer à quel point il y a eu du changement dans le paysage du football français (et une deuxième étoile !!!).

Alors oui, venons en aux faits.

Je ne suis pas là pour être nostalgique des années 2010 (même si j’adorerais me mater une compilation des meilleures actions entre Gourcuff et Chamack) mais bien pour qu’on se pose un petit instant, qu’on se rappelle le football d’il y a 10 ans et qu’on compare tous les progrès (ou non, à vous de juger) qu’il y a eu depuis que Dortmund et le PSG se sont affrontés pour la dernière fois.

Bon d’accord, ça fait plutôt 9 ans et demi que 10 ans mais c’est plus long à écrire et je suis adepte des raccourcis. La dernière confrontation entre les deux clubs a donc eu lieu le 4 novembre 2010, en Europa League, la saison avant l’arrivée des qataris. Là aussi, mesurez le changement. Aujourd’hui, en 2020, on parle d’un huitième de Champions League.

Lors de cette dernière confrontation, il y avait déjà 2 brésiliens dans l’équipe, un certain Peguy Luyindula en attaque et une charnière centrale Camara-Sakho. Du côté de Dortmund, on retrouve déjà un certain Matt Hummels, Mario Gotze ou encore Robert Lewandowski, vous savez les stars qu’a fait Dortmund. En 2010, Neymar jouait encore au Brésil, Mbappé était à Bondy et Haland, le petit norvégien qu’on nous promet déjà comme le cauchemar des parisiens ce soir, était formé à Bryne.

Cette même année, en Coupe de France, l’US Quevilly atteint les demi-finales (vous savez avant d’être finaliste deux ans plus tard après avoir battu Marseille et Rennes). En février, l’OM en colle 3 à Paris à domicile. En mars/avril, on a un quart de Champions League 100% français entre Lyon et Bordeaux. En mai, Hoarau offre la Coupe de France au PSG. En août, Laurent Blanc reprend l’équipe de France et écarte les 23 grévistes pour son premier match. En août aussi, l’OM a de l’argent pour ses transferts en recrutant Gignac et Remy. En septembre, Saint-Etienne s’impose à Gerland, la première fois depuis 1994. Et puis l’AJ Auxerre joue en Champions League, tout comme Pep Guardiola avec le Barça, en route vers un nouveau trophée. Début décembre, la FIFA annonce l’organisation du mondial en Russie et celui au Qatar. Enfin, Messi est encore Ballon d’Or.

Et oui, il s’est passé deux-trois choses en 2010 et d’ailleurs si vous avez oublié l’issue de l’Europa League cette saison-là, laissez moi vous rappeler que le PSG avait fini premier de son groupe, devant Séville. Ils avaient retrouvé le club de BATE Borissov en seizièmes avant de se faire éliminer par le Benfica en huitièmes. Ne vous inquiétez pas, Dortmund n’avait pas passé les poules et la finale de cette édition avait été 100% portugaise entre Porto et Braga.

Alors, ce n’est pas dingue comment le football a évolué en 10 ans ? Que ce soit les mouvements de joueurs, les ambitions des équipes ou même la technologie… D’ailleurs, vous pensez qu’il ressemblera à quoi le football en 2030 ? Après la Coupe du Monde au Qatar, après celle en Amérique du Nord, après la fin du règne de Messi et Ronaldo… Peut-être que Zidane sera sélectionneur des Bleus, peut-être qu’on aura enfin des règles pour lutter contre le racisme, peut-être que des mecs battront des records de vitesse dans les couloirs tous les week-ends, peut-être qu’on aura des ligues fermées ou bien une Ligue 3, peut-être qu’on arrêtera de faire des matchs de pré-saison à l’autre bout du monde où les supporters ne peuvent pas se rendre, peut-être ________________ (à compléter avec votre souhait).