Euro 2016, 100 000 places sur les bras de la ligue 1

Pour commencer cet article, j’en appelle à votre mémoire. Est-ce que vous vous souvenez d’où vous étiez il y a 4 ans ? Avec qui vous aviez regardé ce match d’ouverture de l’Euro 2016 et surtout dans les bras de qui vous aviez sauté quand Dimitri Payet mit cette frappe enroulée du gauche en pleine lucarne, faisant trembler les filets roumains à la 89ème pour nous offrir la victoire ? De mon côté la réponse est simple : au stade de France, sautant dans les bras d’une collègue que je ne connaissais pas six mois auparavant et qui m’avait eu un billet pour le match trois jours le mardi.

Ça fait donc déjà quatre ans que la France a accueilli cette compétition qui, sur le moment, avait été un succès populaire. Les stades étaient pleins, les fanzones également. Le parcours de l’équipe de France se hissant jusqu’en finale avait mobilisé les Français qui se sont rassemblés sur tout le territoire pour encourager et communier entre supporters. Les touristes étaient aussi rendez-vous. Malgré les attentats survenus en novembre 2015 et la sécurité renforcée pour accéder aux rassemblements, patienter des heures pour accéder à la fanzone du Champ de Mars a dissuadé personne. Bref, du 10 juin au 10 juillet, tout s’est déroulé comme sur des roulettes même si on aurait préféré un autre gagnant.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles un pays souhaite organiser un événement sportif : accélérer son développement, lancer des chantiers prioritaires, rayonner sur la scène internationale, montrer sa puissance et son savoir-faire, convertir de nouveaux licenciés mais aussi se doter de nouvelles infrastructures. Dans le cadre de l’Euro 2016, les stades étaient un chantier prioritaire du projet avec la construction et la modernisation d’enceintes qui étaient au cœur de la candidature. 

L’objectif de ces nouvelles infrastructures : permettre d’accroître la compétitivité́ économique et donc sportive des clubs de football français. En effet, il était considéré que l’un des handicaps des clubs professionnels français était lié à ses stades vétustes, inaptes à proposer une expérience globale et ainsi favoriser une fréquentation familiale. En augmentant la fréquentation des stades avec des enceintes multifonctionnelles et de meilleures qualités, c’est directement les recettes billetteries et match day qui devraient croître. Résultat des courses : entre les stades rénovés auxquels on a ajouté quelques sièges et les stades neufs sortis de terre, la Ligue 1 a hérité de près de 100 000 places supplémentaires à commercialiser à l’issue de l’Euro 2016. 

4 ans après la compétition, qu’en est-il de ces places ? Sont-elles régulièrement occupées ? Les clubs ont-ils mis en place des opérations pour attirer un public plus familial ? Les recettes ont-elles augmenté comme espéré ? Pour répondre à ces questions, nous allons nous intéresser aux 4 nouveaux stades qui ont été utilisés lors de l’Euro 2016 :

  • Le stade Pierre Mauroy à Lille, inauguré en août 2012 et comptant près de 32 000 places supplémentaires que le précédent Stadium auquel évoluait le LOSC
  • Le Groupama Stadium à Lyon, inauguré en janvier 2016, propriété de la société OL Groupe dont fait partie le club du même nom et comptant 24 000 places supplémentaires que Gerland
  • L’Allianz Riviera à Nice, inauguré en septembre 2013 et comptant plus de 18 000 places supplémentaires que le Stade du Ray où évoluait précédemment l’OGC Nice
  • Le Matmut Atlantique à Bordeaux, inauguré en mai 2015 et qui compte presque 8 000 places supplémentaires que le stade Chaban-Delmas où jouait les Girondins auparavant

A eux 4, ces stades représentent presque 81 000 places des 100 000 supplémentaires qui ont été généré par l’organisation de l’Euro 2016. 

Pour commencer, il est important de rappeler que les 4 clubs qui jouent dans ces stades sont bien installés en Ligue 1. Nice est remonté en première division en 2002, les Girondins ne sont pas descendus en Ligue 2 depuis 1992, le LOSC depuis 2000 et l’OL est un club qui a gagné 7 fois le titre de champions de France entre 2002 et 2008.

Des nouveaux stades de plus en plus éloignés des centres-villes

Ensuite, prenons en compte l’accès à ces stades. 

Le Stade Pierre Mauroy se situe à Villeneuve-d’Ascq, à moins de 3 kilomètres du précédent stade. Situé à proximité d’une zone commerciale, il est facilement accessible par tous les moyens de transport : en métro, en voiture, en vélo avec de nouvelles pistes cyclables et un parc à vélo sur le parvis, en bus et même en moto avec un parking gratuit sous le stade.

Le Groupama Stadium se situe à Décines-Charpieu soit à 20 minutes en tramway de Part Dieu alors que Gerland était à 6 arrêts de métro de cette même gare. L’accès en voiture est vivement déconseillé car entre la sortie de l’autoroute qui bouche et les accès barrés les jours de match, c’est plus un casse-tête qu’autre chose ou bien pensez à réserver votre place au parking et anticipez. Comme à Lille, les parkings vélo et motos sont gratuits. Le métro ne poussant pas encore jusqu’à Décines, il reste donc le tramway et alors qu’on peut anticiper sa venue pour éviter la foule à l’aller, il faut accepter de laisser plusieurs tramways au retour avant de réussir à monter dedans. Aujourd’hui, la zone autour du Groupama Stadium est encore à développer avec des commerces et des hôtels. Ça reste un endroit où on va uniquement pour un match et où on ne mutualise pas les activités.

L’Allianz Riviera se situe dans le quartier Saint-Isidore à Nice, plutôt excentré du centre-ville. Il est accessible par l’autoroute mais suscite des bouchons et des problèmes de circulation après les rencontres. Pour soutenir la démarché éco-responsable du stade, les spectateurs sont vivement invités à utiliser les transports en commun pour se rendre à celui-ci avec notamment une ligne de tramway aménagée pour se rendre au stade et sautant des arrêts pour un trajet plus rapide. Le bus et même les trains sont également recommandés. Comme les précédents stades, en étant situé en périphérie, l’Allianz Riviera peut décourager ceux qui détestent la circulation dense. 

Le Matmut Atlantique se situe au niveau de Bordeaux-Lac, au nord de la ville et proche de la zone commerciale de Bordeaux-Lac. Lui aussi est à l’opposé du stade Chaban Delmas qui se trouvait à 3 km de la Place de la Bourse versus 7 km de ce nouveau stade. Localisé dans une zone en développement, tenter d’y accéder en voiture n’est pas pratique et la circulation est dense, la faute à un équipement routier aux abords du stade fait de peu de rues pour désengorger les routes principales. Là encore les transports en commun sont conseillés avec la ligne C qui vous emmène au plus près du stade mais qui est très souvent bien engorgée. Il est aussi possible de venir en vélo avec une piste cyclable adaptée pour se rendre au stade. 

Pourquoi ce point sur la localisation des stades ? Pour construire un nouveau stade il faut de la place. Cela a demandé pour ces quatre chantiers de pousser un peu en dehors des centres-villes actifs et de construire en périphérie dans des endroits qui impliqueraient un trajet plus long aux supporters. Le temps de trajet est un élément décisionnaire sur notre venue au stade et son accessibilité également. Le souhait de moderniser ses stades était notamment pour attirer un public plus familial or est-ce qu’une famille avec deux enfants à envie d’attendre minimum 20 minutes pour monter dans un tramway où les gens seront les uns sur les autres après une rencontre ? Probablement que non. 

Continuons en regardant l’affluence moyenne de ces quatre stades lors de rencontres de Ligue 1 sur les 7 dernières saisons.

Une affluence moyenne qui progresse doucement mais sûrement

Affluence moyenne sur les 7 dernières saisons

SaisonBordeauxLilleLyonNiceLigue 1
2011-1220 71216 97133 9679 20718 878
2012-1319 40340 59332 08610 24619 240
2013-1418 83338 66234 41424 18621 092
2014-1523 46336 54734 94919 30922 329
2015-1625 08830 26840 25019 17220 894
2016-1723 27029 48739 17122 94921 078
2017-1826 04833 20046 00522 87622 617
2018-1921 18334 07949 07919 12322 822

Plusieurs constatations sont flagrantes :

  • L’affluence moyenne est multipliée par 2,4 entre la saison 2011-2012 et 2012-2013 à Lille, saison qui est liée à l’inauguration du nouveau stade. Cela illustre qu’il y avait une véritable demande de la part du public de se doter d’un stade pouvant accueillir plus de spectateurs notamment car le Stadium avait une capacité de 18 185 places et que le stade Pierre Mauroy propose, lui, 50 157 places.
  • Même constatation du côté de Nice où lors de la saison 2013-2014 liée à l’inauguration du nouveau stade, l’affluence moyenne est multipliée à 2,36. C’est en effet une capacité presque double qui est proposé au public avec ce nouveau stade puis que l’Allianz Riviera s’est doté de 35 642 places alors que le stade du Ray ne comptait que 17 415 places.
  • A Bordeaux où la capacité a le moins augmenté, les chiffres sont moins flagrants alors qu’à Lyon, on a stabilisé une affluence autour des 40 000 personnes ces 4 dernières saisons soit entre 5 000 et 15 000 spectateurs supplémentaires par rapport aux deux dernières saisons jouées complètement à Gerland. 

On peut noter que pour les villes où la capacité des stades était inférieure à 20 000 places, il y avait un réel besoin et une demande de capacité supplémentaire pour accueillir un plus large public. Pour des stades où la capacité était à 35 000 places, l’augmentation de l’affluence est moins flagrante car la marge de progression ne pouvait pas se multiplier par deux comme pour Lille et Nice néanmoins à Lyon, il est important de souligner qu’entre la saison 2013-14 et 2018-19, l’affluence moyenne à augmenter de 1,43% pour atteindre les 49 000 spectateurs de moyenne. 

Il est également important d’avoir en tête que de plus en plus d’arrêtés interdisant les déplacements des supporters de l’équipe adverse sont pris depuis 2011. On en comptait 3 en 2011-2012, 39 en 2014-2015, 125 en 2018-19 avec presque un match sur huit faisant l’objet d’une interdiction ou limitation de déplacement de supporters. Ces restrictions impactent directement les affluences des stades français qui se retrouvent avec des virages visiteurs vides si non re-commercialisés.

Maintenance qu’on a observé l’affluence moyenne de ces stades, il est intéressant de regarder ce que représente celle-ci dans la capacité globale de ces stades ave le taux de remplissage moyen sur ces mêmes saisons. 

Certains stades se remplissent, d’autres se stabilisent

Taux de remplissage des stades sur les 7 dernières saisons

SaisonBordeauxLilleLyonNiceLigue 1
2011-1260%94%81%49%73%
2012-1356%81%78%55%69%
2013-1454%78%84%70%71%
2014-1567%73%85%54%71%
2015-1660%62%81%65%70%
2016-1755%60%68%64%68%
2017-1863%69%81%64%72%
2018-1951%69%86%54%74%

Parmi les premières remarques qu’on peut se faire, on constate un boom lors de la saison de l’inauguration du stade pour les clubs qui ont doublé la capacité de leur infrastructure : 81% du côté de Lille avant de baisser jusqu’à 60% en 2016-17, 70% à Nice avant de descendre à 54% la saison 2014-15 suivante. Cela peut s’expliquer par l’attrait pour la nouveauté, l’envie de découvrir le stade, de donner une chance à un sport qu’on n’a pas l’habitude d’aller voir mais aussi un manque de fidélisation du public qui ne revient pas et qui laisse ainsi plus de sièges vides dans le stade. 

A Bordeaux, il est intéressant de constater que le taux de remplissage s’est stabilisé autour des mêmes moyennes que quand l’équipe jouait à Chaban Delmas. Cela illustre donc une augmentation du nombre de supporters et une certaine fidélisation de ces nouveaux venus. On parle de 2000 à 5000 supporters supplémentaires en moyenne par saison. Même constat du côté de Lyon où le taux de remplissage moyen est identique lors des saisons 2011-12 et 2017-18 alors que la capacité du stade a augmenté de plus de 14 000 places.

Mais alors, on peut aussi se demander combien de ces 82 000 places supplémentaires liées à l’organisation de l’Euro 2016 sont réellement utilisés et s’il n’y a pas eu la folie des grandeurs dans certains cas ?

Moyenne des places non-utilisées dans les nouveaux stades et sur une saison d’utilisation complète

SaisonBordeauxLilleLyonNiceCumulé
2011-12     
2012-13 9 564   
2013-14 11 524 11 438 
2014-15 13 639 16 315 
2015-1617 02719 918 16 452 
2016-1718 84520 69919 01512 67571 234
2017-1816 06716 98612 181 12 74857 982
2018-1920 93216 1079 10716 50162 647

Si on prend en compte les éléments suivants : 

  • la capacité cumulé des précédents stades étaient de 106 341 places
  • la capacité cumulé des nouveaux stades est de 187 111 places
  • la construction de ces nouveaux stades a rendu disponible 80 770 places supplémentaires

Et qu’on compare ce nouveau nombre de places disponibles par rapport aux nombres de places non-utilisées lors des trois dernières saisons, on constate que dans la saison qui a suivi l’Euro, seul 11% de ces nouvelles places disponibles étaient utilisés, presque 30% lors de la saison 2017-18 et 23% la saison dernière. Logiquement, nous pouvons donc penser qu’il y a un problème de commercialisation de ces places, d’attraction du public et peut-être de l’intérêt sportif des 4 équipes résidentes dans ces clubs. 

Pour comprendre s’il y a une corrélation entre résultat sportif et l’affluence moyenne, prenons en compte le classement final de ces 4 équipes lors des 7 dernières saisons. 

Le lien entre intérêt sportif et affluence 

Classement final sur les 7 dernières saisons

SaisonBordeauxLilleLyonNice
2011-1253413
2012-137634
2013-1473517
2014-1568211
2015-1611524
2016-1761143
2017-1861738
2018-1914237

Lors de la saison 2013-14, Nice finit à la 17ème place soit son plus mauvais classement sur ces 7 dernières saisons. Pourtant c’est aussi la saison où son taux de remplissage sera le plus important alors que c’est la première saison au cours de laquelle l’équipe joue dans son nouveau stade. Malgré le fait que l’équipe ait occupé la deuxième partie de tableau dès la 12ème journée, les supporters ont continué à venir au stade avec plus de 28 000 spectateurs face à Monaco le 3 décembre, et c’était un mardi d’hiver. L’affluence a commencé à stagner autour des 20 000 spectateurs par match lors de la suite de la saison mais les bons chiffres de début de saison ont permis de compenser. 

A Lyon, on sent que le public est fidèle avec un taux de remplissage qui varie très peu en fonction des résultats sportifs. Il faut dire aussi qu’on parle d’un club qui joue le podium chaque saison, avec la présence de joueurs français et internationaux majeurs qui sont des stars et qui apportent une qualité de jeu. Même s’il y a des hauts et des bas à l’OL, le club n’a pas quitté le top 5 de la Ligue 1 depuis 1998. On peut parler ici de stabilité, d’efficacité mais surtout de performance. 

Du côté de Lille, on enregistre un taux de remplissage plus important la saison 2017-18 où l’équipe finit 17èmeque lors de la saison 2015-2016 où l’équipe termine 5ème. Lors de cette saison 2017-2018, le LOSC occupe à 13 reprises la 19ème place du championnat et pourtant l’affluence ne descendra pas à moins de 26 000 spectateurs avec des pics à 43 948 personnes face à l’OM lors de la 11ème journée, 49 082 personnes face au PSG lors de la 24ème journée, 46 342 personnes lors de la 37ème journée face à Dijon. Il faut croire que même dans la difficulté, les supporters lillois ont apporté leur soutien sans faille pour pousser leur équipe. En 2015-2016, alors qu’on est dans la 4ème année d’exploitation de ce stade Pierre Mauroy, l’affluence ne passera pas la barre des 40 000 spectateurs. Il faudra se contenter de match entre 27 000 et 32 000 spectateurs alors que le club accroche une qualification pour le troisième tour de l’Europa League. 

Du côté de Bordeaux, le taux de remplissage le plus mauvais du stade est bien lié à la saison avec le plus mauvais classement : 51% pour une 14ème place en 2018-2019. On retrouve une meilleure cohérence entre affluence et classement général et on peut expliquer le taux de remplissage de 60% la saison où l’équipe termine à la 11ème place par cet effet de curiosité et de nouveauté généré par la première saison dans un nouveau stade. On remarque que du côté de Chaban Delmas, 5ème ou 7ème, le taux de remplissage est proche (4% d’écart) alors qu’au Matmut Atlantique, alors que l’équipe finit 6ème deux saisons de suite, on compte en moyenne 3 000 spectateurs supplémentaires lors de la saison 2017-2018. Le scénario de la saison était plus serré avec davantage de clubs à la lutte en haut du classement pour avoir la place qualificative pour un tour de qualification en Europa League. On remarque aussi une capacité à attirer davantage de public face à des clubs qui ne sont pas le PSG ou l’OM avec par exemple 32 626 spectateurs face à Rennes (c’est plus que face à l’OL), 31 048 face à Nantes ou encore 34 997 spectateurs face à Lille. Cela pourrait s’expliquer par la mise en vente de pack de plusieurs matchs qui permettent de s’assurer la venue de spectateurs sur des rencontres moins attractives.

Si on regarde un périmètre plus large et qu’on prend en compte la gouvernance et la vie des clubs d’un point de vue extra-sportif, il est bon de noter que les Girondins de Bordeaux ont été racheté par un fond d’investissement américain mi-2018 et que celui-ci a engrangé petit à petit de plus en plus de part au sein du club ; que le club de Lille a changé de propriétaire début 2017 ; que le club de Nice a été racheté par Ineos lors de l’été 2019 et que seul l’OL profite d’une stabilité dans sa gouvernance avec à sa tête Jean-Michel Aulas. Pour aller encore plus loin, nous pourrions nous intéresser dans un second temps à ces changements de propriétaire, leurs impacts sur la stratégie sportive et quelle relation ces directions ont décidé d’établir et entretenir avec les supporters des clubs, les mêmes qui remplissent les stades chaque week-end.

Enfin, l’un des autres objectifs liés à la construction de ces stades était de générer davantage de recettes « match day » à travers leur billetterie, les hospitalités et les dépenses sur site les jours de matchs. 

Mais au moins les recettes augmentent

Recettes match day (en millions d’euros)

SaisonBordeauxLilleLyonNiceLigue 1
2011-125 9836 400 1 862124 366
2012-137 31415 270 2 384139 533
2013-145 99411 215 5 808143 628
2014-157 21712 20812 3753 910165 114
2015-169 8409 18429 1924 920164 077
2016-178 3127 07436 7435 800181 654
2017-1814 4038 80637 2406 085190 621
2018-1913 7129 97341 8083 678201 123

Du côté de Lyon, le nouveau stade a permis d’augmenter la capacité mais surtout d’agrandir les espaces de réception et de compter notamment sur 105 loges (vs 28 à Gerland) pour augmenter ses recettes d’hospitalités. Entre la saison 2014-15 et 2018-19, les recettes « match day » ont été multiplié par 3,8 du côté de l’OL. Pour Lille et Nice dont l’augmentation de la capacité avait généré un boom dans l’affluence la première saison, on constate aussi des revenus en forte hausse lors de la première année au sein de leur nouveau stade avant d’enregistrer une petite baisse pour mieux stabiliser leurs produits. Même constat à Bordeaux où les recettes ont augmenté grâce aux hospitalités et l’exploitation des salons et loges qui représentaient 42% en 2017-18 et 43% en 2018-19 des recettes globales.

La modernisation des enceintes permettant de mieux accueillir le grand public mais aussi les personnes profitant des espaces hospitalités avec davantage d’espaces réceptifs paouvant être utilisés pour une exploitation hors jour de match a permis à ces clubs de diversifier leurs revenus. En effet, l’accroissement de recettes match day permet d’être moins dépendant de d’autres revenus comme les droits tv ou les recettes de sponsoring.


Les éléments listés ci-dessus ont vocation à nous faire réfléchir sur comment faire en sorte que ces nouvelles places, qu’a généré l’organisation de l’Euro, trouvent preneurs et ainsi combler les sièges vides des stades de Ligue 1 mais aussi mieux comprendre les faits sociaux et contraintes géographiques qui influencent l’affluence dans les stades.

Pour compléter cette étude, il pourrait également être judicieux de s’intéresser à la politique tarifaire de la billetterie mise en place par chaque club afin de déterminer s’il est vraiment possible d’augmenter la fréquentation familiale des tribunes avec des offres attractives et à prix raisonnable tout en amortissant le coût de ces stades neufs.

Dans une logique d’attraction mais aussi de fidélisation du public en lui faisant vivre la meilleure expérience possible, de plus en plus d’animations sont proposées en avant-match au travers de fanzone mais aussi en après-match pour augmenter le temps que le spectateur passe au stade et par la même occasion, l’argent qu’il y dépense. Ces animations sont nécessaires pour plaire et convaincre ce public avide d’expérience qui n’hésitera pas à revenir s’il a été convaincu ou au contraire, à dyscrétiter celle-ci si ça ne lui a pas plus.

Attirer du public dans les stades à l’heure où le catalogue des produits de divertissement ne cesse de grossir n’est pas une tâche facile et pourtant un enjeu majeur pour générer plus de revenus.