Réforme de la Champions League, oui mais non

Liverpool vs Tottenham. L’affiche de cette finale de Champions League est un enseignement pour tous ceux qui rêvent de réformer la compétition : oui le football est formidable, imprévisible, à suspens, excitant et renversant et c’est pour cela qu’on l’aime. Les gros, ceux qui seraient favoriser par la réforme prévue par l’UEFA ne sont plus là et le scénario inédit de cette édition 2018-2019 a tenu en haleine tous les fans de football. Le football c’est l’imprévu, la surprise, la stupéfaction, la tristesse, la désillusion et la réforme de Champions League va à l’encontre de beaucoup de ces adjectifs pour devenir une compétition favorisante, élitiste, pré-écrite. Alors qu’aujourd’hui, n’importe quelle équipe peut accéder à la Champions League sur un coup de chance, le hasard, l’idée d’y accéder, de la toucher même d’un orteil serait à oublier pour de nombreux clubs. On dit souvent que la compétition de la coupe aux grandes oreilles est la plus belle car la plus difficile et la plus accessible en même temps sauf que là, l’accessibilité de celle-ci sera à rayer. Fini Marseille, Bordeaux, Saint-Etienne ou même Lille qui y aura accès l’an prochain, seul le PSG, Monaco et Lyon pourraient défendre les couleurs de la Ligue 1 Conforama d’après ce qu’a présenté l’UEFA hier.

Aleksander Ceferin avait pourtant bien dit que tant qu’il serait à la tête de l’institution européenne, aucune réforme de la Ligue des Champions était à prévoir et pourtant, c’est un tout autre discours qui a été tenu auprès des représentants des ligues européennes hier. Une présentation d’une Champions League remodelée a été faite ainsi qu’un Ligue Europa 2 et les contours de celles-ci sont conformes à ce qui a filtré dans la presse ces dernières semaines. Une réforme avec prise d’effet prévue pour 2024 et qui devrait être votée lors d’un COMEX prévu en fin d’année 2019 puisque l’UEFA souhaite acter ses contours avant la saison 2020-2021 pour établir les équipes qualifiées sur la base des quatre dernières saisons de Ligue des Champions.

Une ligue qui favorise les géants d’Europe…

Tout l’intérêt de cette ligue est de favoriser les gros d’Europe. En effet, le format prévu de 32 équipes réparties en 4 poules de 8 permettra à 24 équipes d’avoir une place permanente dans cette compétition basée sur leurs résultats lors des 4 dernières saisons de Champions League avant 2020-2021. 8 places seulement seront ouvertes chaque année : 4 pour les 4 demi-finalistes de la Ligue Europa, 4 pour les vainqueurs de ligues mineures (encore à établir). Dans chaque poule, les 6 premiers seront qualifiés pour la prochaine édition de la Champions League mais seul les 4 premiers accéderont au tour suivant de la compétition en match à élimination direct tandis que le 5ème et le 6ème seraient relégués en Europa League. Un système qui permet aux plus forts de rester les plus forts mais qui signifie qu’il faut être très compétitif et au meilleur de sa forme lors des 14 matchs de la phase de poule (vs 6 actuellement). Les meilleurs effectifs seront donc alignés pour être sûrs de ne pas perdre sa place et logiquement, cela devrait impacter le spectacle des ligues domestiques.

… mais qui est un argument pour développer la formation des joueurs

Alors que le mercato 2023 devrait être très animé afin de se constituer la meilleure équipe possible pour être le plus compétitif en Champions League et préserver sa place dans cette ligue semi-fermée, cette obligation de compétitivité inquiète les ligues domestiques. Si les clubs alignent leurs meilleurs joueurs en Champions League, continueront-ils à les faire jouer dans leur championnat domestique ? Pas sûr. Un joueur de football est humain, non un robot, et la multiplication des matchs va être compliquée. 8 matchs en plus rien qu’en phase de poule ajouté au championnat, aux coupes, aux matchs internationaux… C’est entre 70 et 80 matchs que pourrait jouer un joueur international. Verrons-nous des effectifs B alignés en championnat ? La réponse est fort probable mais cela rendra-t-il service aux championnats domestiques ? Peu probable. Sans ses stars et ses gros noms, l’enjeu est moindre, les droits TV également et surtout, les adversaires seront donc négligés et pris de haut car on considérera qu’ils n’affronteront pas la « vraie » équipe du club. Le seul bon point sera de développer encore plus la formation pour accompagner l’éclosion de jeunes joueurs qui brilleront en championnat avant, sur le long terme, d’accéder aux matchs de cette ligue semi-fermée.

Des revenus qui seraient en hausse…

Alors pourquoi soudainement l’UEFA propose une réforme ? Pour gagner plus d’argent. Cela a été la même chose avec la Ligue des Nations. Pourquoi laisser les revenus de matchs amicaux aux fédérations quand on peut leur imposer une nouvelle compétition et en tirer des droits marketing, des revenus de billetteries et des droits TV ? Avec cette réforme, l’UEFA veut rendre encore plus compétitive et élitiste la Champions League pour que ses revenus s’accroissent. Augmenter ses droits marketing avec des packages sponsors de plus en plus élevés, permettre aux équipes de jouer plus de matchs donc obtenir plus de revenus de billetterie et de match day, vendre plus chers les droits d’une compétition qui regroupe les plus grandes stars de la planète. On parle ici de 900M€ de droits TV par saison, un record. Entre 40 et 50M€ en plus par saison pour les clubs.

… tout comme le nombre de matchs joués

Il n’y aura pas qu’une augmentation de revenus au programme mais aussi de matchs. Comme dit précédemment, de 6 matchs de poule actuellement on passerait à 14. 70 à 80 matchs prévus pour un joueur international par an. Une Champions League déplacée au week-end qui forcerait à jouer les championnats domestiques en semaine, sans oublier les coupes nationales. Sur 40 week-ends actuellement, l’UEFA permettrait aux championnats domestiques d’en utiliser que 20 en les obligeant ainsi à devoir trouver des dates en semaine pour organiser leurs compétitions. Il y a donc une nouvelle question qui se pose avec cette réforme : faut-il aussi réformer les championnats domestiques ?

Une réforme des ligues domestiques dans le viseur

20 week-ends en moins par saison, des effectifs B en championnat, des droits TV qui vont forcément en pâtir… Vous vous demandez encore pourquoi les championnats domestiques râlent ? Beaucoup de questions se posent sur le format actuel de la Ligue 1 Conforama par exemple. Faut-il passer de 20 à 16 équipes ? Supprimer une Coupe entre la Coupe de France et la Coupe de la Ligue ? Instaurer une Ligue 3 pour mieux équilibrer la répartition des clubs et pour éviter de retrouver des équipes de milieu de tableau de Domino’s Ligue 2 à être relégué et jouer face à des réserves d’équipes de Ligue 1 Conforama qui jouent déjà en Nationale 2 aujourd’hui ? Les dirigeants du football français sont contres cette réforme et menaçaient même de supprimer des revenus de droits TV aux clubs participants à la Champions League pour équilibrer la répartition des revenus. Une autre question se pose également c’est la dépendance des clubs français à ces droits TV alors que d’autres championnats ont réussi à équilibrer leurs comptes grâce aux droits marketing. Beaucoup de questions se posent et restent en suspens mais que ce soit la LFP ou La Liga, les voyants sont au rouge. En Allemagne on sait qu’il faut une réforme et on est prêt à discuter.

Du coup, moi en tant que fan de football, la question principale que je me pose est : est-ce que cette réforme est en faveur du football et des supporters ou en faveur du business et des revenus de l’UEFA ? La réponse est limpide et ce n’est donc pas le principe de faire une réforme qui me dérange mais celui d’en faire une qui ne sert pas les bons intérêts. On supprime ici tout ce qui fait de la Champions League une compétition si spéciale à savoir son imprévue, son mérite et sa diversité.

Le compte à rebours est lancé

C’est en ce mercredi 8 mai que commence officiellement le rassemblement des Bleues à Perros-Guirec à 30 jours du match d’ouverture de la Coupe du Monde face à la Corée du Nord au Parc des Princes. D’ici là, elles affronteront la Thaïlande à Orléans le samedi 25 mai à 16h (ce n’est pas très loin de Paris, faisons tous un effort pour nous y rendre) puis la Chine le vendredi 31 mai à 21h à Créteil (oui je sais ça veut dire qu’il faut prendre la 8 ou le RER D mais là aussi, faites un effort vous ne serez pas déçus).

J-30

30 soit le nombre de jours qu’il nous reste avant le lancement de la Coupe du Monde féminine 2019 pour réviser les prénoms des 23 Bleues et les connaître sur le bout des doigts, jeter un oeil à leurs adversaires pour savoir quelle équipe il faut marabouter, acheter son album Panini et commencer sa collection, aller faire un tour sur le site de Nike pour s’offrir le plus beau des maillots, regarder si il n’y a pas un match pas très loin de la maison dont l’affiche est attrayante, noter dans son agenda tous les matchs qu’on veut voir. Par chance, et TF1 et Canal + permettront à tous de ne louper aucun match. Le premier diffusera les 25 meilleures affiches tandis que le second rendra accessible les 52 matchs à ses abonnés.

10 ans d’amour entre Canal+ et le football féminin

Il y a 10 ans, Canal+ répondait à un appel d’offre de la FFF pour la diffusion des matchs de l’équipe de France espoirs et de l’équipe de France féminine. 10 ans plus tard, Canal+ est toujours investi dans le football féminin et enrichit sa couverture médiatique année après année. Déjà en 2011, le groupe pouvait se vanter d’avoir réussi à être la première chaîne de France sur le créneau 18-20h en diffusant la demi-finale des Bleues face aux Etats-unis sur D8 et aujourd’hui, le groupe peut se vanter de réunir 500 000 spectateurs pour regarder la grosse affiche de D1 féminine en prime time.

Pour cette Coupe du Monde, le groupe a donc mis les moyens de mettre son expertise au service de la compétition avec notamment le mode expert qui sera disponible pour toutes les rencontres et qui enrichi l’offre spectateurs. L’autre particularité de Canal+ c’est la beauté de ses reportages et là encore, ils y feront honneur en en proposant 3 : « Little Miss Soccer » réalisé par Candice Prévost et Mélina Boetti qui sera diffusé le 6 juin sur Planète +, un Sport Reporter du nom de « Bleues » diffusé le 26 mai à 21h qui retrace la saison de plusieurs joueuses de l’équipe de France et enfin « Lionnes » diffusé le 9 juin sur Canal+ Family qui a suivi les U15 de Venissieux, ville où a grandi Amel Majri.

Au total c’est donc plus de 130 heures de direct qui nous attendent sur les antennes du groupe Canal+ avec 27 matchs diffusés sur Canal+ et 25 sur Canal+ Sport. Les émissions de la maison sont aussi mobilisés avec 3 CFC exceptionnels les 16, 23 et 30 juin avant d’être en direct pour la finale le 7 juillet, l’Info du Vrai qui se décline en l’Info du Sport de 20h à 21h avec Marie Portolano et Karim Bennani ainsi que l’habituel Late Football Club, fidèle au rendez-vous mais présenté par Laurie Delhostal.

7 commentateurs, 8 consultants, Canal+ n’a pas lésiné sur les belles têtes d’affiches. Chez les consultants, on retrouve Laure Boulleau, Candice Prévost, Jessica Houara, Aline Riera, Habib Beye, Sidney Govou et l’ancien sélectionneur des Bleues, Bruno Bini. Parmi les commentateurs, on note la présence Anne-Laure Salvatico, habituellement sur Infosport + et qui commentera pour la première fois certains matchs. Elle sera accompagnée par Joris Sabi, François Marchal, Stéphane Guy, David Berger, Xavier Giraudon et Paul Tchoukriel. A noter que pour couvrir les matchs de l’équipe de France, Stéphane Guy fera équipe avec Aline Riera aux commentaires et Jessica Houara en bord terrain.

TF1 : dispositif semblable à la Coupe du Monde 2018

Du côté de chez TF1 on sera sur une mécanique similaire à celle de la Coupe du Monde 2018 avec parmi les 25 meilleures affiches diffusées tous les matchs de l’équipe de France, six huitièmes de finale, la totalité des quarts, demi-finales, petite finale et enfin la finale le 7 juillet. Les matchs des Bleues ainsi que la finale seront sur la chaîne TF1 tandis que les autres rencontres seront retransmises sur TMC. Côté commentateurs, on retrouvera le fidèle duo Margotton-Lizarazu avec Camille Abily en bord terrain et en couverture des rencontres des Bleues. Le second duo sera composé de Christian Jeanpierre et Sabrina Delannoy. Comme pour les Bleus l’été dernier, on retrouvera Le Mag de la Coupe du Monde présenté par Denis Brogniart à l’issue des rencontres avec des consultants de choix comme Nathalie Ianneta, Louisa Necib, Elodie Thomis, Olivier Echouafni. On note aussi Téléfoot à 11h le dimanche et la déclinaison web de la Quotidienne sera à retrouver tous les jours sur TFX.

Côté documentaire, TF1 en proposera un. Celui-ci racontera le suivi de cinq joueuses de l’équipe de France pendant 5 mois : Amandine Henri, Wendie Renard, Gaëtane Thiney, Viviane Asseyi et Kadidiatou Diani. On apprécie d’ailleurs la richesse des parcours et des clubs représentés par ces 5 profils.

Sur le terrain

Et si tous ces articles, reportages, images ont éveillé votre curiosité, sachez qu’il reste encore des places pour plusieurs rencontres de la Coupe du Monde féminine et qu’il est toujours temps de vous motiver. 765 000 billets ont déjà été vendus principalement à Paris, Lyon et Rennes mais depuis l’annonce de la liste de Corinne Diacre, regardée par 5 millions de téléspectateurs, Brigitte Henriques a confié que 1000 billets par jour étaient vendus à Nice. Alors parce que ce n’est plus le moment d’hésiter, je me permets de glisser le lien direct de la billetterie (franchement vu le prix des places, vous auriez tort de vous en priver) : c’est ici, ici, LA, LAAAAAA.

Sport et tourisme, mon nouveau dada

Dimanche dernier, on a pris la direction de Liège avec une de mes copines. Le réveil a bien évidemment sonné trop tôt et le mauvais temps ne m’était pas forcément en joie mais le programme de la journée était des plus motivants : du tourisme, les spécialités culinaires locales et l’arrivée de Liège-Bastogne-Liège. Entre nous, si course cycliste il n’y avait pas eu, je n’aurai sûrement pas été mettre les pieds à Liège dimanche dernier mais puisqu’assister à un événement sportif ne prend pas toute la journée, on a pu combiner plusieurs plaisirs en une expédition.

Ce n’est pas la première fois que j’essaye de combiner tourisme et événements sportifs. En Norvège en novembre dernier, j’avais ramené mes copines au match de l’équipe de Bergen et malgré le faible niveau du championnat norvégien et les températures négatives, on avait passé une bonne soirée. En décembre, c’est lors d’un week-end en famille, que j’ai transformé notre samedi soir en sortie au Bernabéu. Il y a deux ans, ma première fois en Belgique était déjà pour une course cycliste et m’avait découvrir la belle ville de Gand. Et le week-end prochain, je pars quelques jours à Madrid et j’ai booké du tennis et du football pour mes soirées. Tout ça pour dire que tantôt l’événement sportif est la motivation, tantôt il est une activité lors d’un voyage mais une chose est sûre, mêler tourisme et événements sportifs est devenu mon nouveau dada et je ne suis visiblement pas la seule adepte puisque le tourisme sportif génère de plus en plus de revenus.

S’il fallait donner une définition du tourisme sportif, on peut dire que c’est tout autant aller à New-York pour faire le marathon, que se déplacer à Barcelone pour aller au Camp Nou, que les supporters de Ligue 1 qui chaque semaine font des déplacements à l’extérieur ou encore les staffs et équipes techniques des écuries de Formule 1 qui toutes les deux semaines débarquent dans un nouveau pays.

Et parce que la notion de tourisme sportif est aujourd’hui une donnée toute aussi scientifique sur laquelle on fait des recherches et commerciales, plusieurs personnes ont établi une classiciation du tourisme sportif. Gammon et Robinson suggèrent deux catégories : le « Hard Sport Tourism » et le « Soft Sport Tourism« . Le « hard sport tourism » correspond aux événements sportifs qui rassemblent le plus de participants. Ces événements sont les Jeux Olympiques, les Coupes du Monde de Football, la Formule 1. A contrario, le « soft sport tourism » correspond aux activités sportives considérées comme du plaisir comme aller à la montagne faire du ski, partir dans le sud de l’Espagne pour jouer au golf, aller dans des gorges faire de l’escalade… Mais ce ne sont pas les seuls à avoir proposé une classification puisque Gibson suggère que le tourisme sportif pourait être considéré en trois types : le « Sports Event Tourism« , le « Celebrity and Nostalgia Sport Tourism » et le « Active Sport Tourism« . Le premier fait référence au tourisme sportif pour lequel on se déplace afin d’assister à un événement, il y a là une notion de spectateur et non de participant. Ce sont les événements comme une Coupe du Monde, le Super Bowl, les Jeux Olympiques. Le second fait référence à deux choses : se déplacer sur un lieu pour espérer rencontrer une célébrité et faire du tourisme sportif dans le cadre d’une attraction sportive. L’attraction sportive peut être un musée, un wall of fame, un vieux stade abandonné, aller dans le village d’enfance d’un sportif… Enfin, la dernière section de la classification de Gibson fait référence aux personnes qui se déplacent pour participer à un événement sportif que ce soit un tournoi de tennis, du surf, du kayak…

Un business qui aseptise les stades de football

Quand je me suis rendue à Madrid début décembre, j’ai particulièrement été déçue par l’âme du Santiago Bernabéu qui était très loin de l’idée que je m’en étais faite. Il n’y a pas d’ambiance dans le stade, la seule tribune animée est la section de la tribune blanche, je ne compte pas le nombre de langues différentes que j’ai entendu et alors vous vous dites que le Bernabeu est davantage une attraction touristique qu’un stade de football. C’est devenu un peu la même chose au Parc des Princes et ça l’est encore plus au Camp Nou.

Entre 2005 et 2016, l’aéroport de Barcelone est passé de 25 millions de passagers annuel à 44 millions. 32 millions de touristes se déplacent chaque année et le Camp Nou fait parti des attractions touristiques les plus prisées de la ville. Aujourd’hui, à chaque rencontre de Barcelone, 10 000 places sont réservées aux touristes soient par la vente directe soit par les agences de voyages et tour operator qui se sont spécialisés dans le tourisme sportif. Barcelone a aussi bien compris comment les attirer en mettant plusieurs points de vente en centre ville afin que même si le touriste ne sache pas qu’il y a un match ce week-end, il voit le point de vente et se dise « pourquoi pas ? ». En moyenne d’ailleurs, un touriste qui se rend au Camp Nou payera deux fois plus cher sa place qu’un abonné car il n’est pas possible pour le FC Barcelone d’augmenter ses abonnements sous peine de perdre quelques socios au prochain vote pour la présidence. Du coup aujourd’hui se rendre à un match du FC Barcelone c’est top en terme de marketing, un peu moins pour ceux qui recherchent la ferveur. Messi sera toujours admirable sur le terrain mais comme toute attraction touristique, il y aura des gens pas dans le thème qui porteront le maillot d’un autre club, des gens qui ne connaîtront rien au football qui auront le football pour les nuls ouvert sur leurs genoux comme si c’était un guide touristique, des gens qui passeront plus de temps à prendre des photos qu’à regarder l’action comme si ils étaient au coeur de la Sagrada Familia et des gens qui n’en ont rien à faire, qui sont là pour être là, et qui parleront de ce qu’ils ont prévu pour le déjeuner de demain.

Néanmoins, c’est aussi un business qui rapporte. Quand on parle de tourisme sportif, on parle aussi de ces supporters qui toutes les deux semaines se déplacent pour encourager leur équipe, près de 90 000 chaque saison. Ce sont donc des frais de transports et transports urbains, de nourriture et parfois de logements qui sont engendrés. D’après une étude de GOEuro, lors de la saison 2015/2016, le revenu total des déplacements généré par la Ligue 1 était de plus de 238 millions d’euros dont 28 millions générés par le club de la capitale. Le revenu combiné des 5 principales ligues européennes en ajoutant l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne était lui de 1 659 477 000 euros dont pratiquement un tiers généré par l’Angleterre.

Le sport au service de l’image

Ce tourisme sportif est aussi une excellente opportunité pour certaines villes et certains pays de redorer leur image à travers le sport et des événements sans lesquels certaines personnes ne visiteraient jamais ces endroits. Lors de la Coupe du Monde 2018 en Russie, on estime qu’il y a eu 40% de demande de visa et 50% de réservations de vol pour la Russie en plus qu’en 2017 à la même période. La durée moyenne des séjours a d’ailleurs été de 13 jours ce qui suggère qu’au delà d’assister à des rencontres de football, les touristes ont également pris le temps de visiter la Russie ou ont prolongé leur voyage pour le faire.

Dans le même esprit, la Malaisie s’est ouverte au monde il y a 30 ans à travers ce tourisme sportif, l’organisation des Jeux du Commonwealth et son réputé Tour de Langwaki. Quand le pays a compris les enjeux et l’apport économique liés au tourisme sportif, ils se sont mis à accueillir de plus en plus d’événements tel que l’Ironman, la Formule 1 jusqu’en 2017, les ASEAN Para Games à 3 reprises, plusieurs épreuves de sport auto, d’endurance mais aussi de voile. La Monsoon Cup, qui s’est déroulée entre 2005 et 2015 à l’initiative du premier ministre avait notamment plus que triplé son nombre de visiteurs en 3 ans en atteignant 81000 personnes dès sa troisième édition en 2017.

Aux Emirats Arabes Unis, Dubaï a également su se servir de son potentiel pour accueillir des événements sportifs majeurs et attirer de plus en plus de touristes. En effet, puisque 60% des personnes passant par l’aéroport sont uniquement en transit, il y a une véritable opportunité pour toucher celles-ci afin de leur faire prolonger leur séjour notamment grâce aux événements sportifs. Parmi eux on retrouve une manche du HSBC World Rugby Seven qui a accueilli 100 000 personnes en 3 jours l’an dernier, le Dubai Duty Free Tennis Championships qui sur ses 120 000 visiteurs estime que 20 000 sont des touristes étrangers ou encore l’industrie du golf qui génère $131M par an. Au delà de ces événements, Dubaï est surtout en représentation de charme pour rivaliser avec les autres grandes villes sportives telles que Londres, Melbourne, Singapour, Doha ou encore Los Angeles afin d’apparaître comme une ville moderne et accueillante loin des scandales politiques et sociaux qu’on peut entendre sur ces pays du Moyen Orient. Pour cela, la ville peut compter aussi sur une marque qui rayonne dans le monde, Emirates Airline, implantée en tant que sponsor dans 9 sports différents dont le football, le tennis, les sports hippiques et le golf.

Bref, le tourisme sportif n’a pas fini de rapporter

Tant qu’il y aura un public pour consommer du sport et regarder des événements sportifs, l’industrie du tourisme sportif n’a pas à s’inquiéter. De mon côté, même si je ne suis pas prête de faire du tourisme sportif au point de m’inscrire à un semi-marathon dans une ville étrangère, je serai toujours là pour voyager et découvrir des nouvelles cultures à travers des événements sportifs. A mon sens, il n’y a rien de mieux que de combiner deux de mes passions qui sont les voyages et le sport, bien que si on peut aussi rajouter un concert hyper cool dans le lot, ce serait la cerise sur le gâteau !


Et en bonus, je t’ai laissé un petit message pour te livrer mes impressions sur la ville de Liège.

Formula E : la course électrique

Pour la 4èmeannée consécutive en 5 ans d’existence du Championnat de Formule E FIA, le ePrix de Paris a lieu ce week-end sur le circuit urbain des Invalides aménagé pour l’occasion. Au programme 49 tours de 1,921 km pour 94,129 kms de course et une promesse : presque pas un bruit grâce au moteur électrique qui occupe ces voitures de course.

Genèse made in France

Si on ne fait pas attention, on pourrait croire qu’une voiture de Formula E est semblable à une voiture de Formule 1 puisque toutes deux sont des monospaces et pourtant, les roues sont un poil plus grandes et surtout, il n’y a pas de pot d’échappement sur la voiture. Ces spécificités ont longtemps été étudié quand la FIA a lancé une étude pour la création d’un championnat de course automobile électrique en 2011. Avant cela Eric Barbaroux avait tenté en 2008 de lancer un championnat de monoplaces monotypes uniquement alimentées aux watts mais l’intérêt des promoteurs n’étaient pas au rendez-vous. C’est plus tard, en 2012, qu’à l’occasion d’un dîner entre Jean Todt, président de la FIA, et Alejandro Agag, homme d’affaires espagnol, que les choses se décantent. Ancien député européen et passionné par les sports automobiles, Alejandro Agag a notamment racheté les droits télévisés de la F1 pour l’Espagne en 2002 avant de les céder pour un joli prix à Telecinco. Venant de vendre son écurie de GP2 et à la recherche d’un nouveau défi, il rentre en jeu dans l’aventure de la Formula E. Quelques semaines après ce dîner, la FIA vend les droits commerciaux de son championnat 100% électrique à Formula E Holdings, un consortium d’investisseurs internationaux.

Une voiture (presque) identique pour tous

L’idée de ce nouveau championnat est de proposer un format de course inédit pour attirer un nouveau public, réconcilier la cible urbaine avec le sport automobile et montrer qu’une voiture automobile peut avoir de la puissance. Pour ne pas perturber la circulation des centres villes, les qualifications et la course ont lieu le même jour et les temps morts sont égayés d’animations et de concerts pour attirer un public jeune.

Les courses se déroulent sur des circuits entre 2 et 3km kms pour durer en moyenne 45 minutes. Limité par la charge de la batterie, jusqu’à la saison dernière chaque pilote disposait de deux monoplaces identiques et devait changer de véhicule durant la course. Après quatre saisons avec la « Gen1 », le championnat 2018/2019 a vu l’arrivée de la « Gen2 » qui dispose d’une puissance de 250 kilowatts soit 340 chevaux et permet aux pilotes de parcourir l’intégralité de la course sans changer de véhicule.

Cette « Gen2 » fait entrer le championnat dans une nouvelle ère avec plus de compétitivité et d’endurance. En effet, le moteur est plus puissant et la voiture peut désormais atteindre 280km/h. La puissance en course est à présent fixée à 200 kilowatts (vs 180kW avant). La capacité de la batterie a été doublé sans pour autant trop l’alourdir (365kg vs 320kg avant). La voiture dispose maintenant de freins électriques à l’arrière ce qui permet un freinage plus conforme aux attentes des pilotes alors que précédemment celui-ci pouvait bloquer les roues ou entraîner des glissades. La « Gen2 » est plus longue et moins large que les monospaces habituelles tandis que les pneus Michelin sont plus légers. Toujours côté design, le halo a désormais une bande d’éclairage LED qui permet de donner des informations aux spectateurs. Quand celle-ci est rouge, cela veut dire que le pilote a activé le « mode attaque ». Enfin, bien qu’ayant toujours un châssis commun, les écuries peuvent désormais développer leurs amortisseurs avant et leurs suspensions arrières adaptés à leur moteur.

Toujours dans la série des nouveautés cette saison, il y a le « mode attaque » qui permet aux pilotes de disposer de plus de puissance dans une zone déterminée. En effet, en activant ce bonus, le pilote peut quitter la bonne trajectoire et ainsi bénéficier de 25 kilowatts supplémentaires soit un gain d’un dixième de la puissance habituelle des voitures. Autre règle également mais celle-ci régit par le public et qui met en avant le lien social entre pilotes et fans : le « Fan Boost ». Celui-ci permet au public en votant sur internet d’attribuer à 5 pilotes une poussée de puissance à déployer dans une fenêtre de cinq secondes au cours de la seconde moitié de la course.

Une 8ème manche très ouverte

Alors qu’en Formule 1, trois écuries dominent le championnat, en Formula E, la compétition est cette année très ouverte. En 7 courses il y a eu 7 vainqueurs différents et autant de nationalités victorieuses au point que sur les 25 pilotes en course, plus d’une dizaine peuvent encore prétendre au titre de champion du monde. La répartition des points est similaire à la F1 avec 25 points pour le premier, 18 pour le second, 15 pour le 3ème et ça descend jusqu’au 10ème.  Cette compétitivité du championnat est à associer à la nouvelle voiture « Gen2 » qui, sans l’arrêt obligatoire pour changer de véhicule, a insufflé un nouveau rythme. Le niveau est beaucoup plus relevé, les pilotes doivent prendre plus de risques et le spectacle est au rendez-vous. L’animation sur la piste a provoqué davantage de contacts et d’incidents de course par rapport aux saisons précédentes.

Lors de ce ePrix de Paris et après deux secondes places à Sanya et Rome, le français Jean-Eric Vergne aura sûrement à cœur de décrocher sa première victoire, là où il s’est déjà imposé l’an dernier.

Après Paris, le calendrier proposera encore 4 courses : Monaco (11 mai), Berlin (25 mai), Berne (22 juin) et Brooklyn (13 et 14 juillet) pour un total de 12 courses cette saison.

De la Formule 1 à la Formule E il n’y a qu’un pas

Alors qu’à l’annonce de l’arrêt de sa carrière, nombreux observateurs de Formule 1 pensait que Fernando Alonso se dirigerait rapidement vers la Formula E, pour l’instant c’est son ancien compère de chez Ferrari, Felipe Massa, qui a rejoint le championnat cette année avec l’écurie Venturi. Un nouveau défi qu’il s’est lancé avec beaucoup d’humilité « Je repars de zéro, j’ai tellement de chose à comprendre. ». Il faut dire que même si on parle ici de sport automobile, conduire une FE ce n’est pas du tout comme conduire une F1. Il faut apprendre à conduire une nouvelle voiture, gérer son allure et son énergie, sa batterie, se mettre au fait des pistes plus étroites qui sont des tracés au cœur des villes comme à l’image du circuit de F1 de Monaco.

Tandis que la Formula E attire des anciens pilotes de F1, elle attire aussi de nouveaux constructeurs. Pour la prochaine saison 2019-2020, Mercedes et Porsche ont confirmé leur participation au championnat et ont même déjà commencé leurs essais.

Le premier est déjà bien implanté en Formule 1 et souhaite, au travers de ce nouveau championnat, soutenir l’arrivée de sa gamme 100% électrique. Pour cela, toutes les forces du constructeur ont été mises à contribution en passant des équipes de Brackley qui conçoivent les F1 à celles de Brixworth qui s’occupent du développement des moteurs et celles du siège à Stuttgart. Déjà présent en FE au travers de l’écurie allemande HWA, les pilotes de l’écurie se sont relayés au volant de la monoplace baptisée EQ Silver Arrow 01 pour effectuer 600km de tests sur le circuit de Varano.

Le second compte lui aussi soutenir sa politique d’électromobilité à travers son arrivée en Formula E puisque pour ce plan prioritaire mis en place par le groupe Volkswagen, Porsche a investi 6 milliards d’euros. Ce championnat est donc une rampe de lancement pour sa voiture électrique, la Taycan, qui devrait voir le jour en fin d’année. Pour ses essais, le groupe allemand a notamment fait appel à Brendon Hartley en tant que pilote de développement, non reconduit chez Toro Rosso en F1 en fin de saison dernière et aussi double champion du monde d’Endurance WEC avec Porsche. Pas assuré d’être titulaire en championnat chez Porsche la saison prochaine, il l’espère tout au moins lui qui est intéressé par cette discipline et qui souhaite continuer à contribuer au développement du projet et de la voiture. 

20 millions d’euros

Le budget annuel de chacune des 11 écuries en lice.

Des sponsors de plus en plus nombreux

Quand on demande à Bernie Ecclestone si, avec 50 ans de moins, il choisirait aujourd’hui de s’engager dans la F1 ou dans la FE, ça ne fait pas de doute il choisit la Formula E : « Il y a plus d’opportunités commerciales et d’expansion en Formula E qu’en Formule 1 », et quand on voit les nombreux sponsors qui se sont engagés récemment on ne peut qu’être d’accord. Au-delà des plus grands constructeurs comme DS, Jaguar, Audi ou BMW, la marque américaine de moto Harley-Davidson vient d’annoncer son partenariat avec l’écurie britannique E Envision Virgin Racing pour soutenir le lancement de sa nouvelle moto électrique LiveWire à venir cette année. 

Début 2018, le championnat s’accordait un sponsor titre du nom de ABB pour un contrat de $15M annuel sur 7 ans. 80 jours avant la première course de la saison à Ad Diriyah en Arabie Saoudite, la compagnie aérienne Saudia Arabian Airlines devenait partenaire officiel. En octobre, Heineken rejoignait l’aventure en tant que bière officielle pour 5 ans afin de proposer des activations exclusives aux spectateurs tandis que quelques jours plus tard c’est Bosch qui annonçait signer jusqu’en 2021. Partenaire officiel, l’entreprise allemande a prévu de fournir à l’ensemble du cirque des pièces automobiles, de l’outillage électrique ainsi que de l’électroménager. En décembre, le champagne Moët & Chandon devenait fournisseur officiel de champagne pour la Formula E que ce soit pour les célébrations de victoires et les espaces VIPs et invités. Des contrats de partenariats qui ne finissent pas de tomber car il est évident que le créneau de la Formula E qui se veut innovant, technologique et pour la protection de l’environnement permet aux marques de s’associer à des valeurs fortes et des thématiques au cœur des stratégies commerciales actuelles.

Alors bien sûr cela ne veut pas dire que les sponsors de la Formule 1 ont tout quitté pour la Formula E. Ce sont deux sports différents et le deuxième ne devrait pas éclipser le premier beaucoup plus glamour et… bruyant. Néanmoins ce sont aussi deux produits concurrents et à son lancement, la Formula E a su proposer des offres de divertissement avec des villages aux allures de festivals pour attirer les fans. Côté Formule 1, il aura fallu l’arrivée de Liberty Media et le rachat des droits commerciaux de la Formule 1 en 2017 pour enfin surfer sur cette nouvelle vague commerciale du « sportainment ». 

Aujourd’hui, tout roule commercialement parlant pour la Formula E et pourtant financièrement, au début tout n’était pas gagné.

Trouver un équilibre financier

Récemment Alejandro Agag a révélé qu’en 2015, le championnat a bien failli s’écrouler financièrement. En effet, après les premières courses de la première saison, l’organisation accumulait $25M de dettes. Voulant faire les choses en grand, le championnat était organisé dans des grandes villes avec des plans de promotion conséquents alors que son capital n’était pas suffisant. Il a confié que « A un moment on devait $25M à nos prestataires alors qu’on avait seulement $100,000 sur notre compte » au point de payer de sa poche les déplacements nécessaires pour l’organisation de la course à Miami. Miami, c’est aussi la ville où la Formula E a conclu un accord avec Liberty (aussi maintenant propriétaire des droits commerciaux de la F1) et Discovery qui sont devenus actionnaires à respectivement 23,9% et 14,4%. Récemment Agag a d’ailleurs voulu racheter l’intégralité de la FEH pour 600M€, une demande rejetée par ces deux actionnaires conscients de l’opportunité commerciale et des bénéfices que cela représente pour eux.

D’après les comptes établis en 2017, la Formula E avait touché 46,9M€ de ses partenariats, 28,7M€ des promoteurs de courses et écuries, 18,8M€ des droits télévisés mais ces revenues étaient compensées par des coûts de production importants de 115,1M€ entraînant une perte nette de 20,8M€. En 2016, l’entreprise avait déjà assumé une perte de 35,2M€ et 58,5M€ lors de la première saison en 2015. Globalement, il est donc important de souligner que malgré des revenus conséquents lui ayant permis d’être aujourd’hui une entreprise valorisée à $870M après 4 saisons, ils ont encaissé un déficit net global de $140M qui souligne qu’un équilibre financier est encore à trouver.

Un équilibre que n’avait pas trouvé non plus l’organisme « Montréal c’est électrique » qui a concédé un déficit de $13,55M à la suite de la course qui a eu lieu en juillet 2017. Un fiasco financier qui a conduit la mairesse de la ville a dénoncé le contrat les liant à Formula E Operations pour les éditions 2018 et 2019. La raison de ce déficit : 600 000$ de revenus en moins que prévu sur les $3,5M collectés, $8,1M de subventions en moins donnés par la ville de Montréal comme l’avait pourtant promis son ancien maire, aucune subvention du Canada initialement espérée à $4M tout comme celle du Québec qui a finalement donné que $1,4M. L’événement n’a pas non plus eu l’engouement escompté avec seulement 15 000 billets vendus sur les 45 000 disponibles. 

Des villes en quête d’image

Il y a deux semaines, le championnat de FE faisait son second arrêt à Rome après une course réussie en 2018. Ayant une image de ville romaine magnifique mais où le trafic est compliqué, Rome souhaitait prouver qu’elle était capable d’accueillir un événement sportif moderne et à la logistique importante dans son environnement urbain historique décrié. Les deux courses au cœur de la capitale italienne ont toutes les deux affiché complètes et avaient pour but de soutenir la politique d’implantation de véhicules électriques dans la ville. En effet, Enel, société italienne de service d’électricité et partenaire de l’épreuve à Rome, a installé 5 000 stations de chargement pour véhicules électriques en Italie en 2015 dont 150 à Rome. Cette course s’inscrit donc dans une logique de promotion de la cité romaine pas seulement ville historique mais ville moderne et de soutien à sa transition vers l’électromobilité comme l’encourage sa mairesse Virginia Raggi.

Du côté de Paris, pas de problèmes de déficit financier ni de parcours mais des élus qui râlent. En 2016 déjà, les élus écologistes de la ville de Paris avaient dénoncé le « désastre écologique » que représente le ePrix de Paris avec le bitume éphémère déversé pour l’événement. En effet, entre les désagréments liés à l’installation des barrières et le déversement de goudron sur la totalité du parcours pour juste le passage de la course (celui-ci est retiré une fois l’épreuve terminée), les élus s’étaient indignés du bilan CO2 causé par l’événement. Malheureusement pour eux, le Centre international de recherche sur le cancer estimait qu’en l’état actuel des choses, il était difficile de quantifier le risque sanitaire lié à la manipulation de ces produits bitumeux. Pour répondre à ces attaques, la FIA n’avait pas manqué de rappeler que l’utilisation des énergies renouvelables étaient une de ces priorités et que les organisateurs mettaient tout en œuvre pour réduire leur empreinte carbone, utilisant même la voie fluviale pour acheminer les blocs de bétons et les grilles nécessaires pour la course. 

Toujours dans cette logique de préservation de l’environnement, en février, la Formula E a signé un partenariat avec Umicore afin de recycler les batteries utilisées lors des deux premières saisons de Formula E afin de recycler les unités de lithium-ion. Lors du précédent ePrix à Rome, la Formula E a également introduit sa nouvelle signalétique afin de réduire ses déchets plastiques en utilisant un matériel sans PVC. CSM a produit un film adhésif en polypropylène pour habiller les barrières du circuit. Habillage qu’on retrouvera à Paris ce week-end ainsi que pour les trois prochaines années puisque la course a été reconduite jusqu’en 2022. Elle accompagne l’annonce d’une première course à Séoul et le retour d’une épreuve à Londres après 3 ans d’absence pour la saison 2019-2020.

Autant dire que tant que l’intérêt des constructeurs et des sponsors sera présent, la Formula E n’a pas fini de se développer. Avec les nouveaux circuits et les voitures de plus en plus compétitives, la Formula E est devenu un sport automobile captivant qui s’est trouvé un public et qui a su l’engager. Le championnat est désormais un rendez-vous inscrit au calendrier des fans et des curieux qui vont se laisser surprendre ce week-end.

Ramenez l’eCoupe à la Maison

A première vue, ce dimanche 14 avril était surtout un dimanche où Clémence Calvin, récemment suspendue par l’AFLD, allait prendre le départ du marathon de Paris après le lever de sa suspension. Tous les médias, tout le monde, avaient les yeux rivés sur elle pour savoir si elle se présenterait bien et si, plus forte que les articles qui ont décortiqué sa vie ces derniers jours, elle allait réussir à affronter la pression. La réponse est oui, la réponse est qu’elle a même battu le record de France en terminant 4èmeen 2h 23 min 41 sec. Néanmoins, bien qu’il est important d’applaudir tous les marathoniens de Paris, ce n’est pas le seul événement sportif qui aura marqué ce dimanche. 

D’abord il y a eu Lewis Hamilton qui a remporté le 1000èmeGrand Prix de Formule 1 en Chine et une course surprenante durant laquelle Ferrari a demandé à Charles Leclerc de laisser passer son compatriote Sebastian Vettel, troisième de la course. Ensuite on a suivi avec excitation Paris-Roubaix et ses 29 secteurs pavés. Paris-Roubaix finalement c’est un peu comme Koh-Lanta, secteur après secteur, les coureurs lâchent et sur le vélodrome, il n’en reste que deux qui se regardent pour savoir lequel sprintera le premier à la sortie du dernier virage un peu comme sur les poteaux. Cette année, l’expérience à parler et Philippe Gilbert a décroché son quatrième monument après le Tour des Flandres, le Tour de Lombardie et Liège-Bastogne-Liège. Un peu plus tard dans la soirée, c’est du côté d’Augusta qu’il fallait tourner les yeux pour voir Tiger Woods remporter son 15ème Majeurs, 11 ans après sa dernière victoire à l’US Open en 2008. Qui aurait cru qu’après ses nombreuses opérations du dos et ses troubles médicamenteux, il reviendrait à son meilleur niveau à -13 ?

Mais ce n’est pas tout. La France ramène une nouvelle coupe à la maison. Celle d’une compétition inédite, celle d’une compétition esportive (oui peut-être que j’invente un mot), celle de la FIFA eNations Cup. Je sais, là tu te dis « de quoi ? » et pas de panique, je vais t’expliquer ce que c’est. 

En février dernier, la FIFA a annoncé la tenue du premier tournoi FIFA eNations Cup. Au programme : 20 équipes nationales de « efoot » constituées de deux joueurs chacune. Cet événement est l’un des trois tournois organisés par la FIFA faisant parti du FIFA 19 Global Series avant le FIFA eWorld Cup qui aura lieu début août. Pour la première fois, ce ne sont pas des joueurs uniques ou des clubs qui s’affrontent mais bien des nations qui représentent des pays mais surtout qui appartiennent à des fédérations. Comme le soulignait justement Luis Vicente, Directeur de la transformation digitale et de l’innovation à la FIFA, cela démontre la montée en puissance du esport : « L’implication de nos associations membres dans un tournoi international dédié aux nations constitue un autre pas en avant important et passionnant pour la FIFA et le développement de l’eFootball au niveau mondial. Après l’introduction réussie de la Coupe du Monde eClub de la FIFA ces dernières années et du nouveau mode par équipe, nous sommes impatients d’intégrer cette compétition nation contre nation dans notre portefeuille d’eFootball. » 

La compétition avait donc lieu ce week-end à Londres. Pour représenter la France deux joueurs : Maestro (6ème au classement FIFA19 Global Series avant la compétition) et DaXe (membre de l’équipe du PSG eSport et 6ème mondial à FIFA19 sur Xbox). Pour arriver jusqu’en finale, tout n’a pas été simple. Les vingt équipes réparties en quatre poules de cinq se sont affrontées samedi pour déterminer quelles seraient les deux premières équipes qualifiées de chaque poule. Malheureusement pour les français, il a fallu attendre le résultat du match entre la Finlande et l’Arabie Saoudite (l’une des équipes favorites) dimanche matin pour savoir si ils se qualifieraient pour les 1/4. Remercions donc les finlandais d’avoir neutralisé l’Arabie Saoudite. Pour la suite, en quart ce fut le Brésil, en demi le Portugal et en finale, l’Argentine. Après un premier 1vs1 qui s’est conclu par un match nul, la France a gagné sa deuxième rencontre 2-1, s’assurant la victoire finale du tournoi.

Alors je m’y connais toujours pas très bien en esport mais cette victoire permet aux Bleus de remporter la modique somme de 40 000 dollars, 1500 points au classement FIFA19 Global Series (ce qui va permettre de faire un sacré bond dans le tableau) et ainsi avoir une chance de participer au FIFA eWorld Cup auquel accèdent les 60 premiers de ce classement. Pour résumer, la FIFA organise trois gros tournois de esport : le FIFA eClub World Cup où les meilleurs clubs se qualifient, le FIFA eNations Cup où se sont les meilleures nations qui se qualifient et le FIFA eWorld Cup où là se sont les meilleurs joueurs qui se qualifient. A côté de ces tournois « Majeurs », de nombreux tournois nationaux et continentaux ont lieu pour là aussi glaner des précieux points pour le classement FIFA19 Global Series (et si tu veux connaître le calendrier détaillé, feel free de consulter le site de la FIFA) qui, rebouclons encore une fois la boucle, permet de se qualifier au FIFA eWorld Cup.

Tout ça pour dire que les eBleus sont CHAMPIONS DU MONDE et ont donc gagné la toute première Coupe du Monde de efoot des sélections et rien que pour ça, on peut se remettre un petit Vegedream !

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La semaine dernière, alors qu’on parlait du Matmut Atlantique et que j’expliquais à un de mes collègues que son accessibilité était encore à parfaire, on en est arrivé à parler de football féminin. Je ne sais plus comment exactement mais on s’est retrouvé à parler de la Women’s Champions League à venir et il m’a dit « De toute façon c’est gratuit non ? Tu ne payes pas pour voir du football féminin… ».

Alerte rouge, imaginez moi devenir rouge, froncer les sourcils et prête à sortir mon meilleur argumentaire face à cette attitude hautaine et misogyne. C’était limite si il n’allait pas me demander de le payer pour aller voir un match de football féminin mais alors qu’il pensait pouvoir faire le malin face à moi, c’est avec beaucoup de joie et un sourire en coin que je me suis permise de lui répondre que plus de 500 000 billets étaient déjà vendus pour la Coupe du Monde féminine avec 6 matchs déjà sold out et que si ils considéraient qu’on devait le payer pour assister à PSG vs Chelsea, ce n’était pas le cas des 5900 personnes qui avaient déjà pris leurs places pour la rencontre. N’ayant pas fini de déblatérer, j’ai achevé son exécution sur la place publique de l’open space en lui signifiant que la rencontre féminine entre l’Atletico et le Barça de ce dimanche affichait complet avec 68 000 places au Wanda Metropolitano. Et toc ! Bec cloué, il est retourné à son bureau et lundi matin, il n’était pas peu fier de me dire qu’il avait suivi le résultat de Lyon vs Bordeaux et même si les girondines en ont pris 7, il a vu que ça avait ramené du monde.

Il n’avait pas suivi ce fameux Atletico – Barça mais bon, une chose après l’autre. A l’affiche en Liga Iberdrola ce clasico toujours entre Madrid et Barcelone mais en attendant que Florentino Perez investisse dans une équipe féminine, c’est les leaders, l’Atletico qui se charge de défendre l’honneur. Avec 66 points au début de la rencontre, celles-ci n’ont plus que 3 points d’avance ddevant Barcelone qui a remporté 2-0 ce match dans une enceinte presque complète avec 60 739 spectateurs. UN RECORD pour un match entre deux clubs, battant ainsi le record précédemment réalisé en Espagne fin janvier quand l’Atletico Bilbao avait afronté l’Atletico Madrid en Coupe de la Reine face à 48 121 spectateurs et un record encore plus historique datant de 1920 en Angleterre, quand les Keer’s Ladies ont affronté les St Helen’s Ladies devant 53 000 personnes.

(d’ailleurs petit ps pour vous conseiller de mater ce vlog par OlympicChannel (oui oui le CIO quoi))

Est-ce que le football féminin attire les curieux ? Oui.
Est-ce que le football féminin bouge ? Oui.
Est-ce que le football féminin se développe ? Oui.

Pendant que les stades se remplissent petit à petit, d’excellentes initiaives venues du monde voient le jour.

En Argentine, pour célébrer la journée internationale de la lutte pour les droits des femmes, les joueuses de Boca Juniors ont pour la première fois jouer à la Bombonera quelques jours avant l’officialisation par la fédération argentine de la création d’une ligue professionelle réunissant 16 clubs. Cette ligue profesionnelle est la seconde en Amérique Latine, après la Colombie. Chaque équipe devra avoir au moins 8 joueuses salriées et la Fédération apportera une aide financière de 3000 dollars par mois à chaque club pour son développement et assuré le salaire des joueuses (365 dollards, un peu plus que le minimum légal en Argentine). La Fédération s’engage également à fournir des terrains adaptés aux équipes qui n’en ont pas et plus globalement à accompagner le développement de la discipline en partageant les bonnes pratiques du football masculin.

Toujours en Amérique Latine, le Paraguay vient de lancer ses réseaux sociaux pour ses équipes féminines afin de leur donner plus de visibilité. Dans le même genre, le Telegraph en Angleterre vient de lancer son édition 100% sport féminin avec un site internet dédié, une newsletter par semaine et un supplément print par mois. Une édition créée avec les sportives qui contribuent activement aux sujets.

Direction la Chine où là aussi, on mise sur le football féminin. Alors on sait que la Chine veut accueillir et gagner la Coupe du Monde de football d’ici 2030 mais visiblement, la Chine a aussi des ambitions en terme de football féminin puisque la Fédération Chinoise de Football a décidé que d’ici 2020, tout club participant à la Chinese Super League (la Ligue 1 Conforama de chez nous), devra obligatoirement posséder une équipe de football féminin. Cette mesure vise à améliorer les performances, renforcer les profils de joueuses à disposition de l’équipe nationale, développer la formation avec plus d’équipes jeunes et réserves dans le but de pouvoir rivaliser les meilleures équipes nationales.

Alors si vous en doutiez encore, l’année 2019 sera celle du développement du football féminin, de sa médiatisation, de son succès populaire et surtout celui des records. Avec moins de 60 000 places au Groupama Stadium, il sera compliqué de battre le record de spectateurs à un match de football féminin entre deux équipes nationales (record de 80 203 spectateurs lors de Etats-Unis vs Japon lors des Jeux Olympiques de Londres à Wembley) mais voir des stades plein cet été en France sera déjà une belle victoire. Alors préparez-vous, le football féminin n’a pas fini de faire la une !

La nation des matches aller

Si la campagne européenne 2018-2019 nous aura appris quelque chose, c’est que nous sommes la nation des matches aller. Nous sommes certes Champions du Monde mais nous sommes aussi la France, un pays où des clubs marquent 3 buts à l’aller et s’en prennent 3 (ou plus) au retour. Est-ce que ça reflète le fait que les français sont trop sûrs d’eux, qu’ils prennent les choses pour acquis, qu’ils ne supportent pas la pression ? Je ne sais pas. Ça reflète surtout que notre indice UEFA va en prendre pour son grade en restant bloqué à 10,583 au plaisir des clubs anglais qui affichent 6 clubs en quart de finale de coupe d’Europe, à un club du record de l’Espagne qui avait 7 clubs en quart de coupe d’Europe en 2000-2001. 

Si on m’avait dit le 17 décembre dernier qu’il n’y aurait plus le Bayern, plus le PSG, plus le Real et plus Dortmund le 14 mars prochain en Champions League, j’aurai ri. Un rire moqueur et humiliant pour dire à mon interlocuteur qu’il n’y connaît rien au football. Ou plutôt avec du recul que si, lui est plus réaliste que moi. On prend toujours le football pour acquis, les statistiques pour acquis mais ça fait 3 ans que le PSG fait de déjouer les statistiques d’Opta son combat. 100% des équipes qui avaient gagné 2-0 à l’aller en sortie de poule s’étaient qualifiées pour les 1/4 … sauf le PSG. 100% des équipes qui mènent à l’aller 4-0 n’ont jamais été rattrapé… sauf le PSG.  Bref, la qualification est réalisable sauf si tu t’appelles le PSG. 

L’arrivée de la VAR à partir de ces huitièmes ne se sera pas attirée que des copains. Entre le pénalty concédé dans les dernières minutes du match retour au Parc pour une main involontaire de Kimpembe et celui, complètement imaginaire, que le Barça récolte à domicile au début du match retour avec Suarez, ça râle ça râle. Il faut dire que la technologie n’a pas la science infuse et donc parfois la technologie ne marche pas mais les arbitres ont une fâcheuse tendance à être plus clément dans ces cas-là comme accorder un pénalty parce que la technologie n’a pas marché. Ces histoires me rappellent quelque peu les problèmes avec la goal-line technology qui ne signalait pas toujours les buts ou qui parfois vibrait sans raison. On se souvient bien d’ailleurs, début 2018, comment la LFP avait décidé de suspendre son accord avec Goal Control après de nombreuses défaillances du système avec les caméras qui perdaient le ballon et le fait qu’on pouvait faire vibrer la montre manuellement si on avait un doute. Là où je suis de plus en plus surprise c’est qu’en mettant de plus en plus d’arbitres on assiste toujours à des erreurs qui changent complètement la physionomie d’un match au plus haut niveau européen. Quand on sait ce qu’un but peut représenter en terme financier pour un club à ce stade-là, c’est presque cruel de se dire que ces millions se jouent à une VAR fonctionnelle ou non. 

Mais c’est aussi ça la magie du football et c’est aussi pour ces coups de gueule que journée après journée, on regarde ces matchs. On regarde du football parce qu’on veut que notre équipe gagne mais on regarde aussi le football en attendant la première faute, la première polémique qui animera les foules, qu’on pourra commenter et qui sera notre excuse pour justifier la défaite. On suit les parcours en coupe d’Europe le cœur remplit d’espoir, avec cette envie d’y croire tout en sachant qu’on vit quelque chose d’exceptionnel que tout supporter ne vivra pas et qu’il faut profiter de ces instants. Le football n’est pas parfait et c’est pour ça qu’on l’aime. Si tous les joueurs réussissaient leurs passes, si chaque coup franc étant rentrant alors ce sport n’aurait plus aucun intérêt. Être passionné de football, c’est entretenir une relation amour-haine avec un sport qui tantôt vous procure une joie immense, tantôt vous envahit de désespoir. 

Alors oui, l’Europe a éjecté momentanément le drapeau bleu-blanc-rouge mais ça n’enlève rien au fait que la saison prochaine, à notre retour, on continuera à râler contre l’arbitrage, contre la VAR, contre les contre-performances et les statistiques déjouées parce que vous savez quoi, je crois qu’on aime ça et qu’à défaut de gagner en coupe d’Europe, râler est dans l’ADN des clubs français. 

Maillots pour elles

A J-88 de la Coupe du Monde féminine de football 2019, Nike a offert, hier, un défilé à Paris pour clore en beauté une Paris Fashion Week déjà terminée la semaine dernière. Au Palais Brogniart, ils ont révélé les 14 kits maillots de leurs 14 séléctions qui participeront à la compétition en juin prochain, 14 sur 24 équipes participantes soit plus de la moitié des équipes seront habillées par l’équipementier américain. Déjà une réussite en termes de statistique et de visibilité, Nike fait même encore mieux en annonçant des kits maillots exclusivement pour ces équipes féminines.Oui oui oui, vous avez bien compris : ces équipes féminines porteront des maillots spécialement conçus et designés pour elles sans copie des maillots de leurs homologues masculins.C’est une première dans l’histoire de la Coupe du Monde féminine.

Déjà en fin de semaine dernière, Adidas avait présenté les kits maillots féminins de l’Ecosse, la Suède, l’Espagne ainsi que l’Allemagne et on se disait qu’une petite révolution prenait forme. 

Pendant très longtemps cette idée d’avoir des kits maillots propres à une équipe féminine a été évoqué mais de nombreuses questions restaient en suspens et principalement celle de la rentabilité. Est-ce que assez de personnes achèteraient ces maillots ? Connaîtront-ils un succès ? Après tout, ça reste une question de business. On créé un produit parce qu’on sait qu’on peut le vendre et aujourd’hui, les équipementiers ont enfin saisi cette opportunité. Là où en 2015 au Canada cela aurait été rentable pour quelques nations comme les Etats-Unis ou l’Allemagne, aujourd’hui quand on voit le bel accueil réservé à ces maillots, on se dit qu’ils ont vu juste. 

Nike a donc notamment révélé les maillots de l’équipe de France avec un design unique créé pour des joueuses et non des joueurs avec des spécificités propres à leurs envies et leurs morphologies. Globalement, en consultant les joueuses de chaque sélection, Nike a noté que le col V ne doit pas être trop profond, que les cordons de serrage et les coutures des shorts ne doivent pas se sentir, que les manches ne doivent pas être trop courtes et les shorts sont portés haut. Nike a également pris les mesures des joueuses pour créer des kits sur mesure et a consulté les fédérations pour savoir quelle taille privilégiaient les joueuses. D’une manière générale, elles demandent un short de taille inférieur et un maillot de taille supérieure à leurs mensurations. Là où les hommes aiment les maillots fit et près du corps, les filles préfèrent un maillot plus souple et loose qui ne les serrent pas. Pour le short, tout est une question d’ajustement à la morphologie féminine également en prenant en compte les groupes musculaires des joueuses notamment au niveau des quadriceps et des ischio-jambiers afin qu’elle porte de shorts qui leur conviennent et non plus courts pour être au dessus de la partie épaisse de leur jambe.

Il est donc là, ce maillot unique et inédit pour ces équipes féminines. Bien évidememnt, celui-ci est décliné en taille femmes, hommes et enfants. D’ailleurs, il aura fallu que quelques heures pour que le maillot de l’équipe australienne soit sold out en taille homme, un succès populaire ! Du côté des Bleues, le maillot n’est pas encore en vente mais pas de doute que celui-ci va s’arracher surtout ce maillot bleu qui est magnifique qu’on se le dise !

Et puis dans la série des équipementiers qui font du bien au football féminin, Adidas a profité de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes pour annoncer que toutes les athlètes adidas qui gagneront la Coupe du Monde recevront le même bonus que leurs homologues masculins. Une très bonne nouvelle bien que celle-ci est contrastée par l’attaque de quelques joueuses américaines qui dénonce de la discrimination de genre dans leurs contrats avec la marque… Affaire à suivre !

Tout est ______ qui finit ______

Je veux remercier l’Australie (…) Je n’ai pas encore la citoyenneté, mais mon pays est l’Australie. Je vais mourir en Australie.

Signé Hakeem Ali al-Araibi, un nom que vous avez peut-être vu dans les médias récemment.

Arrêté fin novembre 2018 à l’aéroport de Bangkok sur demande de l’état du Bahreïn alors qu’il était venu passer sa lune de miel, ce footballeur bahreini réfugié en Australie, où il a obtenu le droit d’asile, a enfin été libéré ce lundi après plus de 70 jours de détention. On pourrait résumer cette histoire en tout est bien qui finit bien et pourtant… Les événements de ces dernières semaines exposent des petits problèmes dans la dirigeance du football mondiale.

Rappel des faits : condamné à dix ans de prison par la justice de Bahreïn pour avoir soi-disant endommagé un poste de police en 2012 lors des manifestations du « Printemps arabe », Hakeem a toujours nié. Pour cause, comment a-t-il pu commettre cet acte alors qu’il était en train de jouer un match qui était retransmis à la télévision ? On dira donc qu’il n’a sûrement pas vandalisé ce poste de police mais qu’il paye plutôt les déclarations controversées qu’il a fait à l’encontre du président de la Fédération de football de Bahrain et membre de la famille royale, Sheikh Salman bin Ibrahim al-Khalifa, en disant qu’il avait abandonné ses joueurs. Et c’est là que le problème commence.

Aujourd’hui, Sheikh Salman bin Ibrahim al-Khalifa n’est plus le président de cette fédération, il est mieux encore. Président de la Confédération Asiatique de Football (AFC), membre du comité exécutif de la FIFA et président de la commission du développement de la FIFA, voici comment le bonhomme a évolué sans oublié de préciser qu’il s’était notamment présenté à la présidence de la FIFA en 2016. Alors quand on connaît cela, comment peut-on s’étonner qu’il a fallu deux mois pour que la secrétaire générale de la FIFA envoie une lettre au gouvernement thaïlandais ? Que Gianni Infantino ai refusé de faire une annonce publique en son nom malgré l’importance des droits de l’homme à la FIFA avec l’exploitation d’ouvriers dans les stades en construction au Qatar et surtout, qu’il se soit affiché publiquement auprès de cet homme lors de la finale de l’Asian Cup il y a quelques semaines ? N’y a t-il pas un problème d’éthique dans le circuit surtout quand on sait que cet homme, Sheikh Salman bin Ibrahim al-Khalifa, a précédemment été accusé par des défendeurs des droits de l’homme de torture commanditée sur des athlètes ? Je ne fais que poser des questions… Je veux dire, moi je ne suis pas membre d’une famille royale après tout.

Alors aujourd’hui Hakeem Ali al-Araibi est libre parce que des associations se sont préoccupées de lui, parce que l’Australie a mis tout en oeuvre pour le sortir de là, parce que le CIO a pris position mais la FIFA, l’instance dirigeante du football mondial, a seulement apporté son soutien. Moi aussi je tweete et j’apporte mon soutien, c’est simple comme bonjour. Prendre position c’est annuler le stage de préparation de son équipe U23 qui était prévu en Thaïlande comme l’a fait la fédération australienne, c’est lancer une pétition qui récolte plus de 135 000 signatures comme l’a fait Amnesty International et non serrer la pince à Sheikh Salman bin Ibrahim al-Khalifa. Alors bien sûr, le football est un monde politique très compliqué surtout quand ça implique autant d’argent mais à mon sens la vie d’un homme qui est menacé de torture, qu’il a déjà bien subit auparavant et que sa famille continue de subir dans ce pays, est bien plus importante que ces manières, le pétrole et les politesses.

Ce retour c’est grâce au retrait par Bahreïn de la demande d’extradition mais cette histoire pose encore beaucoup de questions. Qui a orchestré cette arrestation et ce mandat auprès d’Interpol datant du 8 novembre dernier alors que cela fait plus de quatre ans et demi que Hakeem Ali al-Araibi vit en Australie ? Comment Bahrein a obtenu ce mandat auprès d’Interpol ? Pourquoi la Thaïlande a fait durer le procès sur son extradition aussi longtemps ? Les services australiens n’auraient-ils pas pu éviter cela en étant prévenu avant qu’il quitte le territoire ? Si cet homme n’avait pas reçu le soutien d’autant d’athlètes et d’institutions, aurait-il été rapatrié ? C’est un cas d’étude international sur comment manier la diplomatie, la géopolitique dans le football, les lois sur les réfugiés, les lois de chaque pays et même le népotisme. Une chose est certaine, cela a été très mal géré et on peut imaginer le sort réservé à des réfugiés dans les mêmes situations qui ne sont pas dans la lumière médiatique.

5 choses à retenir du débat « Sport au féminin, l’égalité est pour demain ? »

Aujourd’hui à Paris se tenait la deuxième édition du Think Football proposé par News Tank Foot. Au programme : des conférences dédiées aux acteurs du monde du sport et plus particulièrement de ceux du football avec deux thématiques principales : le sport féminin et le sportainment. Cette journée a commencé par un débat « Sport au féminin, l’égalité est pour demain ? » en présence de Béatrice Barbusse (sociologue et membre du conseil d’administration de la FFHB), Brigitte Henriques (vice-présidente de la FFF) et Fatma Samoura (secrétaire générale de la FIFA). Alors pour ceux que ça intéresse et ceux qui ont manqué ce débat de qualité, voici mes quelques notes résumées.

Les lignes bougent à la FIFA

Avant toute chose, il fallait bien que quelqu’un montre l’exemple alors qui d’autre que l’instance dirigeante du football mondial pour lancer un plan de féminisation et depuis octobre, une stratégie de développement global du football féminin. Celle-ci a trois objectifs : augmenter le nombre de licenciées avec d’ici 2026 60 millions de femmes qui pratiquent le football (soit plus de 10% des pratiquants), augmenter les revenus commerciaux en faisant en sorte de créer un produit indépendant et construire des fondations solides en accompagnant les éducateurs, les arbitres, les femmes qui veulent atteindre des postes à responsabilités… On estime que 4 milliards de personnes s’intéressent au football mais moins de 1 milliard s’intéresse au football féminin. La FIFA a pour objectif d’éduquer le plus de personnes en prenant la parole, en médiatisant, en se servant de tous les leviers à sa disposition pour sensibiliser le plus grand nombre. La moitié de la population de la Terre est composée de femmes, il faut donc arrêter de fermer les yeux sur leurs compétences et ce qu’elles peuvent apporter dans la société, dans les entreprises et ici, au football.

La FIFA souhaite former les esprits en réunissant la bonne volonté de ceux qui sont prêts à changer les choses et à investir dans le football. Au sein des instances dirigeantes parmi les 211 associations membres de la FIFA, il y a 3 ans il y avait seulement 5 secrétaires générales femmes, l’an dernier on est passé 16. Il y a 17% de femmes dans les commissions techniques de la FIFA, 42% dans l’administration. Et parce que le futur se prépare maintenant, la FIFA propose aux femmes, qui souhaitent prendre des responsabilités, des formations et programmes d’accompagnement de leadership avec une trentaine de participantes chaque année.

Un président convaincu par la mixité

En 2011, quand Noël Le Graët lance son plan de féminisation pour la FFF ce n’est pas pour « être à la mode » mais bien parce qu’il est convaincu que la mixité apporte la compétence et la performance. A l’échelle des 211 associations membres de la FIFA, la FFF est un modèle en termes de féminisation en poursuivant un objectif précis : augmenter le nombre de femmes dans toutes les familles du football et réfléchir globalement pour plus d’efficacité. C’est comme ça qu’aujourd’hui, on compte plus de 10 000 licenciées chaque saison (même + 15 000 suite à la Coupe du Monde de football 2018) contre 1 000 par an avant 2011. Ainsi, au 30 juin 2018, la Fédération Française de Football comptait 164 638 licenciées féminines vs 59 409 au 30 juin 2012 et ils espèrent bien que l’effet de la Coupe du Monde féminine 2019 leur permettra d’atteindre les 250 000 licenciées.

Alors bien sur, parler de licences c’est bien mais pouvoir accueillir tous ces licenciés c’est mieux. Sur 16 000 clubs en France, seul 1 sur 3 accueille des femmes et, en terme d’héritage laissé par l’événement, la FFF souhaiterait passer à 1 sur 2. C’est pour ces raisons notamment que 14M d’euros est attribué à l’héritage de la Coupe du Monde pour aider le football amateur et les clubs à se structurer, accompagner la formation des encadrants, contribuer au financement des équipements et ainsi pouvoir réserver un accueil qualitatif aux licenciés et les fidéliser. De nombreux appels à projets sont d’ailleurs soutenus par la FFF qui finance pour moitié ceux-ci.

Une Coupe du Monde 2019 qui a les ingrédients du succès

Quand la FFF se fixe comme objectif d’atteindre les 250 000 licenciés, cela semble tout à fait atteignable pour Béatrice Barbusse qui souligne qu’en qualité de sport universel, le football a un avantage sur tous les autres sports. Il faudra remplir des stades allant de 20 000 à 50 000 places mais sur ce sujet on peut être assez confiant car les packages mis en vente début décembre avaient permis de vendre déjà 150 000 billets dont les 69 000 mis en vente pour les demi-finale et finale à Lyon. Parmi les autres ingrédients du succès il y a la compétition qui se déroule en pleine période estivale, facile à suivre comme peuvent l’être les Jeux Olympiques et juste avant la rentrée scolaire pour demander sa licence. La compétition sera retransmise en intégralité sur une chaîne non-payante ce qui là encore permet de toucher une plus large audience avec un objectif d’atteindre 1 milliard de téléspectateurs (750 millions de personnes avaient suivi la Coupe du Monde féminine 2015). On a d’ailleurs appris dans une conférence suivante que fort du succès de la diffusion de PSG – OL en D1 Féminine sur Canal +, le match retour devrait être diffusé sur les antennes de C8 pour là encore, être accessible au plus grand nombre. Enfin, il y a forcément la performance de l’Equipe de France qui rentre en jeu. Plus elle ira loin dans la compétition, plus elle suscitera de l’attention et des vocations. Alors mission carré final ?

Il y a le football féminin et il y a les autres

Comme le soulignait Béatrice Barbusse, même si le football féminin n’est pas au niveau du football masculin, c’est aujourd’hui un sport connoté masculin plus facilement accessible aux femmes et qui génère de l’attention. A travers le football féminin, l’idée est aussi de gagner du terrain pour tous les autres sports qui n’ont pas la même attention. C’est une discipline qui attire les sponsors et qui continuera à l’attirer à travers une plus large professionnalisation et la proposition d’un spectacle sportif comme l’est une rencontre de Ligue 1 Conforama. Néanmoins ce spectacle sportif qui attire des investisseurs et des fans n’est pas à la portée de tous les sports et c’est au dessus, dans les ministères, chez les décideurs qu’il faut penser sport féminin au sens large pour que les avancées faites par la FFF bénéficient au plus grand nombre.

Aujourd’hui l’équipe de France féminine génère des profits parce que la FFF a mis en place les moyens pour, a travaillé sur les droits TV, a appelé ses partenaires pour revoir les enveloppes, a mis les mêmes moyens que ceux alloués à l’équipe masculine pour l’organisation des matchs et l’habillage des stades. En 2012 le football féminin coûtait de l’argent mais cet investissement a permis de dynamiser son attractivité et de le rendre rentable.

Ce n’est pas qu’une question d’argent

Quand on parle d’argent à Fatma Samoura, elle n’aime pas trop. Déjà parce que ce n’est pas vraiment significatif de comparer le football masculin et le football féminin puisqu’ils n’ont pas les mêmes moyens et ne génèrent pas les mêmes revenus mais surtout parce que pour elle, il est plus important de souligner l’impact social laissé par le football féminin. En effet, une joueuse de football aujourd’hui est une inspiration pour les jeunes filles, de même pour les personnes ayant des postes à responsabilités dans les institutions qui montrent qu’une femme peut s’imposer dans un environnement qu’on considère masculin. Les joueuses de football sont engagées envers les plus jeunes, elles n’hésitent pas à participer aux actions de communication, à être ambassadrice publiquement de leur sport et c’est aussi la raison pour lesquelles elles ont une meilleure image que les joueurs de football.

Si vous voulez quand même un chiffre, sachez que le prize money pour les hommes est de 400M d’euros vs 30M d’euros pour les femmes et qu’il est important de souligner que ce dernier a été multiplié par deux depuis le Canada et que celui-ci avait déjà augmenté de 5M d’euros par rapport à 2011. Aujourd’hui, « le football masculin ça paye, le football ça coûte » dira t-elle justement et pour commercialiser la discipline, il faut souvent l’inclure dans des packages. Avec les nombreuses mesures et les plans d’actions que met la FIFA en place, le but est de créer un produit unique qui peut vivre indépendamment du football masculin mais surtout qui attire des sponsors spécifiques. Pour exemple, cette année l’UEFA a décidé de séparer le produit « finale de la Women’s Champions League » du produit « finale de la Champions League » en négociant l’organisation de celle-ci dans une autre ville et même un autre pays (elle aura lieu le 18 mai ay stade de Ferencváros à Budapest). De plus, on a récemment appris que VISA s’associait pour 7 ans à l’UEFA en tant que sponsor du football féminin et de ses compétitions uniquement. Du coup, même si ça ne paye pas aujourd’hui, c’est un pari sur l’avenir et ça payera demain.


Pour conclure et surtout pour célébrer le M-4 avant le match d’ouverture de la Coupe du Monde féminine 2019, la FIFA a lancé cet après-midi sa campagne « Legend squad » mettant en avant 13 joueuses et 10 joueurs de 20 pays à travers leurs alter ego. Des alter ego qui mettront leurs super pouvoirs au service de la promotion du football féminin et de la Coupe du Monde à venir en participant à plus de 100 événements les prochaines semaines à travers le Trophy Tour mais aussi en se mobilisant lors de la compétition. Puis après tout, qui n’a jamais rêvé d’être un super héros ?

Qatar, en marche vers 2022

Au cas où ça vous a échappé, le Qatar a gagné l’Asian Cup face au Japon (3-1) vendredi dernier. Pourquoi je me permets de dire que ça vous a peut-être échappé ? Parce que personne n’en a parlé en France si ce n’est deux-trois articles relayant l’information mais restant vague sur le chemin parcouru par le Qatar dans cette compétition, à quel point ce titre est historique pour ce pays de 2,3 millions habitants et comment cette victoire se révèle comme un symbole pour le pays qui accueillera la prochaine Coupe du Monde. Du coup, si vous avez quelques minutes pour rattrapper 7 matchs, 19 buts et 5h de route à cause du climat géopolitique, c’est parti !

Déjà ce n’était pas simple d’aller aux Emirats Arabes Unis

Bon je vous l’accorde, je n’avais jamais suivi l’Asian Cup avant et c’est vrai que c’est l’avancée dans la compétition du Qatar qui a éveillé ma curiosité. Depuis 2010 et l’annonce de la FIFA au sujet du pays d’accueil de la Coupe du Monde 2022, le Qatar est un mystère. Ok ce pays a beaucoup d’argent mais ça ne veut pas dire que leurs petits bonhommes ils savent jouer au football. Du coup forcément, quand les mecs ont commencé à passer les huitièmes, puis les quarts et les demis, ça intrigue. On se souvient d’ailleurs en 2015 de la politique de naturalisation de joueurs étrangers qu’avait lancé le Qatar pour constituer son équipe nationale de handball, annonçant qu’ils feraient pareil en football pour 2022. Bon je vous rassure, ce n’est pas possible. Les règles de la FIFA sont très strictes. Pour qu’un joueur puisse jouer dans une équipe nationale il faut qu’il soit né dans ce pays, qu’il ait un parent ou un grand-parent qui soit né dans ce pays ou bien qu’il ait vécu au minimum 5 ans en continu dans ce pays après l’âge de 18 ans. Rassurez-vous donc, ni Benzema, ni Ribéry ne pourront jouer pour le Qatar en 2022.

Alors avant même que la compétition commence, ce n’était pas gagné cette histoire. Je ne suis pas experte en géopolitique donc je vous laisse demander à Google plus d’informations mais vulgairement, disons que le Qatar n’est pas copain avec les Emirats Arabes Unis, pays organisateur de l’Asian Cup 2019, qui l’accuse d’avoir financer le terrorisme. D’ailleurs ils ne sont pas copains non plus avec l’Egypte, Bahrain et l’Arabie Saoudite ce qui entraîne depuis juin 2017 un blocus dans le golf contre le Qatar. Ce blocus engendre notamment l’interdiction de voyager directement depuis le Qatar vers un de ces pays ce qui signifie que pour se rendre à la compétition, l’équipe du Qatar a fait plus de 5h de route en empruntant la route par Kuwait plutôt que de prendre un vol d’une heure.

Un seul but encaissé

Dans le groupe E aux côtés du Liban, la Corée du Nord et l’Arabie Saoudite, le Qatar inscrit 9 buts dont 7 par l’attaquant Almoez Ali déjà champion d’Asie des moins de 19 ans en 2014. Petite info bonus, il joue au Al-Duhail Sports Club, champion en titre de la Qatar Stars League et club ayant le plus gros budget du Qatar puisqu’il est détenu par le même propriétaire que le Paris Saint-Germain. Alors bien évidemment, retour au climat géopolitique, la confrontation face à l’Arabie Saoudite a été redouté mais comme l’a répété le coach Felix Sanchez « pas besoin de mélanger la politique avec le sport ». Les deux équipes ayant précédemment gagné leurs rencontres, c’était un match seulement pour déterminer la première place. Premier but sur une erreur défensif, un pénalty non concrétisé avant le second but 10 minutes plus tard et l’histoire était réglée. Suivant.

Premier de son groupe, en huitième de finale, le Qatar a affronté l’Irak battu 1-0. En quart, c’est la Corée du Sud qui s’est incliné là aussi 1-0 avant de retrouver un adversaire politiquement plus houleux en demi-finale : le pays organisateur. Score final synonyme aussi de petit taquet puisque les Emirats Arabes Unis s’en sont pris 4 et visiblement, ils ne l’ont pas très bien pris puisqu’à la suite du match, ils ont porté une réclamation auprès de la Confédération Asiatique de Football (aussi connu sous le nom de l’AFC). Le motif de celle-ci ? La non-éligibilité de deux joueurs de l’équipe du Qatar à jouer pour cette nation sous prétexte qu’ils ne sont pas nés dans ce pays. Ces joueurs, Almoez Ali et Bassam Al-Rawi, ne sont en effet pas nés au Qatar mais souvenez-vous, il n’y a pas que le lieu de naissance qui compte dans les critères de la FIFA et le vendredi matin de la finale, le Qatar a eu le feu vert pour jouer. L’histoire ne dit pas encore si il y aura appel devant le tribunal arbitral du sport mais les mecs ont l’air tenaces alors je dirai plutôt que oui.

L’histoire, le Qatar l’a continué en battant le Japon 3-1 en finale et en encaissant ainsi son premier but de la compétition. On se souvient tous du Japon lors de la dernière Coupe du Monde, menant 2-0 avant de se faire reprendre 3-2 par la Belgique. On connaît donc le potentiel tactique de cette équipe qui contrôle le ballon au milieu de terrain et pourtant l’aggressivité du Qatar et notamment sa rapidité dans les couloirs a tout bousculé sur son chemin. Mené 2-0 à la mi-temps, le Japon n’a pas abandonné et a redoublé d’efforts pour marquer un but et relancer le match. A 15min de la fin, l’obstination japonaise est récompensée par un but et toute la dynamique du match change. Le Qatar, qui a subi en seconde mi-temps malgré quelques inspirations ici et là, ne doit pas concéder un second but pour être champion. C’est finalement avec un pénalty à la 83ème minute que le Qatar assure son premier titre en Coupe d’Asie.

Historique pour un pays

Avant ce trophée, on peut dire que le palmarès du Qatar se comptait sur les doigts d’une main avec un trophée en 2006 aux Jeux Asiatiques, un trophée en 2014 au Championnat d’Asie d’ouest de football et trois titres à la Gulf Cup. Autant vous dire que la fête, les Qataris l’ont fait dans leur pays puisque blocus oblige, pratiquement aucun supporter n’avait fait le déplacement pour la compétition. Elle a duré toute la nuit, avec un feu d’artifice sur la corniche de Doha et jusqu’au retour des héros avec une balade en bus (plus longue que celle des Bleus). Historique au point que les supporters attendent des heures et des heures les joueurs qui au delà du trophée, ont envoyé un signe politique fort alors que la moitié des participants à la Coupe d’Asie étaient prêts à tout pour leur compliquer la vie. Par cela, l’objectif de la famille royale de consolider l’identité nationale autour d’un sentiment patriotique que dégage l’équipe nationale est 100% atteint.

A trois ans d’accueillir la prochaine Coupe du Monde, la première dans un pays arabe et aussi la première à laquelle participera cette nation, il était temps que le Qatar montre son potentiel sportif et le résultat de ses investissements notamment dans des académies pour les plus jeunes. Jeune c’est aussi comme ça qu’on pourrait définir cette équipe avec 24 ans de moyenne d’âge. A travers cette compétition, l’idée était de montrer que le Qatar pouvait rivaliser avec les autres nations d’Asie et ainsi engranger de l’expérience. Cette expérience, c’est en Juin qu’ils continueront à l’acquérir puisqu’en tant que finaliste, le Qatar est invité à participer à la prochaine Copa America et autant dire que l’Uruguay, la Colombie et le Brésil, c’est plus coriace que le Japon.

Et si on faisait une Coupe du Monde à 48 pays ? demande la FIFA

Nous n’allions pas conclure cet article sans un petit mot sur la nouvelle idée de la FIFA. Un matin, un petit monsieur s’est réveillé et s’est dit :

« – Et si on faisait une Coupe du Monde à 48 plutôt qu’à 32 ? »

Fier de cette idée, il l’a proposé à Gianni Infantino qui lui a répondu :

« – Pourquoi pas. Nous allons réfléchir, étudier la faisabilité de cette idée et rendrons notre décision lors de la prochaine réunion de la FIFA à Miami le 14 et 15 mars prochain. »

N’hésitez pas si vous avez d’autres idées du genre à les soumettre mais d’abord, veuillez vérifier que cela rapportera de l’argent aux organisateurs. Pour accueillir 48 équipes, il faudrait que le Qatar construise 4 stades supplémentaires et visiblement, c’est tendu dans les délais… Pas d’inquiétude les Emirats Arabes Unis, toujours eux, seraient ravis de rendre service en accueillant des rencontres puisque bien évidemment quand ça peut rapporter un peu d’argent, on oublie les histoires de blocus. Le directeur de l’Asian Cup 2019 a même déclaré que « C’est bien d’avoir du football dans notre région… le sport aide à réunir les gens ». Bon autant vous dire que cette idée d’expansion ne réjouit pas grand monde et encore moins Amnesty International qui a directement interpelé le président de la FIFA au sujet du non respect des droits de l’homme dans ce pays ainsi qu’en Arabie Saoudite.


1500 mots plus tard, j’espère vous avoir un petit peu éclairé sur les événements de ces dernières semaines au Qatar et du coup, n’oubliez pas de noter la date du 15 mars pour savoir si la prochaine Coupe du Monde se jouera à 48 nations (pitié non).